DéBATS & OPINIONS  |     KIOSQUE  |    

Et si la laïcité n'est pas inquiétée sous la présidence du nouvel homme fort de ...

Par RJP MAYTE - 21/05/2013

"Au sortir de cette transition, la démagogie, les promesses mirobolantes et pétaradantes n’auront plus droit de cité"

 

Il suffit juste de placer un thermomètre dans le cœur de la Centrafrique profonde au lendemain de la déchéance de l'ancien régime pour afficher avec autant de sobriété la température qui juxtapose les intentions des Centrafricains d'obédiences chrétiennes et musulmanes. Les avis sont réellement mitigés en fonction de l'intérêt confessionnel et idéologique de tout un chacun. Au regard des actes de barbaries, de pillages, de vandalismes, de destructions ciblées des biens d'autrui, de profanations des symboles religieux, de viols, de violences perpétrés par les rebelles de la coalition Seleka, un sentiment de désaffection généralisée envers les enturbannées s’est dégagé dans tout le pays et au niveau de la diaspora centrafricaine. Bien que certains centrafricains fussent favorables à l'éviction de l'ancien locataire du palais de la renaissance, ils n'ont pas cependant accepté les errements des rebelles sur la population. Plusieurs voix se sont levées simultanément pour dénoncer le risque d'islamisation de la Centrafrique.

 


© journaldebangui.com
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
En vérité, ce débat a alimenté pendant un certain temps la "Une" des quotidiens internationaux et nationaux. Aujourd'hui encore, les langues se délient peu à peu pour aborder avec délectation le principe immuable de la laïcité en Centrafrique. D'ailleurs, nous avons longuement épilogué sur cette question dans nos diverses colonnes de réflexions au point d'être cataloguer par certaines personnes d'anti musulman. A vrai dire, ce débat mérite une certaine nuance car les Centrafricains d'obédiences musulmanes n'ont jamais vécu en promiscuité avec leurs frères et sœurs de confessions chrétiennes. Le communautarisme n'a jamais été la tasse de thé des Centrafricains. Seulement, dans nos différentes analyses de scribouillard, nous avons été très critiques sur la question dans l’optique de dissuader les nouvelles autorités de Bangui sur une éventuelle dérive de détricotage des principes de la laïcité. Au-delà du risque d'islamisation de la Centrafrique, l’accession au pouvoir du nouveau président d'obédience musulmane constitue une vraie révolution voire une mutation profonde dans la civilisation centrafricaine.

En réalité, la présidence du nouvel homme fort de Bangui suscite beaucoup de polémique parmi les fils et les filles du pays. Certains pensent que la laïcité sera détricotée. D'autres estiment que les musulmans utiliseront leur religion pour asseoir une certaine domination à travers toute la Centrafrique. En dehors de toutes ces inquiétudes qui s'entremêlent, il y'a lieu de se poser les vraies questions afin d'obtenir les bonnes réponses mêmes si elles sont quelquefois choquantes. Il est certain que la Centrafrique a été dirigée depuis les indépendances par des présidents chrétiens. Même si le défunt président Bokassa s'était lancé dans un prosélytisme ambiant rien que pour plaire à son homologue Libyen, il n'en demeure pas moins que c'est un chrétien fieffé. D’une manière succincte, pourquoi la Centrafrique peine t’elle à s'inscrire sur le chemin du développement durable après plus de 50 ans d’indépendances ? Plusieurs personnes s'interrogent à haute et intelligible voix en ces termes:" Un président centrafricain de confession musulmane peut-il surprendre la population par son réalisme politique?

