ECONOMIE ET BUSINESS  |    

Centrafrique: Reprise administrative effective mais…

Par source: AFP - 02/04/2013

Les pillages sont encore d’actualité, sans oublier les tirs sporadiques d’armes devenus le quotidien des Banguissois

 

Le milieu économique centrafricain demeure "pessimiste" quant à la reprise de "l'activité" promise mardi par le nouveau pouvoir en place, alors que l'insécurité persiste dans le pays et qu'une partie de l'outil de production a été détruite lors des violences qui ont amené la rébellion au pouvoir. "La reprise ne se décrète pas" regrette Serge-Alain Yabouet-Bazoly, ancien ministre et jurisconsulte du Groupement interprofessionnel africain (Gica) un des deux syndicats des patrons centrafricains. Cette semaine, le gouvernement d'union nationale a promis une "reprise de l'activité administrative et économique" mardi, dix jours après la prise de Bangui et le renversement du régime de François Bozizé par la rébellion Seleka. Toutefois, les pillages se poursuivent dans les quartiers et les entreprises ont payé un lourd tribut à l'insécurité depuis le début de l'offensive en décembre et surtout à l'anarchie et aux pillages qui ont suivi la prise de la capitale le 24 mars. Le pays, qui compte 5 millions d'habitants était déjà l'un des plus pauvres du monde, miné par les rébellions et la corruption qui l'ont empêché d'exploiter les nombreuses richesses de son sous-sol.

 


© journaldebangui.com
Bâtiment administratif à Bangui
En décembre, le Gica avait chiffré à 27 milliards de francs CFA (4,1 millions d'euros) les dégâts occasionnés par le début de l'offensive du Séléka. "Il est à craindre que ce chiffre a explosé depuis", estime Patrick De Jean, le président du Gica, dont les 23 grandes entreprises représentent 45% des 130 milliards de CFA (20 millions d'euro) de recettes fiscales locales de l'Etat centrafricain. Et les caisses sont vides. "En état actuel, il est impossible de reprendre. Il faut avant tout rétablir la sécurité. Pour que les sites (des entreprises) soient sécurisés, pour que employés puissent se déplacer et pour que les quartiers soient aussi sécurisés afin que les employés n'aient pas peur de laisser leurs familles seules à la maison. Pour le moment, ces conditions ne sont pas réunies", précise-t-il.

Entreprises rackettées
Les entreprises sont rackettées par des groupes du Séléka. Patrick De Jean confie avoir dû payer 20 millions de FCA (30.000 euros) à des officiers Séléka pour que son entreprise, la Société Centrafricaine de Cigarette (Socaci), ne soit pas pillée lors de la prise de Bangui. "Ce sont ceux qui vous pillent qui vous proposent de vous protéger", raconte-t-il. La plupart des grandes entreprises ont maintenant trouvé un accord avec le contingent tchadien de la Force multinationale (Fomac) pour payer 400.000 F CFA (600 euros) par soldat les protégeant pour la durée de la crise. Les PME sont aussi touchées. "Il y aura de nombreuses faillites", souligne Patrick De Jean. Beaucoup de petits commerçants interrogés admettent que les affaires sont en baisse: "les gens n'ont plus d'argent. Ils n'ont pas été payés ou n'ont plus de travail", explique l'un d'eux.

 


© journaldebangui.com
Ecobank Centrafrique
La situation des banques complique la situation. "Les ordinateurs ont été volés dans beaucoup d'agences. Donc, on va avoir du mal à rouvrir si celles-ci n'ont plus accès aux comptes des clients", explique Stéphane Doukouré, directeur général d'Ecobank. "L'administration n'a pas repris, donc la banque centrale est « out » pour le moment. On ne peut pas s'approvisionner en argent et il y aura sans doute une demande importante d'argent. C'est dangereux car il y a le risque de ne pouvoir fournir tout le monde et je ne parle pas du risque de voir débarquer des hommes armés quand on aura ouvert les coffres...", ajoute-t-il.

Il explique aussi que beaucoup d'entreprises vont solliciter des prêts pour reprendre l'activité et que les perspectives économiques mauvaises vont interdire à la banque d'accorder ces prêts à des entreprises en difficulté. "Le chômage technique et le chômage tout court ne manqueront pas. Malheureusement. Cette crise est un coup fatal", analyse Pierre Siovène, secrétaire général adjoint de l'Union des travailleurs de Centrafrique (USTC) A long terme, le patronat espère des aides extérieurs pour soutenir l'emploi. "Sinon, c'est impossible", explique Patrick De Jean. "Patassé, Bozizé, ça fait des années que c'est la même chose. Il faut maintenant une solution politique durable pour qu'on ne recommence pas de nouveau. L'avenir en dépend".
 
MOTS CLES :

2 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

Triste constat

Par tristement

06/04/2013 15:11

Le constat est amer... L'aide extérieure, il ne faut pas trop espérer, un banquier ne prêtera pour rien au monde à l'Etat centrafricain ou une entreprise centrafricaine, il n'y a aucune perspective positive de développement, ni de retour sur investissement dans les 5 ans à venir. Je ne vois pas quel investisseur va se jeter à l'eau en RCA

moi !! et bien d'autres mais quand des......, Pour tristement

Par bangui

28/04/2013 10:30

personnes comme nomzamo qui font ou qui incite à la haine et va dire qu'il faut tuer du blanc par ses discours qui ne peux en aucun cas aider les Centrafricains , il est certains que je n'ai pas envie d'y aller puisque nomzamo et d'autres font appel à la haine contre ceux qui pourraient venir en Centrafrique rouvrir des magasins et donner des emplois , avec leurs mot et conversations cela reléve de la justice , eux qui aiment parler de justice dont nomzamo qui connait et sait tou mieux que les Centrafricains eux méme , je suis d'accords avec ombella , ce n'est pas un homme de paix pour son propre pays et les Centrafricains doivent avoir la paix et non des nonzamo qui fait tout pour ,et,qui fait parti de ceux qui font fuirent tous les gens qui voulait venir ou aider la Centrafrique , en pronant haine et règlement de compte et appels aux meutres et si il était trouvé il y a de forte chance qu'il y aura des problèmes assez grave pour cette personne qui se dit nomzamo et Centrafricains , il fait l'inverse de ce qu'il faudrait faire pour la Centrafrique

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués