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Séléka: 8.500 personnes fuyant la Centrafrique réfugiées en RDC

Par journaldebangui.com, ap - 14/02/2013

Les agences de l'ONU commencent une mission d'évaluation et de vérification, notamment pour étudier la mise en place d'un point de transit

 

Plus de 8.500 personnes redoutant des violences ont fui la Centrafrique depuis le 7 février et se sont réfugiées dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo voisine, selon une source locale congolaise. Ils ont fui Mobay-Mbanga", une localité centrafricaine proche de plusieurs positions de la coalition rebelle Séléka, qui a signé mi-janvier un accord de paix avec Bangui, a déclaré le commissaire de district du Nord-Ubangui. "Selon plusieurs sources, nous avons maintenant plus de 11.000 réfugiés centrafricains en RDC dans plusieurs localités du Nord-Ubangui", a pour sa part expliqué le chargé de communication au bureau régional du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) à Kinshasa.

 


© hrw.org
Les villages désertés en RCA
Il a souligné que la plupart des réfugiés sont des enfants, "pour beaucoup non-accompagnés", a précisé le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha). Les réfugiés ont commencé à affluer le 7 février dans le Nord-Ubangui, qui partage 800 kilomètres de frontière avec la Centrafrique. Ils ont traversé le fleuve Ubangui pour fuir des tirs attribués aux rebelles de la Séléka, qui a reconnu l'incident et dit y avoir mis fin. Les agences de l'ONU commencent jeudi une mission d'évaluation et de vérification, notamment pour étudier la mise en place d'un point de transit. Mi-décembre, la coalition de rebelles du Séléka a pris les armes en Centrafrique contre le régime du président François Bozizé, menaçant Bangui. Après un accord de paix signé le 11 janvier à Libreville, ils ont accepté de participer à un gouvernement d'union nationale.

République centrafricaine et déjà 80000 réfugiés
Dans le même temps, un équipe conjointe du Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiées (HCR) et de l’ONG Mercy Corps a signalé de nombreux déplacements de populations dans le nord et le centre du pays. Cette mission est la première dépêchée dans la région depuis que les principales villes de ces régions, notamment Bambari et Kaga Bandoro, deux localités stratégiques situées à environ 400 kilomètres de la capitale Bangui, sont passées sous le contrôle des rebelles de la coalition Séléka. Selon le HCR, les villages situés entre Grimari et Bambari sont complètement déserts, la plupart de leurs habitants ayant fui les raids de plus en plus fréquents perpétrés par les rebelles à la recherche de vivres, de carburant ou d’argent. Ces attaques de groupes armés s’accompagnent parfois d’actes de violence à l’encontre des civils. Situé à 10 kilomètres de la ville de Bambari, le camp de Pladama Ouaka, où vivent près de 2.000 réfugiés soudanais, n’a pas été épargné, affirment les enquêteurs du HCR.

 


Sollicitation d'un couloir humanitaire pour assister les populations dans l'arrière pays
Des installations communautaires, le centre de distribution et l’entrepôt d’une ONG partenaire du HCR ont tous été pillés. Les rebelles se seraient également emparés de panneaux solaires. Un entrepôt du HCR a été également visé au cours d’un pillage généralisé de Bambari. Les assaillants se sont enfuis avec du matériel destiné aux 3.000 réfugiés et déplacés vivant dans cette zone, notamment des bâches goudronnées, des couvertures, des matelas, des vêtements, des lampes et des panneaux solaires. Les bureaux des Nations Unies et des ONG sur place sont très souvent pris pour cible, affirme le HCR, qui estime à environ 316.000 dollars le montant de ses pertes en matériel et autres dégâts. L’accès humanitaires aux populations civiles à travers le pays demeure très limité en raison de l’insécurité, ce qui rend difficile la protection des civils et l’aide aux réfugiés et aux personnes déplacées.

Au plus fort du conflit de décembre 2012 et janvier 2013, au moins 80 000 personnes ont été déplacées. «Si certains, qui avaient fui Ndélé, sont rentrés, la plupart ont peur de retourner chez eux à cause de l’insécurité», a remarqué Centre de surveillance des déplacements internes. Selon l’IDMC, les nouveaux déplacés sont venus s’ajouter aux 52 000 personnes qui avaient déjà fui en raison de tensions ethniques, de la présence de mouvements criminels, des actions du groupe rebelle ougandais Armée de résistance du seigneur et du conflit qui avait secoué le pays avant 2008. Le Haut Commissariat appelle le gouvernement et les rebelles à faciliter l’accès aux populations pour le personnel humanitaire. Le HCR appelle aussi au cantonnement des groupes rebelles comme le prévoient les accords de Libreville signés le 11 janvier dernier.
 
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