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Reflexion: prendre en compte la situation de la population Centrafricaine

Par Philippe DIVAY - 02/04/2013

Une marche dite de soutien au nouveau régime de Bangui a été l'occasion de tester la popularité du Président de la Transition, issu du coup de force

 

Monsieur Michel Anmo Droko Djotodja, nouveau Maître de la République Centrafricaine a promis d'ériger en méthodes de gestion des affaires de l’Etat: la tolérance, le pardon et le dialogue. Auparavant une marche dite de soutien au nouveau régime de Bangui a été l'occasion de tester la popularité du Président de la Transition, issu du coup de force contre le pouvoir de François Bozizé, le Dimanche 24 mars 2013. Il a également promis de réunir autour de lui toutes les compétences nécessaires pour l’immense œuvre de reconstruction national. Ne voulant pas tomber dans les errements du passé, Michel Anmo Droko Djotodja a juré qu’il est prompt à éviter au maximum les errements du passé, par un autre appel à l’endroit des Centrafricains qui ont pris le chemin de l’exil.

 


© afp
Le président autoproclamé de Centrafrique!
Evoquant la question de la sécurité du pays, Michel Anmo Droko Djotodja a mis en garde les auteurs des pillages et de la destruction des biens, lesquels seront traduits devants les instances compétentes lorsqu’ils seront pris la main dans le sac. Par la même occasion, cette mise en garde s’est adressée aux rebelles de l’Armée de Libération du Seigneur (LRA) qui écument depuis le sud-est de la République Centrafricaine. Il a émis le vœu que la rébellion qui l’a conduit au pouvoir soit la dernière en République Centrafricaine. Sur ce point seulement, il y a lieu de rappeler que c’est par un coup d’Etat découlant d’une rébellion que le Président François Bozizé avait mis un terme au régime de Ange Félix Patassé le 15 mars 2003. La plupart des mécontents de la Séléka continuent de se réclamer comment étant les mécontents de son époque, puisque c’étaient eux qui l’avaient conduit au pouvoir en 2003. 

Le gouvernement d’union nationale priorise les réformes économiques et sociales
Mon inquiétude est la montée d’islamisme rampant véhiculé par quelques leaders de la coalition Seleka qui sont des fondamentalistes formés en Arabie Saoudite. Il confirme l’intention d’un dérapage contraire aux principes de l’islam et de laïcité par les nouvelles autorités à travers les cris scandés par la communauté musulmane lors de la première sortie officielle du nouvel homme fort à la mosquée. Ces cris ne cadrent ni à la notion de la laïcité centrafricaine ni aux us et coutumes du pays. Conscient de ces dérapages et dérives susceptibles d’ébranler définitivement la cohésion sociale centrafricaine. Des Actes constitutionnels sont pris par le Chef de l’Etat pour conduire la période de transition politique aux contours non encore clarifiés. L’Union Africaine a sanctionné la RCA. Un sommet de la CEEAC se tiendra le mercredi 03 Avril 2013 à Ndjaména qui débattra de la question de la RCA.

Les causes des conflits en RCA
Les causes et les facteurs de conflits en RCA sont divers, variés et profonds. Mais les plus importants sont l'échec des efforts de démocratisation entrepris en 1979 après la chute de Bokassa, l’exploitation et l’instrumentalisation des différences ethniques par les régimes successifs dont le premier fut Kolingba, la prolifération de groupes armés et des armes légères à la suite des multiples mutineries de 1996, 1997, le manque de dialogue franc et sincère entre le pouvoir, l’opposition et la société civile depuis 1992 et l'ascension des enfants du président alors qu'il y a une incompétence totale, les arriérés de salaires, le non-paiement des salaires à terme échu d'où des grèves à répétitions, la pauvreté et la misère criardes des populations, le sentiment d’abandon et d’exclusion des populations du Nord, le braconnage venant majoritairement de certains pays voisins, le phénomène des coupeurs de routes.

Un bon nombre de réfugiés et de « libérateurs » ex compagnons de route dans la campagne pour la prise du pouvoir par BOZIZE ne se sont pas totalement réintégrés. Ils sont disséminés sur toute l’étendue du territoire devenant ainsi un fléau de déstabilisation du pouvoir à cause de leurs conditions de vie très précaires. Les crises récurrentes, la tribalisation outrancière, l’absence de discipline et les faiblesses logistiques ont accentué les carences des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et détruit les moyens déjà limités de cette Armée. A cela s’ajoutent le mode aléatoire de recrutement dans les forces armées (Actions de violences des candidats à l’enrôlement du 02 Août 2012 à Bangui), la formation sommaire de certains éléments, l’acquisition des grades sur des critères clientélistes ainsi que des effectifs vieillissants.

La situation sur le plan humanitaire était alarmante. Près de sept cent (700) écoles étaient fermées. Environ 80 autres endommagées laissant des milliers d’enfants traumatisés et sans accès à l’éducation. La plupart des enseignants ayant fui leurs lieux d’affectation. Plusieurs formations sanitaires sont sans personnel et privées des médicaments essentiels dans les provinces. A ce jour, certains quartiers de Bangui n’ont pas toujours retrouvé le rythme normal d’approvisionnement en eau courante.

Depuis le dimanche 24 Mars 2013, les organisations de la société civile déplorent la détérioration de la situation générale des droits humains. A la suite de la destruction du Camp Béal siège du Ministère de la Défense Nationale, plusieurs armes de guerre ont été récupérées ainsi que des effets militaires qui ont été remises à des civils n’ayant aucune formation militaire. Certains éléments de la SELEKA et la population civile se sont livrés à des pillages à grande échelle. Pillages des édifices publics et des domiciles des particuliers. Pillages des entreprises publiques et privées: La SOCACIG, la CFAO, GACOA SIV… Les sièges des organismes internationaux comme le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Certains éléments après avoir pillé certains domiciles les occupent actuellement. Plusieurs cas de personnes tuées par balles ont été signalées aux organisations de la société civile. Par ailleurs, des informations concordantes font état des exactions commises par certains éléments de la garde présidentielle dans leur fuite au niveau dans la Lobaye, la Mambéré Kadéi et la Sangha Mbaéré. Ils auraient procédé à des pillages de véhicules, des groupes électrogènes et autres et à des extorsions de fonds des sociétés forestières. Des cas de violences sexuelles auraient été signalés dans la Sangha Mbaéré.

Analyse de la période de transition
La Présidence de la Transition a promulguée les Actes constitutionnels le 26 Mars 2013, après avoir suspendu la Constitution du 27 Décembre 2004 puis reconduit dans ses fonctions Maitre Nicolas TIANGAYE comme Premier Ministre. Plusieurs questions de fond demeurent sans réponses claires de la part des nouvelles autorités. La composition du nouveau gouvernement semble tenir compte de la compétence, de la probité morale et de l'équilibre géopolitique du pays, il faut comme le demande la société Civile tenir un Forum rassemblant tous les centrafricains pour définir les contours de la transition et signer une feuille de route. J'invite Monsieur Michel Anmo Droko Djotodja à prendre en compte la situation où se trouve la population Centrafricaine, nous qui avons eu le plaisir de vivre en Centrafrique, nous serons à vos côtés pour sensibiliser le secteur privé, la Communauté Internationale pour que vos efforts soient couronnés de succès. N'oubliez jamais, que mettre ses proches au pouvoir est une erreur fatale et d'avance un échec.

 

 
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1 COMMENTAIRES

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Il faudrait que les Centrafricains se preparent, tous doivent passer des services militaires pour defendre la Nation Centrafricaine.

Par Santoro

02/04/2013 20:34

Mes Chers compatriotes,
Quelle leçon avons-nous tirée de ces séries de tueries, boucheries de nos chers parents ?Conseillons nous ceci, après les élections démocratiques que le gouvernement démocratique nous fasse passer entre 3 a 6 mois pour des services militaires appropriés pour toute personne homme et femme l’âge variant de 18 a 47 ans afin d’êtres des réservistes prêt a protéger et défendre l’intégrité territoriale de notre nation. Comment peut on toujours fuir devant des invasions des impitoyables criminels islamistes ? La RCA est un berceau des bantous. En observant les tueries perpétrées contre les Centrafricains l’on sait à quelle race humaine nous avons affaire. Le pays a basculé et si rien n’est fait c’est parti définitivement en enfer. Regardez la composition du gouvernement et vous saurez de quoi il s’agit, en aucun cas ce groupe est venu pour la population ni pour une question de bonne gouvernance…. S’ils le sont pourquoi même se pointent-ils même sur la route du port de Douala pour arracher des biens des particuliers les tabasser et détruire le poumon de notre économie ?. Les autorités camerounaises sont surpris de leur comportement et ont fermé la frontière ! voila le comportement de gens qui veulent diriger une nation !!!

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