NATIONALE  |     INTERNATIONALE  |    

Attaque de Sido: un simple incident, selon la rébellion

Par Lucie Nkouka avec autres médias - 04/03/2013

La localité frontalière du Tchad est présentement occupée par les rebelles de la Convention des patriotes pour la justice et la paix fondamentale, dissidente de la Séléka

 

De source militaire centrafricaine, sous couvert d'anonymat, citée par l’AFP, vendredi 1er mars, des éléments du Séléka, en provenance du Tchad, ont attaqué la localité de Sido, qui fait frontière avec le Tchad. L'attaque a visé la sous-préfecture, la base des forces armées centrafricaines, la gendarmerie, le poste des douanes, le commissariat. Toutes les autorités locales, les éléments des Forces armées centrafricaines (Faca) basés sur place ont été surpris par l'attaque et ont fui vers le Tchad, de même que la population civile. La localité est présentement occupée par les rebelles, a ajouté la même source. Cette faction venue du Tchad se ferait appelée: la Convention des patriotes pour la justice et la paix fondamentale.

 


© afriquenewsblog
Image d'illustration
Dans le même temps, un porte parole de la coalition rebelle Séléka, Eric Massi, a qualifié samedi de simple incident et de malentendu l'attaque de Sido, par une faction de la rébellion et affirmé qu'il n'y avait eu aucun mort. Selon lui, des éléments des forces armées centrafricaines (Faca) qui y étaient stationnés se sont ralliés au Séléka. «Nous avons envoyé des véhicules pour formaliser les choses, mais lorsqu'ils sont arrivés, une partie des éléments Faca a tendu une embuscade. Nos éléments ont tiré en l'air et les Faca ont pris la fuite. C'est un malentendu qui n'a pas fait de mort, ni de blessé,» a affirmé M. Massi. «Ce n'était pas une attaque en règle, il ne s'agissait que de rejoindre les 14 Faca qui souhaitaient se rallier, et qui sont actuellement à Sido avec nos hommes (...) c'est vrai que ça a suscité un peu de panique, cela nous a surpris aussi, mais ce n'est qu'un simple incident,» a souligné le porte-parole.

Cependant, une figure importante du Séléka le Général Mohamed Dhaffane, ministre dans le gouvernement d'union nationale centrafricain, a condamné avec la plus grande fermeté cet acte qui aurait pu mettre un arrêt au processus de paix né des accords de Libreville, dans un communiqué, samedi. Sur une radio locale, le ministre de la Communication et l'un des responsables du Séléka, Christophe Ghazam Betty, a confirmé qu'il y avait eu une attaque et l'a aussitôt condamnée, qualifiant celle-ci de dérapage. Le ministre centrafricain et aussi porte-parole de la coalition rebelle Séléka, a fait porter la «responsabilité» de cette attaque et au Général Nouredine Adam.

Aucun bilan officiel disponible
De l’attaque de la localité de Sido au Nord de la RCA, on ignore pour le moment le bilan de cette attaque menée par les rebelles qui sont entrés à bord de quatre véhicules 4X4 dont deux équipés de mitrailleuses lourdes. Selon le ministre de la Communication, Christophe Gazam Betty en ce moment, «personne ne peut rentrer dans la ville, pas même les humanitaires». Il se dit par ailleurs choqué par ces manœuvres de déstabilisation alors que la RCA tente de sortir, sur fond de résistances, de la récente crise politique ayant opposé la coalition rebelle Séléka au pouvoir de François Bozizé. Il se dit favorable à une application sans conditions des accords conclus au terme d'un dialogue politique sous l'égide des dirigeants de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC), à laquelle la RCA appartient. Il accuse formellement le chef rebelle Nourradine, déclaré replié à N'Djamena au Tchad, et un colonel dissident tchadien d'être les principaux commanditaires de l'attaque de Sido, avec l'appui de 90 éléments appelés «les libérateurs» recrutés par le président Bozizé lors de son coup de mars 2003 contre Ange-Félix Patassé et qui se sont retrouvés dans Séléka.

«En posant ces actes de dérapage, il se met à dos le peuple centrafricain et les 10 Chefs d’État de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC). Il répondra de ses actes devant ces dirigeants qui ne veulent plus entendre un seul coup de canon en Centrafrique», a déclaré le ministre. M. Ghazam Betty devrait éviter de jeter de l'huile sur le feu, a pour sa part commenté M. Massi. Cette attaque qui confirme la scission de la coalition rebelle du Séléka, fragilise le gouvernement d’union nationale fraîchement nommé et la situation de paix précaire en Centrafrique. Pour rappel, les rebelles dissidents revendiquent le retrait des forces militaires étrangères et la libération des détenus politiques conformément à l’accord politique du 11 janvier à Libreville.

Sido est une localité qui échappe à la sécurisation du territoire centrafricain et est assurée de loin à Kaga-Bandoro (Centre) par «des forces multinationales fortement armées», à savoir les missions de paix de la CEEAC.

 

 
MOTS CLES :

0 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués