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Cameroun, Tchad et RD Congo, terres d’accueil des réfugiés centrafricains

Par Lucie Nkouka avec agences - 16/04/2013

Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres entame à partir de ce 12 avril une visite de travail de 72 heures en RDC

 

C’est la ville congolaise de Zongo, de l’autre côté du fleuve Oubangui qui recevra la visite de M. Guterres dans la province de l'Equateur en RDC, ce vendredi 12 avril. Il s’y imprégnera de la situation des réfugiés centrafricains pour s’entretenir par la suite avec les hautes autorités de ce pays voisin qui par la force des choses accueille les populations obligées de fuir l’insécurité en Centrafrique. En effet, depuis la chute du pouvoir de François Bozizé des habitants des villes entières ont fuient leurs lieux de résidence habituelle soit pour se refugié dans la brousse soit pour traverser les frontières. Au Nord c’est la ville de Sido par son versant tchadien qui accueille les milliers de familles déplacées. A l’Ouest, on signale près de 5000 personnes qui auraient franchi la frontière avec le Cameroun. Trois semaines après le coup de force des ex-rebelles de la Séléka qui a renversé le président François Bozizé, la situation sécuritaire est loin d’être normalisée, d’où la fuite des réfugiés vers les pays voisins. Dans tous les cas, le HCR assure gérer la situation avec les moyens qui sont les siens, aidé en cela par la Croix-Rouge soit camerounaise, congolaise, voire tchadienne et les ONG locales.

 


© un.org
M. Guterres sur le terrain
Cependant, le HCR signale que malgré les mesures prises la situation des réfugiés va aller en s’empirant avec l’arrivée de la saison des pluies et c’est déjà le cas à Zongo, où près de 400 maisons et plusieurs centres de santé et écoles ont été détruits, selon la société civile citée dans un communiqué. Pendant ce temps, les personnes sinistrées vivent soit à la belle étoile, soit dans des familles d'accueil. Selon les possibilités offertes quelques articles essentiels de ménage pourraient être prochainement acheminés à Zongo. Pour plus d’aisance, le HCR et le comité de sécurité du district du Bas-Uélé ont décidé, mercredi 10 avril, d’installer les réfugiés centrafricains dans la chefferie Mombenge Mombila et dans la localité Monga, à plus de 500 km au nord de Kisangani. Selon le commissaire de district du Bas-Uélé, Joseph Bulu Bobina, ces deux sites ont l’avantage d’être accessibles. La plupart des refugiés sont prêts à rentrer dans leur pays, dès que possible, a-t-il ajouté. Le HCR aurait voulu que ces réfugiés soient installés à Buta pour leur venir en aide facilement. Les sites qu’ils occupent actuellement dans les localités de Sua, Ndu, Apamabili… sont enclavés et près de la frontière centrafricaine. Ces ressortissants centrafricains sont estimés à plus de deux mille, selon le commissaire de district assistant, alors que la Caritas parle de plus de quatre mille personnes. Joseph Bulu Bobina estime qu’en les installant à Mombenge -Mombila et à Monga, on éviterait l’encombrement de la cité de Buta.

Au Cameroun, ils ont été conduits dans une demi-douzaine de camps aménagés dans la région de l’Est, frontalière de la République centrafricaine. Les autorités camerounaises et les ONG y ont multiplié des descentes et ont appelé à la mobilisation des moyens, surtout avec l’apparition des pluies qui ne favorisent pas une bonne prise en charge des réfugiés casés dans camps sommaires. «Dieu merci, pour l’instant, les réfugiés parviennent à avoir leur repas quotidien, de même que l’on ne note pas encore la présence des épidémies», se réjouit-on au sein de la Croix-Rouge camerounaise.

 


© radiokapi.net
Les femmes centrafricaines réfugiées à la frontières avec la RDCongo
Toutefois, tout le monde s’accorde sur le regain de l’insécurité, certains militaires des ex-Forces armées centrafricaines (FACA) ayant traversé la frontière avec des armes. Une recrudescence de l’insécurité confirmée par le ministre camerounais de la Défense, Alain Edgard Mebe Ngo’o, qui séjourne depuis quelque temps dans la région de l’Est, où l’Etat a procédé au renforcement des mesures de sécurité tandis que plusieurs armes ont été déjà récupérées. Du côté du Congo, des éleveurs Mbororos armés se trouveraient au sein des refugiés centrafricains et sont souvent mis en cause dans la situation sécuritaire fragile dans le Bas-Uélé.

En somme selon Genève «Ces deux dernières semaines, nos bureaux ont fait état de nouveaux arrivants au Tchad, au Cameroun et en République démocratique du Congo (RDC). Au total, et depuis que le conflit a commencé en décembre dernier, on compte désormais 37 000 réfugiés centrafricains dans la région », a indiqué le porte-parole de l’HCR Adrian Edwards aux journalistes à Genève. Les réfugiés sont principalement originaires de Bangui, la capitale de la République centrafricaine, ainsi que des villes de Bangassou, Rifai et Zemio au sud-est du pays, une région qui borde la République démocratique du Congo (RDC). Depuis décembre, plus de 30 800 réfugiés ont trouvé asile dans le nord de la RDC. Le Tchad a reçu 5 600 réfugiés centrafricains et 1 024 arrivants ont été enregistrés au Cameroun.
Adrian Edwards a expliqué que les besoins de ces réfugiés sont significatifs. «Beaucoup ont quitté leurs maisons en hâte et ils n’ont pas pu emporter leurs affaires. Les arrivants n’ont pas d’abri ou ils sont hébergés par des familles locales – qui vivent elles-mêmes dans une extrême pauvreté», a-t-il déclaré.

Le HCR travaille avec les autorités dans les trois pays hôtes pour assurer la protection et fournir une assistance. «Nos équipes dans la région enregistrent les réfugiés, distribuent de l’aide et établissent des hébergements d’urgence. Nous travaillons également avec nos partenaires humanitaires pour fournir un soutien en éducation et en soins de santé dès que possible. Les réfugiés se trouvent souvent dans des localités isolées et difficiles d’accès», a indiqué Adrian Edwards. Le porte-parole du HCR a indiqué que l’agence avait déjà réussi à venir en aide à plus de 26 750 personnes dans le nord de la République démocratique du Congo. Les personnes qui se trouvent dans la province Equateur se trouvent dans un camp et 19 sites temporaires. La situation demeure instable en République centrafricaine, où 173 000 civils ont été déracinés par les récentes violences. Avant le coup d’Etat du 24 mars, on comptait 187 889 réfugiés centrafricains dans les pays voisins.
 
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