DOSSIERS  |     DOSSIERS+  |     FORUM BRAZZAVILLE  |    

Pour certains centrafricains, c’est le temps de l’exil vers Douala

Par Didier Ndengue, Intégration - 18/01/2013

Rencontre avec ceux qui ont fui la guerre civile en Centrafrique

 

L’instabilité qui prévaut présentement en RCA fait sortir beaucoup de Centrafricains du pays natal. Ils s’évadent vers les pays voisins. Le Cameroun, très proche et terre de paix, accueille depuis le mois de décembre 2012 les premiers arrivants. Ils ont refusé de continuer à vivre la tragique situation occasionnée par les rebelles de la coalition Séléka. A Douala, la communauté centrafricaine gère la situation avec beaucoup de réserve. La frayeur a gagné certaines familles originaires de la RCA, où on parle de plus en plus de nouveaux venus dans la colonie. D’aucuns ne s’affichent pas publiquement en journée, dans la crainte d’être repéré et ramené de force en RCA.

 


© tabisite.com
La route de Bouar - Douala (inaugurée)
En ce soir du 8 janvier 2013, nous faisons la rencontre à Douala du jeune Mokombango Nelson Elzear, 23 ans. Il vient de Bangui. A l’en croire, il a quitté la capitale centrafricaine le 17 décembre 2012, après l’assassinat de son père, Samba Gilbert (Commissaire de police), dans un snack bar sis au quartier Miskine à Bangui. L’officier a été abattu par l’un de ses collègues, capitaine de l’armée centrafricaine. Le meurtre ressemble plus à un règlement compte ; car, apprend-on, monsieur Samba a travaillé aux côtés de feu Ange Félix Patassé (ancien président de la Rca). Recherchés pour être eux aussi exécutés, les enfants du défunt se sont dispersés de par le monde. Certains ont opté de s’exiler en France, au Congo Brazzaville, etc. Avec trente mille francs CFA reçu de son grand-père, au titre de subsides de route, Nelson est arrivé au Cameroun par Batouri. «J’ai vaincu le mouvement des rebelles de la Séléka jusqu’à PK 12. Ça me faisait peur, surtout quand ils ont essayé d’entrer à Bangui. J’étais vraiment trempé de peur. Mes frères et moi avons décidé de fuir avant que les gens qui ont tué notre père ne mettent main sur nous, en nous faisant également passer pour des alliés des rebelles», explique le jeune homme tout triste. Sa vie s’est subitement transformée en cauchemar. Aujourd’hui, il s’en remet seulement au Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr).

 


© afrikarabia.com
Le chemin de l'exil est encore long
Vivre la rébellion à distance
Au Consulat de la Rca, au quartier Akwa de Douala, la mine est triste. Ici, tout le monde suit de près l’évolution de la situation au pays natal. L’ambiance est quasiment morose dans les différents pans d’activités des centrafricains à Douala. Notamment au Bureau d’affrètement routier centrafricain (BARC), où seul le vigile est permanemment présent. La crise affecte également les nombreux ménages et familles des réfugiés centrafricains de Douala. Même les enfants n’y échappent pas. Andja Steven Weesley Aser, âgé de 15 ans, est en classe de 4e allemand, dans un lycée de la place. Depuis quelque temps, il n’a plus toute sa tête aux cahiers. L’enfant est traumatisé par les évènements de son pays natal. Sa position : le président Bozizé et la Séléka doivent trouver un consensus, afin de stopper les hostilités. Il interpelle également les jeunes centrafricains. «Il ne faut pas entrer dans la guerre. Car, il n’est nullement agréable de vivre dans un esprit de guerre, encore moins hors de son pays», martèle –t-il. Andja Steven W.A se souvient qu’il est tout le temps exposé à l’insécurité et à la précarité, malgré l’hospitalité de son pays d’accueil. Son père, Andja Frédéric, est lui aussi en larmes. Son épouse souffrante est sans assistance. Des centrafricains à Douala pensent que les rebelles devraient donner une chance au chef de l’Etat François Bozizé, et faciliter ainsi une sortie effective de crise.
 
MOTS CLES :  Bouar   Douala   Séléka   Exil   Centrafrique   Bozizé 

0 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

A savoir

  • Directeur Gérant Global Communications Sarl
  • Directeur de publication du magazine INTEGRATION
  • Tél: +237 33 01 90 46; +237 99 93 10 42; +237 76 20 37 09
  • courriel: globcoms@yahoo.com
  • integration@integrationafrica.org
  • Site Internet: www.integrationafrica.org

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués