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La longue crise Centrafricaine nous laisse tous perplexe

Par Simon Koitoua - 16/05/2013

C’est une guerre sans fin dans un pays de zombie avec une population déprimée qui se demande avec angoisse à qui le tour…

 

Perquisitions nocturnes, vols, pillages, attaques et braquages se multiplient au quotidien. La Centrafrique semble avoir conclu un bail durable et sans fin avec la violence qui s’est installée pour l’éternité au pays de Boganda. Bien sûr qu’on trouvera toujours des gens pour dire que ça va aller, le pays va bien, les magasins sont ouverts, les gens sont au travail, le ciel lui-même est au-dessus de nos têtes, c’est ceux qui sont à l’étranger qui pleurnichent le pays perdu. Ceux-là ont un toit, leurs maisons n’ont pas été pillées, leurs filles et leurs femmes n’ont pas été violés ou violentées. Leurs biens ne sont pas occupés ni voles par les bandits de grand chemin en mot la nébuleuse Seleka et leurs frères complices. Ils ont au moins un travail dans un pays où le chômage des jeunes est devenu une religion. Dans cette guerre les Seleka et leurs frères complices, étaient enivrés par un sentiment de puissance destructive.

 


© journaldebangui.com
Simon Koitoua
Dans cette position l’homme le plus minable du village ou du quartier devient Rambo. L’arme donne une supériorité et une invulnérabilité sans nom à celui qui la détient dans un pays hébété et tétanisé par la violence. L’église catholique et protestante ont été profanée par les Seleka , qui après avoir déversé les hosties par terre ont déféqué dans la coupole du tabernacle de l’église mais posons la question de savoir pourquoi les mosquées sont exemptées de cette barbarie de la destruction? Comment réagiraient les musulmans Centrafricains si une de leur mosquée devenait du jour au lendemain un lieu de dépôt des matières fécales de soldats chrétiens Centrafricains se réclamant du pouvoir? Sommes-nous dans une guerre de religion? Ou veut-on faire de la Centrafrique un pays islamique? Nous faisons ici le pari qu’on ne retrouvera jamais les auteurs de cette forfaiture. Mais mieux on trouvera des gens joufflus et bien rassasiés pour dire que c’est de l’affabulation. Tout cela est indigne de la Centrafrique or les deux communautés vivaient en parfaite harmonie et cohésion mais Seleka veut semer la zizanie. En effet cela n’arrive pas qu’aux autres.

De la guerre du Biafra, avec ses milliers d’affamés, aux destructions du Cambodge par les Khmer rouges du Kampuchéa, en passant par la crise sierra léonaise avec ses milliers d’amputés, pour arriver au génocide à la machette des Tutsis du Rwanda. La guerre nous a montré son vrai visage. Celle de l’horreur qui domestique l’atrocité pour installer durablement la barbarie. Comment la Centrafrique a-t-elle peut basculer aussi profondément dans la violence? La réponse est simple la communauté internationale pouvait éviter cette barbarie, ces atrocités, viols en optant pour une fermeté. Chaque leader politique Centrafricain a cherché à privilégier son groupe ethnique dans la sphère du pouvoir. En empêchant le libre débat pour déterminer les priorités de la nation. On nourrit les rancœurs, les rancunes, les ressentiments les oppositions et Finalement le pays est exsangue. Le peuple lui est en dépression et fait le constat que la politique ne sert plus à grande chose. Sinon à mourir de faim et de soif dans un pays sans police ni gendarmerie où règne en maître absolu, les Seleka assistés par leurs complices. Qui ne protègent que les ressortissants du Nord et la communauté musulmane en particulier. Dans un pays où la mort ne vient pas de l’extérieur mais des hommes en treillis, c’est la terre qui grâce à la pelle ouvre chaque jour sa bouche béante pour avaler nos morts.

