INTERVIEW  |    

Lucé Raymond Bomongo: «urgence à Bangui»

Par Christophe Lucet - Sud Ouest - 02/04/2013

Figure de la diaspora à Bordeaux, le président de l’Observatoire de la bonne gouvernance préconise le changement.

 

Entre le président déchu François Bozizé et celui qui s’installe, Michel Djotodia, soutenu par la rébellion Séléka, où se situent les démocrates de la diaspora centrafricaine que vous dites représenter?
La diaspora, constituée surtout d’intellectuels, était à 80% dans l’opposition. Aujourd’hui, c’est l’inverse: le parti KNK de Bozizé est majoritaire pour la simple raison que, pour faire des affaires au pays, il faut être encarté « majorité présidentielle ». En Centrafrique, le triptyque cyclique des dix ans - coup d’État, dictature du prolétariat et course à l’enrichissement rapide en paupérisant le peuple - nous offre son lot d’humiliations et de désolation. Notre Observatoire est là pour promouvoir la bonne gouvernance démocratique, judiciaire, économique, financière. À ce titre, nous ne pouvons que condamner la prise de pouvoir par la force. Les démocrates de la diaspora sont du côté de la raison, celle qui a prévalu le 11 janvier 2013, lors de la signature des accords de Libreville II. Lesquels accords ont été torpillés par l’ex-président Bozizé, ce qui a poussé Séléka à le chasser.

 


© sudouest.fr
Lucé Raymond Bomongo Président de l’Observatoire centrafricain de la bonne gouvernance, basé à Bordeaux
La communauté internationale a condamné le coup de force des rebelles. Qu’attendez-vous d’elle?
La Centrafrique, en état de mort clinique, a besoin de soins intensifs. Je prends acte de l’application de la doctrine de l’Union africaine en matière de rébellions armées, de changement anticonstitutionnel de gouvernement et de ces voix qui condamnent le coup de force. Mais la Centrafrique est enclavée, son indice de développement humain, très bas. Les institutions internationales et régionales doivent éviter de l’isoler, car il y a urgence humanitaire. Nous ne demandons ni l’aumône ni l’acclamation de Séléka mais la prise en charge des attentes populaires : le retour de la sécurité et de l’ordre constitutionnel.

Quelle est la situation du pays?
La Croix-Rouge qualifie de « catastrophique » la situation des hôpitaux de Bangui, avec 200 blessés, dont 40 qui doivent être opérés d’urgence. La ville manque d’eau courante, d’électricité, de carburant. Les entrepôts du CICR ont été pillés, mais aussi les bâtiments administratifs, des sociétés privées, les maisons des ex-dignitaires du KNK. On vole des véhicules et des objets précieux chez les particuliers. J’exhorte la communauté internationale à reconsidérer la condamnation de la Centrafrique. J’en appelle à la France, à l’Union européenne, à l’Union africaine, aux organisations humanitaires, pour sauver des vies.

Le pays peut-il profiter de la crise pour changer de gouvernance et améliorer le sort des habitants?
Nous savons ce qu’il faudrait faire. Mais nos préconisations n’ont jamais été appliquées par les prédécesseurs de Michel Djotodia. Je pense au détournement des fonds réservés à la démobilisation, au désarmement et à la réinsertion (DDR), un élément déclencheur des hostilités contre Bozizé. Comment peut-on qualifier de pauvre un pays qui fait 9% de croissance et dispose de ressources minières et minéralogiques si vastes? Mauvaise gouvernance, corruption étatisée, régionalisme gangrènent le pays. La solution ? Mieux répartir la richesse, faire monter une nouvelle génération de jeunes intellectuels et de technocrates à des postes clés. Le gouvernement doit aussi reprendre la coopération militaire avec la France. L’urgence sociale appelle une tout autre politique.

