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Bangui: La population s’indigne des exactions des rebelles de la Séléka

Par source: RJDH-RCA - 12/02/2013

Selon que l’on craignait est arrivé, et malgré la signature des accords du cessez-le feu signés à Libreville le 11 janvier, on s’attend au retour probable des hostilités

 

Même la mise en place du nouveau gouvernement d’union nationale n’a pas occulté la recrudescence des violences sur les populations par les rebelles de la coalition Séléka. Ils continuent de se livrer aux actes de pillages et d’exactions. Une situation qui inquiète. «Nous sommes très inquiets par rapport à ce qui se passe dans nos provinces où les rebelles de la Séléka continuent d’occuper illégalement les villes en commettant au quotidien des exactions sur la population», a déploré Cyrille Mbésséra, habitant le quartier Yangato. Max Mokopolo, étudiant en master d’histoire et géographie à l’Université de Bangui, a de son côté pensé que l’Accord de paix de Libreville devrait tourner la page de l’insécurité qu’a connue le pays. «Mais le constat est que les rebelles de la Séléka continuent de piller, de tuer et de poursuivre leurs offensives sur le terrain ce qui est contraire aux engagements qu’ils ont pris lors des pourparlers», a-t-il souligné. «Les rebelles de la Séléka ne sont pas prêts pour la paix. Je comprends que leur intention est de nuire à la République centrafricaine qui a tant souffert des crises militaro-politiques. Il faut qu’ils cessent les exactions sur la population, car leurs leaders sont déjà dans le gouvernement qui vient d’être mis en place, et c’est leur vœux qui est exhaussé», a martelé Placide Kombélé, un agent de l’Etat.

 


© ugo.cn
Dans les rues de Bangui on est aussi inquiets pour les parents restés dans les provinces
Des leaders de Séléka ont perdu le contrôle de leurs éléments sur le terrain
Un politologue de l’Université de Bangui qui analyse la situation stipule qu’il y aurait une crise d’autorité en ce moment au sein de la Séléka. Selon lui, des leaders de la Séléka qui occupent des postes ministériels n’ont plus le contrôle des éléments qui sont sur le terrain. «C’est difficile que leurs décisions soient respectées par les troupes, à cause de leur absence aux côtés des rebelles. Nous crayons que ces rebelles ne reconnaissent plus leurs légitimités», a-t-il ajouté. Selon la même source, il est important que les chefs de cette rébellion continuent de descendre sur le terrain pour expliquer à leurs éléments les contenus des accords de Libreville qui ont abouti à la formation de ce gouvernement d’union nationale et également de leurs demander d’arrêter ce qu’ils font actuellement. De leur côté, des leaders de la coalition Séléka rejettent la responsabilité des attaques et les attribuent aux éléments «incontrôlés». Ceux-ci promettent des sanctions contre les commanditaires.

Depuis la signature des Accords de paix de Libreville le 11 janvier dernier, plusieurs cas d’exactions et de pillages dont les hommes de Séléka seraient à l’origine, ont été enregistrés dans certaines villes du pays. Dans la nuit du 8 et 9 février, ces rebelles ont attaqué la ville de Mobaye. D’importants dégâts matériels et d’importants actes de profanation ont été enregistrés. Cette attaque a fait déplacer plus de 23 000 personnes vers la République démocratique du Congo.

 

 
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