Le pouvoir actuel veut lui s’appuyer sur une armée mono ethnique et les mercenaires Tchadiens et Soudanais et faire de la Centrafrique un pays prospère en exactions, tuerie atrocité pillage et viols. Nous voulons tous y croire. Mais le résultat est devant nous. La peur, la violence et la méfiance se sont installées durablement dans un pays qui ressemble à une embarcation prise dans une tempête en haute mer. Sont-ils là comme dans toutes les armées du monde pour défendre le pays, ses frontières et ses citoyens? Où emporter par la force des armes les maigres biens du peuple? Sont-ils là pour défendre un pouvoir et un groupe ethnique dans sa revanche contre les autres composantes de la société Centrafricaine?

Il faut vite éclaircir cette situation et leurs statuts pour le bien de tous. Tous nos morts nous interpellent et nous interrogent pour que nous trouvons des réponses à ces questionnements, c’est toujours quand on est dans l’incapacité de tirer les leçons de l’histoire qu’elle se répète. Dans cette guerre qui n’en fini plus des femmes furent violées et violenté, des femmes enceintes furent éventrées. Des hommes furent égorgés et d’autres brulés vifs sur le buché de la haine interethniques. Comment tout cela fut-il possible chez nous? Nous ne pouvons donner ici que des tentatives de réponses, dont la première est le conditionnement des esprits. La vengeance, la revanche et la réalisation du soi par la mort de l’autre à travers la haine inoculée dans le corps social de la nation par des politiciens crapuleux. Les Seleka ont perdus le sens de la morale. Leurs préoccupations étaient alimentaires et de survie immédiat. Ils n’éprouvent aucun malaise à tuer une innocente femme qui ne leur a rien fait de mal. Trop impliqué dans la violence, ils n’avaient aucune capacité pour prendre du recul. Pourquoi un instinct de mort et de violence après des décennies de vie commune?

Le psychiatre nous disent qu’en temps de guerre les psychoses individuelles se diluent dans la folie collective et y passent inaperçues. La guerre permet ainsi la réalisation de tous les fantasmes de l’individu. Par définition la guerre supprime toutes les entraves, toutes les retenues, tous les interdits, toutes les lois qui ne font que limiter l’action meurtrière des humains. Mais d’expliquer ce qui a bien pu se passer dans leur tête dans ce contexte Centrafricain de total impunité, de légalisation du crime et de la mauvaise foi politique qui ont accompagné l’installation durable de la barbarie chez nous .Si le Responsable de la transition, veut être le président de tous les Centrafricains. Il doit livrer à la justice Internationale et Centrafricaine tous les auteurs des exactions perpétrés contre les populations civiles innocentes durant le début de cette crise jusqu’à ce jour. En disant cela nous ne faisons que lui demander de joindre l’acte à la parole pour que la ville de BANGUI SANS ARME? puisse se réaliser. Nous voulons tous que la Centrafrique avance. Pour ce faire il faut appliquer tout simplement les lois de ce pays qui protège les citoyens et de leurs biens. Rien ne doit plus justifier le recours systématique aux armes contre des Centrafricains. Le fait qu’il n’y a aucune poursuite judiciaire contre les Seleka et la soldatesque qui sème la mort dans le pays, ne traumatise pas les populations qui ne se sentent plus protégés par l’Etat.

L’argument de la force des armes ne doit plus se confondre avec l’argument de la raison et du bon sens. Dans le contexte actuel, l’aggravation des abus perpétrés par celles-ci, la population Centrafricaine se sent en grande insécurité une force Onusienne et ou Française serait la solution idéale. Pourtant, il relève des pouvoirs publics de faire en sorte que les Centrafricains ne connaissent plus la peur, la terreur et la psychose qui, au cours de ces derniers mois, continuent de dominer leur environnement de vie je pensais que le Premier MINISTRE Tiangaye devrait agir de son point pour arrêter la barbarie au cas où démissionner de son poste? Il revient à ces mêmes pouvoirs publics d’incarner les valeurs et principes de paix et de non-violence, seuls gages de la consolidation de la démocratie naissante. Il faut le dire sans gène, La Centrafrique est devenue un pays ridicule et dénudé dans un environnement où le meurtre et le sang sont banalisés SELEKA la CPI t’attend.

 

 
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