 

 
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4 COMMENTAIRES

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La pression internationale doit continuer de peser sur ce president autoproclamé,il est de notre devoir de le faire meme s'il faut aider les centrafricains à l'accès aux soins dans ce bordel seleka

Par jean françois

02/04/2013 20:11

Le probleme c'est que les gens prennent dans notre pays que des positions interessées. Et le monde du petit au grand est pourri par la corruption.
Tous ces dirigeants africains du congo brazza en passant par le gabon et le tchad la corruption passe par les attributions de passe droits por affaires etc. Aucun de ces chefs de l'afrique centrale qui parlent de la rca aujourd'hui ne sont représentatifs de leur peuple et etouffent leurs peuples,le seul qui laisse la libre entreprise des nationaux s'exprimer c'est le cameroun meme si.
Un president auto proclamé djotodia qui use deja des methode des dictateurs,raccoler des gens au marché moyennant 5000 cfa pour l'applaudir et faire passer cette image à l'étranger.
Moi,je souhaite qu'on gele certaines choses tant qu'il n' y a pas election et peut- etre apporter juste de l'aide medicale. D'ailleurs ,quel gouvernement s'occupe reellement du peuple si ce n'est le peuple pour s'occuper de lui meme.
On ne peut esperer quoi que ce soit de ce djotodia qui montre ce qu'il est sectaire et soumis et imposé par débit. Si des politiciens comme ziguélé et tiangaye ont reçu 500 millions de débit chacun et on vient d'apprendre que leur maitre en a reçu 800 à distribuer,on voit déjà que ce monsieur vient avec l'esprit de corrompre. Incapable de'installer la sécurité et des seleka qui continuent de rançonner à tout moment,vistant les memes pillés 2 ou 3 fois dans la journée ou par 2 jours.les ecoles sont pillées et des soldats couchant partout dans la ville et mettant toutes les entreprises privées et publiques par terre.les exactions ne dérangent ni les oppositions ni ce maitre tiangaye qui se pretend des droits de l'homme. c'est pourquoi je disais que les gens epousent des causes que pour leur mangeoire pas pour agir vraiment.
Comment des gens qui ont une dette envers Deby peuvent faire autrement pour ce peuple? Quand il vont désobeir,ils seront chassés par deby comme Bozizé, mais nous peuple centrafricain notre démarche de vote ne vale pas pour ce DéBy, c'est lui qui doit nous désigner un president.il s'impose au tchad ,ça ne lui suffit il vien chez nous. Votre observatoire ,s il aime le peuple centrafricain doittravailler auprès des institutions pour sortir Déby de son exercice abusif du pouvoir chez lui et maintennt chez ses voisins. Pourquoi ne le fait-il pas au cameroun? parce que il sait que les camerounais lui mettront le feu aux fesses.
je salue en passant les habitants pour leur courage à resister au seleka et faire valoir ce qui est de droit et le courage de leur chef de quartier. face à l'ennemi,les centrafricains doivent s'organise
la coopération avec l'armée française ,mais ça ne nous donne pas grand chose,regarder l'état des soldats au mali dont certains etaient formés par la france,et on a tous lu les militaires sud africains dire tous ces soldatsde la cemac et les faca,au premier coup de feu se sont evaporés dans la nature les laissant seuls face à l'ennemi,je doute fort de cette coopreration,peut-etre pour remettre l'ordre et la sécurité et après ,les centrafricains doivent vtraiment se prendre en mains car les jeunes arabos du tchad que patassé avait illegalement fait entrer dans l'armée pour contrer les mutins, ce sont eux qui ont fait défection rjoignant leur frères. si les soldats de la legion etrangère à chaque fois que la france se battrait contre leur pays d'origine devaient faire défection ainsi,c'est question de confiance. les tchadiens memes disent que djotodia a amené deus officiers qui sont des tcgadiens nommés ministre.ce djotodia ,qui est-il vraiment? On dit qu'il a ete fonctionnaire,depuis n'a t-il pas pu trouver d'autres centrafricains capables à travailler avec que des musulans qui l'encadrent? que reprochons nous aux autres qui avaient travaillé avec beaucoup meme comme directeur de cabinet des gens d'ethnies diverses et meme musulmane .Djotodia annonce la couleur. il vient il vide tout fonctionnaire de la presidence.
les fionctionnaire c'est la continuité du service de l'Etat.il aurait vider le service repprocher de boziez ,on comprendrait mais tout le personnel fonctionnaire ,c'est un peu trop dictatorial. Vu son age,il est passé par toutes les dictatures, son modele est celui là et ne peut rien faire d'autre de mieux,le reflexe dictatorial orientera tout.