La tentation d'analyser cette interrogation est grande. Un sociologue centrafricain de la diaspora disait il y'a de cela quelques jours qu’un président musulman pourrait reconstruire non seulement la Centrafrique mais la hisser également sur le rang des pays émergents. Il essaie d’étayer ces propos d’abord par le fait qu’une partie de l'économie nationale est détenue par les commerçants musulmans qui œuvrent pratiquement dans tous les secteurs (agroalimentaire, import export, mobilier, immobilier etc.). Ensuite selon le sociologue, les Centrafricains musulmans ont la culture de la patience, du résultat, de l’action, de la réaction, du sacrifice et de la détermination au détriment de la majeure partie des Centrafricains chrétiens. Ignorer et méconnaître ce côté bucolique qui redonne aux Centrafricains musulmans plus d’humanité seraient une grave erreur d’appréciation. Il est acceptable de reconnaître que les Centrafricains musulmans ont bel et bien droit au chapitre. Puisque la politique se veut un théâtre de la passion, il faut admettre que cette théâtralisation de la vie politique puisse permettre de nos jours au nouvel homme fort de s’implanter et de s’enraciner dans le cœur des Centrafricains à travers des actions concrètes qui poseront les balises d’un développement durable du pays.

Même si on ne partage pas certaines valeurs avec les Centrafricains d’obédiences musulmanes, il n’en demeure pas moins qu’il faut méconnaître la pluralité politique et les principes démocratiques. Manifestement, le nouvel homme fort de Bangui est parvenu au pouvoir à travers un moyen peu orthodoxe dénoué de tous principes démocratiques. Cette situation de fait grippe davantage la suite du processus. Quel contraste saisissant ! Toutefois nombreux seront les Centrafricains d’obédiences chrétiennes qui pourront apporter leurs appuis inconditionnels à un président musulman si jamais ce dernier opterait pour un réalisme politique conséquent. Je dois à la vérité que la situation actuelle du pays me désarçonne mais je suis contraint de l’aborder sobrement car si on ne tire pas la leçon du passé, on risque de répéter l’histoire. On ne peut conquérir ou reconquérir le pouvoir à l’heure actuelle si ces paramètres sont pris en compte. Avec autant de recul, on doit s’interroger sur la manière à laquelle le pouvoir a été géré depuis les indépendances jusqu’au changement brutal du 24 Mars 2013. Les diverses réponses édifieront la lanterne des prétendants à la magistrature suprême.

Au sortir de cette transition, la démagogie, les promesses mirobolantes et pétaradantes n’auront plus droit de cité. «On ne reprend jamais le pouvoir pour faire les mêmes erreurs de gouvernance» dixit un proche du président SASSOU lorsqu’ils avaient repris le pouvoir par les armes. Cette assertion est vérifiée à l’heure actuelle au Congo. Silence radio

 

 
MOTS CLES :

1 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

reponse a l'article de Mayte

Par kotoko Sembona

22/05/2013 05:20

Je ne sais pas comment vous pouvez vous permettre de faire de discours alors que des gens sont entrain de se faire égorger au Palais de la Renaissance même. Avant de parler de projet de de societe et encore moins de développement, il faut mettre fin aux barbaries des rebelles Seleka. D'ailleurs ces derniers ne font que suivre le plan de leur chef Ndjotodia. Vous voyez bien que lorsque les Seleka commettent un crime, il ne accuse pas directment mais fait porter le blame aux soi-disant milice e Bozize. Votre sociolgue là ne va pas nous dire le Seleka va oeuvrer pour le developpement du pays. Comment accepter que les rebelles Seleka continuent il est temps que les Cemntrafricains s'organisent le pir qui est a venir, soit le nettoyage religio-ethnique. c'est maintenant ou jamais. La France de Hollande nous a vendus aux islamistes en donnant feu vert au Seleka de prendre le pouvoir. A-t-on oublié que meme nos parents et grands-parents tous illetres ont pu se soulever contre les troupes coloniales. Comment aujourd'hui, nous ne regardons nos freres, nos cousins, nos peres, nos oncles se faire tuer, et nos filles, Centro? Où est l'Aneca? Que fais-tu pour ton peuple. Soulevons-nous. Pour la premiere fois, ces barbares de Runga et de Gula ont fait un mariage de circonstance pour venir détruire notre pays.Il faut les arreter, Centros!

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

A savoir

  • Les opinions et analyses présentées dans cette rubrique n'engagent que leurs auteurs et nullement la rédaction de Journaldebangui.com
  • Journaldebangui.com n'est pas responsable des affirmations qui y sont présentées et se réserve le droit de modifier ou de retirer un article qui diffamerait, insulterait ou contreviendrait au respect des libertés publiques

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués