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Observatoire: appel à la rupture

Par Jean Claude Ouenou - 29/03/2013

Nous célébrerons aujourd’hui avec l'avènement de SELEKA, la huitième République depuis la mort du président fondateur Barthélémy Boganda. 54 ans à ce jour

 

Le temps pour nous n'est toutefois ni aux commémorations, ni à la nostalgie mais à l'enthousiasme d'un avenir car c'est maintenant l’occasion pour un nouveau président de la République issu bien évidemment de la force comme son prédécesseur de présider la nation Centrafricaine. Il sera alors mis fin à dix ans d'un régime dont le bilan est marqué par une régression sociale, par l’enrichissement indécent d’une minorité de privilégiés, par un pays fortement divisé et constitué en bloc identitaire; par le sacrifice de l’éducation et de l’absence de politique en faveur de la santé, de la culture, en un mot par la décadence de la démocratie. A plus de 50 ans de distance, deux questions se reposent encore aux centrafricains: Quelles perspectives offrir de façon durable à la misère Centrafricaine? Comment la volonté de changer radicalement l’ordre des choses peut-elle s’imposer à la coalition aux forces vives centrafricaines? A cet égard chacun hélas peux le constater il manque toujours un début de réponse à ces questions.

 


54 ans de Centrafrique
La Centrafrique que prend le président MICHEL DJOTODIA est en panne, elle est en crise et c'est même un euphémisme de le dire ainsi. Pourtant la Centrafrique n’est pas en déclin; nous pensons seulement qu’elle a été souvent dans de mauvaises mains. Elle dispose en effet de nombreux atouts: la jeunesse de sa population, la qualité et l’étendue de son sol et de son sous-sol encore inexploité, des hommes politiques plus ou moins talentueux répertoriés par rapport à leur calibre et à leur configuration respectifs, la vitalité de sa société civile, et une diaspora qui regorge de nombreux talents. Il y a là sans doute des ressources immenses pour aider les nouveaux maitres de Bangui à affronter l’avenir avec maestria.

Notre pays il faut le dire aspire au changement. Il suffit de voir l’engouement qui a accompagné les accords de Libreville pour se rendre compte que les Centrafricains de toute corporation confondus sont conscients de la nécessite du vivre ensemble afin de jeter les bases d’une Centrafrique nouvelle prospère et sécurisée. Alors il revient à présent et très vite au président et à son premier ministre d’en offrir la perspective, de définir les conditions du redressement du pays mais surtout d’en élaborer le contenu. Nous avons au niveau de l'observatoire idéalisé la situation de notre pays et voici quelques-unes de notre réflexion.

Alors monsieur Tiangaye pas de progrès économique sans modernisation de la vie politique; c’est-à-dire, entre autre le refus du clientélisme, du tribalisme, de l’impunité et une lutte implacable contre la corruption et la gabegie dans la gestion des finances publiques. Nous vous demandons des mesures symboliques fortes comme la mise sur touche définitive des ministres, des fonctionnaires, des dirigeants des entreprises publiques qui auront pillé et participé aux massacres économiques de notre pays. Puis éventuellement la poursuite de tous ces prédateurs devant la justice.

Nous ne sommes pas dans la stigmatisation loin de là mais les ministres prédateurs avec des casseroles longues comme la jambe sont légion dans le régime défunt et en aucune façon ils devraient de nouveau faire partie du gouvernement de la transition; quand bien même que nous n'excluons pas la participation des cadres du KNK à l'effort du redressement national. En tous les cas nous serons intransigeants et vigilants sur ce sujet.

Autrement dit il n'y a pas des Centrafricains providentiels qui eux seraient nés avec une cuillère ministérielle dans la bouche pour ensuite grandir, vivre et mourir ministre.
Jean Claude Ouenou

 

Alors Monsieur Tiangaye pas d’harmonie de la société sans égalité réelle: Fidèle aux valeurs et aux devises de la république, nous militons pour une puissance publique forte sur laquelle notre candidat devrait s’appuyer pour combattre les inégalités, redistribuer les richesses, préserver les équilibres écologiques, en un mot nous voulons une république unie, tolérante, solidaire, laïque, et dans laquelle le mérite, la responsabilité, l’excellence, et la compétence seront le seul critère de choix aux fonctions proposées par l'état. Autrement dit il n'y a pas des Centrafricains providentiels qui eux seraient nés avec une cuillère ministérielle dans la bouche pour ensuite grandir, vivre et mourir ministre.

Alors Monsieur Tiangaye pas de bonne gouvernance sans un minimum de rigueur intellectuel ; autrement dit pas de frontière entre le politique et le savoir. La planète s’est transformée, l’environnement économique mondial se fait de plus en plus prédateur, notre pays n'est pas épargné par la crise financière. Pour relever ce défi, le temps ne sera ni à l’amateurisme, ni à l’improvisation. Le gouvernement se doit d’être balaise, les ministres doivent avoir des convictions, des principes, des valeurs car la réponse aux supplices durables du peuple centrafricain n’est pas seulement endogène elle a un contenu global ; En logique à cette situation, nous serons attentifs sur la stature compétence des ministres et surtout sur leur épaisseur intellectuelle

Notre soutien au gouvernement sera en grande partie motivé par la prise en compte de cette offre politique, morale et civique dans votre plateforme gouvernementale où dans votre profession de foi monsieur le premier ministre. Les échecs passés nous renforcent sur l’importance de cet appel à la rupture. Nous n’en restons pas moins convaincus que c’est le seul horizon porteur d’avenir c'est à dire un cadre permanent pour faire front

Enfin malgré la distance que nous manifestons face aux prises de pouvoir par les armes, dans le contexte Centrafricain nous faisons abstraction de cette règle morale. En conséquence nous ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain tout simplement pour dire que nous félicitons le président MICHEL DJOTODIA et tous les éléments de force de frappe de SELEKA pour leur bravoure, leur détermination et leur sens héroïque dans les combats qui ont libéré les centrafricains de leur geôlier le tyran déchu le général YANGOUVONDA.

Jean Claude Ouenou
Observatoire d'Action Citoyenne
 
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