DEBY decide et TIANGAYE et DJOTOBIA s'exécutent !

Par Besantoua

03/04/2013 23:31

CEEAC : LE SOMMET DE NDJAMENA PROPOSE UNE TRANSITION EN RCA N’EXCEDANT PAS 18 MOIS
Le sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) dont les travaux se sont déroulés ce Mercredi 3Avril 2013 a pris d’importantes décisions concernant la crise en RCA

Dans son mot de bienvenue, le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a remercié ses pairs et les différentes délégations ayant effectué le déplacement de N’Djaména pour participer à ce sommet extraordinaire consacré à la situation sécuritaire en République centrafricaine. Rappelant la genèse de la crise centrafricaine, le Chef de l’Etat tchadien a souligné que la situation de désordre en RCA a commencé début 1994.20 ans durant, a-t-il précisé, le Tchad s’est mis au chevet de la RCA, un pays frère et ami pour l’aider à sortir de l’impasse.

Le sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC, à l’instar de la communauté internationale, condamne la prise de pouvoir par les armes en RCA et appelle, le dirigeant de la Séléka, le Général Michel Djotodia qui s’était autoproclamé, Président de la République, de se conformer aux accords de paix de Libreville signés le 11Janvier 2013.
A l’issue de leurs travaux, les Chefs d’Etat de la CEEAC proposent la mise en place d’un collège pouvant jouer le rôle de l’exécutif et d’une assemblée constituante pour une période transitoire n’excédant pas 18 mois.

Dès Jeudi 04 Avril 2013, les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC se rendront à Bangui pour véhiculer la décision des Chefs d’Etat de la CEEAC et convaincre les forces vives et l’ensemble de la classe politique centrafricaine au sujet d’un consensus, bénéfique au peuple centrafricain. Les conclusions de la mission à Bangui des ministres des Affaires étrangères seront connues lors d’une prochaine rencontre des Chefs d’Etats de la CEEAC prévue à N’Djaména.

Au cours du sommet de N’Djamena, le Chef de l’Etat sud africain Jacob Zuma a annoncé à ses homologues, la volonté de son pays de retirer les forces sud-africaines de la République centrafricaine mettant ainsi fin à un accord bilatéral signé entre les deux Etats.

C’est sur une note de satisfaction que s’est achevé, le sommet extraordinaire de la CEEAC consacré à la situation de crise qui prévaut en République centrafricaine.

Site Officiel de la Présidence de la République du Tchad | © copyright 2011

mauvaises analyses

Par Dambéti

07/04/2013 18:18

Ont dit souvent qu'il n'y a pas de petites réussites, quand l'homme est au milieu des grands projets.J'ai lu avec intérêt l'intervention de Mr Lucé BOMONGO, simplement j'attire son attention sur le fait que la diaspora centrafricaine ne se compose pas essentiellement des intellectuels, et le pays comme souhaite ce monsieur ne peut pas être seulement dirigés par ces derniers.Bon nombre de nos compatriotes sont versatiles, hier la moitié de la diaspora était composés des Patassiste, aujourd'hui on compte par mis nous plusieurs opportuniste qui se disent KNK, juste pour aller à la soupe.Tous rêvent seulement d'obtenir un poste, et après. La Centrafrique a été, et est dirigée par des intellectuels et nous connaissons tous les résultats, il évoque aussi la corruption, mais si y a la corruption c'est que y a les corrupteurs.Combien y a t-il de mini ou extra BOZIZE en sommeils, le tribalisme, le népotisme, la médisance et la calomnie sont devenus monnaie courante en RCA. A titre personnel, je souhaite la nomination d'un amoureux de la Centrafrique à la tête du pays, prenant le cas de Loula au Brésil, Bérégovoy en France etc.Mes chers compatriotes cessons nos querelles et réfléchissons, si nous ne voulons pas que le pays devienne l'Irak, l'Egypte ou le mali arrêtons de se comporter en donneur de leçon. Amitiés.

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