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Yeux: ne laissez pas s'aggraver kératites, ulcères et abcès de la cornée

Par Henrie Lucie Nombi avec Top Santé - 26/04/2013

Ses blessures, même superficielles font courir un risque infectieux ou de mauvaise cicatrisation, engageant le pronostic visuel

 

La cornée, cette fine membrane transparente qui recouvre la pupille et l'iris, est fragile. Liés à la projection de liquides ou particules solides dans l'œil, favorisés par la sécheresse oculaire et les lentilles de contact, les kératites, ulcères et abcès de cornée sont extrêmement fréquents et peuvent survenir à tout âge. Voici selon un médecin ophtalmologiste, les signes d'alerte et la prise en charge de ces pathologies.

Un œil rouge et douloureux signe l'ulcère de la cornée
L'ulcère de cornée, aussi appelé kératite ulcérative, est une atteinte de la surface de l'œil, au niveau des couches transparentes indispensables à la vision. Il s'agit d'une blessure intermédiaire entre la kératite, relativement superficielle, et la perforation de la cornée. S'il y a infection, on parle d'abcès de cornée. La cornée est riche en terminaisons nerveuses. En cas de blessure, c'est souvent la douleur qui sert de signe d'appel. En général, on note aussi un larmoiement, une intolérance à la lumière, ainsi qu'une gêne visuelle lorsque la partie centrale de la cornée est concernée. Visuellement, l'œil est rouge. Les vaisseaux sanguins du blanc de l'œil sont plus apparents et forment un cercle parfois bien visible en périphérie de la cornée. Sa présence permet de différencier les pathologies de la cornée (kératites, ulcères...), des simples conjonctivites.

 


© leboytownshow.com
Ulcère de cornée, des causes évidentes ou plus insidieuses
Le diagnostic des kératites et ulcères de cornée repose sur les symptômes et le contexte d'apparition. Parfois, la cause du traumatisme est évidente : projection de sable, branche d'arbre, griffure, éclaboussure de détergent, rayonnement UV... Dans les faits, heureusement, ces blessures restent rares. La cornée est fragile mais bien protégée. En cas d'agression, les paupières se ferment de façon réflexe. Le film lacrymal permet par ailleurs d'évacuer les corps étrangers et de réparer de légers dommages. Chez certaines personnes cependant, ce film lacrymal, riche en agents protecteurs et antimicrobiens, est de mauvaise qualité ou trop peu présent. La cornée devient sensible à la moindre poussière qui crée des microtraumatismes à sa surface. Les yeux sont irrités, piquent ou démangent. Ce « syndrome sec » est responsable de la majorité des kératites et ulcères de cornée. Il concerne 15 % de la population et est favorisé par certains facteurs (âge, médicaments, maladies auto-immunes...). Les lentilles de contact favorisent, elles aussi, les microtraumatismes et concentrent les agents infectieux. Avec plusieurs milliers de cas annuels, les lentilles de contact sont la première cause d'infections cornéennes. C'est relativement peu, rapporté aux trois millions de personnes qui en portent, mais toujours trop important compte tenu des risques associés à ces pathologies. Les virus de l'herpès et du zona peuvent aussi infecter la cornée et récidiver, sous forme de kératites ou d'ulcères, dans certaines circonstances (fatigue, fièvre, rayonnement UV...).

Les séquelles d'ulcères de cornée peuvent être invalidantes
Une atteinte en périphérie peut gagner le centre de la cornée et une atteinte superficielle se creuser en ulcère, voire perforer la cornée. Or, plus la lésion s'étend, plus la cicatrisation est difficile. Même guérie, la blessure peut être responsable de kératites à répétition, la cicatrice ne résistant pas aux agressions de l'environnement. Cette maladie, appelée kératalgie récidivante, est particulièrement douloureuse et handicapante. Certaines personnes ont plusieurs crises par mois qui durent chaque fois plusieurs jours. Seules les larmes artificielles et parfois un traitement laser (effet peeling) peuvent soulager ces patients. La cicatrisation peut aussi conduire à la formation d'un voile blanchâtre (taie cornéenne). Au-delà de son aspect inesthétique, cette cicatrice menace directement le pronostic visuel lorsqu'elle touche le centre de la cornée. L'opacité tend à régresser au fil des mois mais ce n'est pas systématique et il faut parfois envisager une greffe de cornée. Les taies cornéennes sont responsables de plusieurs centaines de greffes chaque année. Cela peut sembler négligeable mais ces interventions restent particulièrement angoissantes pour ceux qui les subissent.

Comment protéger la cornée ?
Quelques précautions peuvent suffire à éviter l'accident. La plus évidente consiste à porter des lunettes de protection pour barrer la route aux projections, qu'il s'agisse de gouttelettes de produits corrosifs (soude caustique pour déboucher les éviers, eau de javel, acides, vernis...) ou de particules solides (terre, débris végétaux, éclats de verre ou métalliques...). Les lunettes protègent également des rayonnements UV. Elles sont indispensables aux sports d'hiver, le risque de brûlure augmentant avec l'altitude et la réverbération du soleil sur la neige. Certaines activités professionnelles exposent aussi aux UV (soudure, désinfection...) et nécessitent de porter un masque. Les griffures de chat ou d'ongles de bébé sont une autre cause de blessures cornéennes. Mieux vaut observer une certaine distance de sécurité. Attention, également, aux brosses à mascara. Se maquiller dans les transports en commun, qui peuvent stopper brutalement, est une pratique risquée. Les infections sont quant à elles favorisées par les lentilles de contact. Il convient de respecter les consignes concernant leur entretien et leur renouvellement: journalières à changer quotidiennement, mensuelles à rincer avec une solution adaptée - l'eau du robinet est loin d'être stérile ! - puis à ranger dans un boîtier propre. Pas de port durant le sommeil. Enfin, il faudrait limiter les facteurs susceptibles d'assécher les yeux, en particulier le tabac, la climatisation, l'air sec, le travail prolongé sur écran (surtout si ce dernier est mal positionné), les séances de lecture prolongées, le vent, le soleil... Les larmes artificielles, à condition d'observer, là encore, une hygiène irréprochable, peuvent aider à protéger la cornée.

 

 
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