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HCR: Maroc doit suspendre l'expulsion des migrants centrafricains

Par Hassan Bentaleb - 07/05/2013

Le Royaume compte 11 Centrafricains qui ont récemment demandé l'asile au Bureau UNHCR-Rabat

 

Une lettre du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) vient d’être adressée au Royaume chérifien ainsi qu'à l'ensemble des pays d'accueil de réfugiés centrafricains. Comme le Maroc et d’autres pays encore, le HCR préconise la suspension des retours forcés et la reconduction aux frontières des réfugiés vers la République centrafricaine, compte-tenu de la situation jugée instable et dangereuse dans ce pays. Une situation marquée par de nombreuses violations des droits de l'Homme et une détérioration rapide de la situation humanitaire. En d'autres termes, il s'agit d'une recommandation générale concernant l'ensemble des citoyens centrafricains et visant leur protection jusqu'au rétablissement de conditions de sécurité acceptables dans ce pays.

 


© almohndse.ahlamontada.com
Le Royaume compte 11 Centrafricains qui ont récemment demandé l'asile au Bureau UNHCR-Rabat. Ce dernier sera chargé dans les semaines à venir de vérifier si ces postulants répondent aux critères pour l'obtention du statut de réfugiés, tels que les définissent la Convention de l'Organisation de l'unité africaine et la Convention de 1951 avant de leur attribuer la carte de réfugiés. Un document d'une grande importance pour protéger ces personnes de tout refoulement ou expulsion des territoires marocains.

Pourtant, l'agence onusienne demande aux Etats la plus grande prudence dans l'octroi du statut de réfugiés. Elle craint que des combattants soient infiltrés parmi les populations réfugiées. «L'exclusion du statut de réfugié pourrait être envisagée pour certains individus, autres que les combattants, par exemple ceux qui sont suspectés de s'être livrés à des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité en République centrafricaine», a précisé Adrian Edwards, porte-parole du HCR, lors d'une conférence de presse donnée à Genève.

Le HCR estime qu'une importante population ayant fui la République centrafricaine pourrait bien répondre à ces conditions. En effet, la situation dans ce pays s'est aggravée en décembre 2012, lorsque les forces rebelles de la Séléka avaient lancé une série d'attaques depuis le Nord qui les a menées jusqu'à la capitale Bangui, où elles ont pris le pouvoir le 24 mars. A l'issue de cette offensive, des assassinats ciblés, des arrestations et des détentions arbitraires, ainsi que des actes de torture et des cas de recrutement forcé d'enfants, ont été signalés à maintes reprises, a indiqué la lettre du HCR. «Les viols, disparitions, enlèvements ainsi que l'extorsion et les pillages à Bangui ou dans d'autres parties du pays sont également évoqués. L'accès humanitaire aux populations touchées demeure très limité», a expliqué M. Edwards

Une situation qui a engendré le déplacement de près de 173.000 personnes à l'intérieur de la République centrafricaine, tandis que près de 50.000 réfugiés sont dénombrés dans les pays voisins, en République démocratique du Congo (37.000), au Tchad (5.000) et au Cameroun (2.000), a déclaré le porte-parole du HCR.

Source: Libération (Casablanca)

 

 
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