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Tunisie: Le PM Hamad Jebali jette l’éponge!

Par Alain Georges Lietbouo - 20/02/2013

Il renonce à son poste suite à l’échec de la formation d’un gouvernement apolitique qu’il souhaitait mettre sur pied

 

Il est allé jusqu'au bout pour défendre son projet, afin de sortir la Tunisie de la crise. N'ayant pas réussi à faire admettre la formation d'un cabinet apolitique et de technocrates, le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a donné sa démission, dès mardi 19 février au président Moncef Marzouki. Comme il l'avait promis en cas d’échec. Je dis en toute clarté que l’initiative, telle que je l’ai présentée, c’est-à-dire un gouvernement composé de membres n’appartenant pas à des partis politiques (...), n’a pas recueilli un consensus, avait-t-il déclaré dans la soirée de lundi. Jebali a assuré qu'il n'y aurait pas de «vide» à la tête de l'Etat. Il gèrera les affaires courantes jusqu'à la nomination de son successeur. M. Jebali aura été Premier ministre durant 14 mois, ayant pris ses fonctions en décembre 2011 après la victoire de son parti, Ennahda, aux premières élections libres de l'histoire de la Tunisie deux mois plus tôt. La rédaction d’une nouvelle constitution paralyse le pays. Fixer la date des prochaines élections est la première urgence, a rappelé Hamadi Jebali, alors que toute possibilité de scrutin est paralysée par l'impasse de la rédaction de la Constitution par l'Assemblée nationale constituante (ANC). Parmi les noms qui circulent pour le poste de Premier ministre, on compte Abdelatif Mekki, ministre de la Santé, et Noureddine Bhiri, ministre de la Justice.

 


© ouest-france.fr
Hamadi Jebali
Ennhada affaiblit?
Depuis l'assassinat le 6 février de l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd, la situation est électrique. Si la quinzaine de partis présents aux pourparlers de lundi avaient indiqué être prêts à un gouvernement mixte alliant technocrates et politiques, les lignes de fracture sont profondes. Ainsi, l'essentiel de l'opposition et les alliés laïques des islamistes d'Ennahda ont insisté pour que les ministères régaliens soient confiés à des indépendants. Ennahda, la principale force politique du pays, est restée réticente sur ce point. Par ailleurs, le parti du président Marzouki, le Congrès pour la République, semble au bord de l'implosion, avec les démissions en série des députés. Ses trois ministres ont fait savoir mardi qu'ils refusaient de travailler sous tout gouvernement dirigé par M. Jebali. Hamadi Jebali. Modéré au sein d'Ennahda, il est ressorti affaibli des deux semaines de crise, ayant perdu son bras de fer avec les durs de son parti qui ont tué dans l'œuf son projet cabinet de technocrates. Un haut responsable gouvernemental a ainsi confié à l'AFP que l'imbroglio paralyse le fonctionnement du gouvernement. Tout est bloqué. Le problème c'est que plus personne ne réfléchit à l'intérêt général mais seulement aux intérêts particuliers, a-t-il dit. Le prochain Premier ministre qui sera nommé par le président Marzouki aura 15 jours pour former son équipe et appeler à obtenir la confiance du parlement.

 

 
MOTS CLES :  Hamad Jebali   Démission   Tunisie 

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