INTERVIEW  |    

François Bozizé: «Non, je n’ai pas à négocier. Sinon, c’est la jungle»

Par Laurent Correau, RFI - 09/01/2013

Le chef de l’État centrafricain a répondu aux questions de Radio France Internationale

 

La capitale du Gabon, Libreville, accueille actuellement des délégations de la rébellion centrafricaine, du pouvoir et de l’opposition politique. Objectif : faire sortir le pays de la crise dans laquelle il est plongé depuis le mois de décembre. Dans quel état d’esprit les autorités centrafricaines abordent-elles ces discussions? Qu’est-ce que le président François Bozizé est prêt à répondre à ceux qui réclament son départ?

La rébellion et l’opposition vous demandent de quitter vos fonctions à la tête du pays. Est-ce que vous êtes prêt à négocier cela à Libreville?
Non, je n’ai pas à négocier. Pourquoi négocier? Est-ce que la rébellion représente le peuple centrafricain qui m’a élu à deux reprises? Qu’est-ce qu’on me reproche? Je fais mon travail. Une rébellion qui surgit brutalement, qui nous attaque. Non, je n’ai pas à négocier. Sinon, c’est la loi de la jungle qui va triompher. Et cela pourra s’étendre ailleurs, et pourquoi pas même dans les pays développés?

Qu’est-ce que vous souhaitez que votre délégation négocie à Libreville?
Nous l’avons déclaré devant le président en exercice de l’Union africaine : nous sommes prêts pour un gouvernement d’union nationale. Dans notre gouvernement actuel, il y a l’opposition. Donc pour nous, ce ne sera pas une affaire nouvelle, c’est une chose que nous pratiquons depuis toujours. Seuls les gens de mauvaise foi disent le contraire.

 


© REUTERS
Le président François Bozizé, président de la République Centrafricaine
Qui sont les rebelles qui ont lancé l’attaque sur Ndélé le 10 décembre?
Je ne les connais pas. Si je les connaissais, je pourrais mieux les définir. Par contre, Djotodia semble être leur chef. Mais c’est à Djotodia que nous avons envoyé une délégation pour le voir il y a un mois et demi. A Gordil, il avait reconnu les accords de Libreville et il devrait respecter ceux-là. Qu’est-ce qu’il l’a poussé? Est-ce que ce sont les opérateurs économiques qui l’ont poussé à aller de l’avant? Lui seul pourrait le dire.

Au moment où ces négociations doivent commencer à Libreville, quel est votre message aux rebelles de la Seleka?
Dans un premier temps, c’est de respecter la décision de Ndjamena qui leur demande de revenir à leur point de départ. Ensuite, reconnaître la Constitution de la République centrafricaine et ne pas se comporter tel qu’ils le font s’ils sont vraiment des citoyens du pays. Seul le respect des institutions de la République doit être pris en compte.

Qu’est-ce que vous attendez justement de vos pairs de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale qui doivent se réunir avec vous en sommet à la fin de cette semaine?
Ce sont des chefs d’Etat qui ont l’habitude de gérer un pays. Certains connaissent les problèmes de rébellion. Je leur laisse le soin de deviner le reste. Ce qui arrive à la République centrafricaine peut arriver ailleurs. Il est temps de freiner cela.

Pourquoi selon vous les rebelles ont repris leurs activités en décembre?
Dire que les rebelles ont repris, non. C’est une fraction, ce sont des rebelles un peu à part qui ont été «travaillés» à l’extérieur et l’opposition démocratique n’a fait que profiter de cela pour présenter ses revendications. Mais ce ne sont pas les rebelles habituels puisque les rebelles habituels ont signé les accords de paix à Libreville. Et nous vivons avec eux. Ils sont dans l’administration, dans le gouvernement, dans la fonction publique. Ce ne sont pas les mêmes rebelles.

