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Des femmes battent encore le pavé pour la paix en Centrafrique

Par RJDH-RCA - 07/03/2013

Les femmes du Réseau pour la réconciliation et la paix (RFCRP) ont marché hier matin pour demander au Premier ministre de faire pression sur certains éléments de la Séléka

 

Ladite marche a abouti à la primature avec la remise d’un mémorandum au chef du gouvernement, Nicolas Tiangaye. Elle s’inscrit dans le cadre des activités de la réconciliation et de la paix organisée par les femmes chrétiennes de Centrafrique, en prélude à la journée internationale de la femme du 8 mars prochain. Ces femmes veulent à ce que le Premier ministre puisse mettre la pression sur les éléments de la coalition Séléka qui continuent de commettre des exactions sur les femmes dans l’arrière pays d’arrêter leur mauvaise entreprise. «Nous nous sommes dit que le mois de mars est le mois de la femme. En prélude à la Journée Internationale de la Femme que nous sommes en train d’organiser, nous avons profité de l’occasion pour recommander à notre gouvernement de tout mettre en œuvre pour ramener la paix sur toute l’étendue du territoire et aussi d’impliquer de manière effective les femmes dans les différentes étapes de la négociation et au processus de paix», a expliqué Marie Annick Service, secrétaire générale du RFCRP.

 


Les femmes réclament la paix
La secrétaire générale du RFCRP a indiqué que les membres de son réseau ont constaté la persistante des violences perpétrées sur les femmes et les enfants dans l’arrière pays. Elle a précisé qu’en se basant sur leur impossibilité de manifester leur joie pendant la solennité du 08 mars, l’inaccessibilité des zones occupées pour les services sanitaires, la hausse du prix des denrées de première nécessité sur les marchés, le spectre d’une année blanche dans les zones occupées, les poussent à descendre dans la rue. «Ce sont tous de points qui sont inscrits dans le mémorandum adressé aux membres du gouvernement d’union nationale par l’entremise du premier ministre», a dit Marie Annick Service. Les femmes qui étaient arrivées devant la primature à 9h 30, avaient dû attendre jusqu’à 13h pour être reçues par le premier ministre en dépit d’un courrier envoyé au préalable à la primature annonçant la marche de ce jour.

Des victimes des exactions témoignent leur vécu pendant cette marche
Trois femmes, victimes des exactions des rebelles de la coalition Séléka, relatent leur vécu. La première est une responsable de l’union des femmes musulmanes, témoin des évènements de Sibut. «Les rebelles ont pris tous nos biens, ils ont occupé notre maison qui est devenue leur base. J’ai fui Sibut à pied pour me retrouver à Bangui après une semaine de marche. J’ai souffert dans la brousse, je me nourrissais des cueillettes, consommais de l’eau stagnante», a relaté la femme. Une seconde victime, venue de Batangafo ajoute : «ces rebelles n’ont pas pitié des femmes des enfants ni de qui que ce soit. J’ai des séquelles encore sur moi, c’est une douleur que je ne saurais jamais oublier. Ils ont abusé de moi en présence de mes enfants». «J’ai tout perdu, les Séléka m’ont tout volé, les marchandises, entre autres, les produits vivriers, que je vendais, mon magasin était vidé par ces hommes cruels. Ils sont impitoyables. Je veux que la paix revienne vite en Centrafrique», a relaté une troisième victime, toutes vêtues de blanc.

Selon la sœur Edith-Sophie, coordonnatrice nationale des femmes catholiques, «si les Séléka n’arrêtent pas les hostilités dans les zones occupées, la paix ne pourra pas revenir dans le pays avec tout ce qui s’est passé. Des responsables des églises ont été battus, blessés, des locaux des communautés religieuses ont été profanés, des femmes ont été violées en présence de leurs parents, époux ou de leurs enfants». «Nous nous sommes unies ici pour plaider notre sort au Premier ministre et interpeller les protagonistes pour que la paix revienne en Centrafrique. Cette marche est un soutien pour ceux et celles qui sont victimes des exactions des rebelles», a-t-elle ajouté. Marguerite Koffio, coordonnatrice de l’organisation des femmes centrafricaines, dans sa déclaration a affirmé que «si nous ne recevons pas une suite favorable après le dépôt du mémorandum, nous allons continuer à marcher. A plusieurs reprises, des documents de ce genre ont été remis au gouvernement mais qui demeure sans suite. Cette fois-ci, nous allons insister, car ces rebelles sont nés des femmes», a-t-elle conclu.

 

 
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