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Centrafrique: Navi Pillay dénonce l'anarchie et les violations des droits de l'homme

Par Source - Bêafrika Sango - 17/04/2013

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a fait part de son inquiétude face à des informations persistantes faisant état de violations généralisées

 

Elle a appelé au rétablissement urgent de l'état de droit dans le pays. «La situation sur le terrain est extrêmement préoccupante. Plus de 20 personnes auraient été tuées dans la seule ville de Bangui au cours du week-end, parmi lesquelles quatre personnes qui assistaient à la messe du dimanche lorsqu'un obus a frappé leur église», a déclaré Navi Pillay. «Bien que des conditions sécuritaires défavorables continuent de rendre difficile la conduite d'enquêtes pour confirmer ces informations, nous savons que, depuis le début de l'offensive lancée par les forces de la coalition SELEKA en décembre dernier, de nombreuses violations graves ont été commises, notamment des assassinats ciblés, des arrestations et détentions arbitraires, des cas de tortures, des recrutements forcés d'enfants, des viols, des disparitions et des enlèvements à Bangui et dans d'autres régions du pays», a déclaré la Haut-Commissaire, tout en notant que la Croix-Rouge locale a fait état d'au moins 119 morts depuis la chute de l'ancien gouvernement le 24 mars.

 


© un.org
Mme Navi Pillay
«Nous avons aussi reçu des informations concernant 19 cas de violences sexuelles à l'encontre de femmes et de filles dans la ville de Berbérati, ainsi que trois cas à Bangui», a-t-elle déclaré. «Il est très probable que ce chiffre se situe très en-dessous du nombre réel de victimes de violences sexuelles. Etant donné l'état d'insécurité généralisée, l'absence d'une force de police et d'un système judiciaire fiables et en état de fonctionner, et la peur du harcèlement et de la stigmatisation, on estime que de nombreuses victimes ne sont pas en mesure de signaler ces abus ou sont trop effrayées pour le faire.»

«Divers groupes sont aussi accusés d'extorsion et de pillage de biens privés et publics, dont des hôpitaux et des centres de soins de santé», a déclaré Navi Pillay. «Nous recevons également de nombreuses allégations concernant des actes de vandalisme, des vols à main armée, y compris des vols de voitures.» «Le pillage massif de bureaux et d'entrepôts des agences d'aide humanitaire et la perturbation d'une aide humanitaire pourtant vitale sont totalement inacceptables et ont un impact dévastateur sur la vie de centaines de milliers de civils», a déclaré la Haut-Commissaire. «Pour ne citer que l'une de ces conséquences mortelles, jusqu'aux trois-quarts des femmes qui accouchent actuellement n'auraient accès à aucune assistance, et ce dans un pays qui détient déjà l'un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde – causant immanquablement des décès de mères et de bébés qui auraient pu être évités.»

La Chef des droits de l'homme rappelle que la situation actuelle de désordre frise l'anarchie. Dans ces conditions, Navi Pillay souligne que 'état de droit doit être rétabli et les auteurs des abus doivent rendre des comptes. «Les personnes ayant commis des crimes graves, et tout spécialement leurs dirigeants, devraient garder à l'esprit que leur responsabilité pénale individuelle peut être engagée», avertit-elle. «J'exhorte également le Conseil national de transition nouvellement établi à agir rapidement pour rétablir l'autorité de l'Etat et à prendre toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que les civils soient protégés et puissent exercer leur droits, sans crainte pour leur intégrité physique, leurs biens et leurs moyens de subsistance», a conclu Navi Pillay.

 

 
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3 COMMENTAIRES

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Trop peu, Trop tard. Non assistance aux populations centrfaricaines

Par Liu

18/04/2013 04:13

Bravo enfin les Nations Unies se réveillent. Si la CPI n'est pas saisie, la récurrence de ces faits sonne comme la chronique d'un chaos annoncé. L'ouverture d'une enquête préliminaire de la CPI est la seule réponse. Pour finir les Nations Unies de vraient prendre le contrôle de ce territoire, l'administrer pendant 18 a 24 mois, le sécuriser et y organiser des élections et continuer à accompagner sa rebaissance. Sinon c'est toute l'afrique centrale qui volera en éclats.

Non, je ne dis pas bravo car l'ONU est complice et est un medécin après la mort

Par nomzamo

18/04/2013 11:49

Cette situation était parfaitement prévisible. L'ONU a toujours accompagné les grandes puissances dans leur volonté hégémonique. L'ONUCI en Côte d'Ivoire a participé aux massacres des Ivoiriens et à l'installation de ouattra à côté de LICORNE de la france pour l'installation de ouattra au pouvoir avec les résultats que l'on voit. Ne nous trompons pas sur le médecin après la mort qu'est l'ONU. Il suffit de suivre le fonctionnement de cette ancienne SDN pour comprendre l'arnaque. Pour beaucoup d'Africains, l'onu est un instrument pour les occidentaux pour asservir d'autres peuples et piller leurs ressources. Nous avons tellement des exemples récents: Côte d'Ivoire, Libye, Syrie et RDC pour n'accorder aucune confiance à ce machin qui n'existe que pour cautionner et avaliser les crimes des grandes puissances.
Plus il y a des guerres à travers le monde, plus ces fonctionnaires sont déployés pour mettre de pansement sur de jambes en bois et être payés chèrement. Si cela ne tenait qu'à moi, les pays du sud doivent quitter ce machin qui permet par exemple à la france qui est juge et partie de rédiger des résolutions sur ses colonies, chose en principe insupportable en ce 21ème siècle. Qui croyez-vous qui rédigera la résolution sur la RCA si ce n'est la France qui est juge et partie (par ses intérêts) dans notre pays?

Une autre solution est possible sans l'ONU

Par nomzamo

18/04/2013 12:02

Je suis pour que des pays neutres amis (les vrais non pas des larbins aux mains de la France ou la France elle même) n'ayant aucun intérêt en RCA soient déployés pour sécuriser le pays et permettre à des hommes et femmes intègres de conduire la transition. Accepté l'ONU chez nous avec la france dans ses bagages, c'est accepté l'occupation de notre pays pour 20 à 30 années minimum avec aucun résultat au niveau sécuritaire pour les populations (Voir la Côte d'Ivoire où les civiles se font massacrer au nez et à la barbe de l'ONUCI censée les "protéger").
D'ailleurs, les soldats de l'ONUCI participent à la traque des Patriotes Ivoiriens qui cherchent à reprendre leur pays perdu le 11 avril 2011 suite aux bombardements de sarko, l'ex roi français. Nous devons regarder ce qui se passe ailleurs dans les pays frères.


Voir aussi le Rwanda où la france avait fait bloquer le vote d'une résolution autorisant le renforcement de l'effectif et facilitant de facto le génocide ayant fait 800 000 morts. La même france a exfiltré les génocidaires vers l'ex Zaïre.

L'ONU est un des problèmes en Afrique et non la solution.

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