Quel est l’état des relations actuellement entre la France et la Centrafrique?
Les relations entre la France et la Centrafrique sont au beau fixe. Ce sont les rebelles de Seleka qui ont créé cette situation nouvelle. Et dans la mobilisation, la colère générale, la jeunesse a manifesté sa colère vis-à-vis de la France à travers des manifestations proches de l’ambassade de France. Nous avons reçu l’ambassadeur de France pour nous en excuser. Mais c’est une colère qui est tout simplement due au fait que la jeunesse a vu son avenir bloqué dans la mesure où elle espérait beaucoup, avec toutes les transformations que nous avions apportées au pays. Et voilà que brutalement, on assiste à une menace dangereuse pour l’avenir du pays. Mais c’est une colère de circonstance et cela doit s’arranger normalement. Il n’y a pas à développer cela sous autre forme.

Des forces sud-africaines sont actuellement déployées à Bangui. On parle également d’éléments ougandais. Quelle est la mission que vous leur attribuez?
Il faut reconnaître que les forces ougandaises et sud-africaines existent en République centrafricaine depuis bientôt cinq ans. Les forces sud-africaines participent à la remise à niveau de forces centrafricaines. Les forces ougandaises se trouvent dans la pointe sud-est du pays et combattent la LRA [Armée de résistance du Seigneur ndlr] de Joseph Kony. Ils sont à 1 400 soldats dans la pointe Est du pays. Donc pour nous, ce n’est pas nouveau. Mais compte tenu du fait que le pays vit un moment qui n’est pas normal, ils ont dû prendre des dispositions puisqu’ils ont des ressortissants aussi.

Il y a eu des renforts tout de même?
Oui, on ne sait pas comment les choses vont se développer. Toute armée à travers le monde prévoit toujours. Il n’est pas question de croire que c’est une petite affaire et que ce sont deux ou trois militaires qui doivent se tenir face à cela. Nous sommes prévoyants tout simplement.

 

 
MOTS CLES :  Rfi   François Bozizé   Inteview   Séléka 

4 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

Appreciation au President pour son Interview!

Par Bouba-Nguere

09/01/2013 19:23

Ces groupes de hors la loi, et de destructeurs a mon avis ne devraient pas faire objet de négociation sauf que l'armée n'a pas jouée son rôle de défenseur du territoire. Quand notre génération arrivera au pouvoir un jour on n’acceptera jamais de négocier avec ces genres de malfrats, et destructeurs de notre pays !

bouba nguere

Par Lèngban

09/01/2013 22:53

Pauvre type

La logique est de ne pas negocier avec une rebellion qui ne respecte rien et n'est pas représentative d'un peuple et qui détruit sans raison des villes sur son passage et pour des raisons Personnelles

Par Malcom785

10/01/2013 15:44

Je ne suis pas BOZIZéISTE mais là il a raison. L'opposition si elle a la fibre démocratique doit adopter la meme attitude, mais sont-ils memes centrafricains? ils ont entendu la consigne de Hollande et répètent ce que le maitre a dit et veut. Quand allons nous devenir des adultes? Ces rebelles parlent de justice internationale. Il faut commencer par le commencement, seule Bokassa et son régime ont été jugés par ces vautours qui ont plongé ce pays dans le désordre depuis 80. Si Bozizé devait être jugé,il faut l'appliquer à tous les régimes précédents kolingba et ses collaborateurs, patassé et ses collaborateurs et maintenant bozizé et les siens. c'est quand meme facile de désigner Un et de faire l'impasse sur les autres? Le régime dont est issu ziguélé a du sang sur les mains, tous sans exception doivent répondre. Je suggere et le proposerai aux Africains un tribunal international Africain pour juger tous rebelles et leurs financiers: Etats etrangers ou personnes privées. Que toutes personnes issues d'une rébellion n' a plus droit de faire de la politique ou de servir dans l'administration. ET que la communauté internationale soit clair sur cela. Trop c'est trop, pertuber ce peuple pour des raisons bizarres. Négocier, c'était le discours français quand ils manipulaient nos frères mutins contre leur pays, aujourd'hui le meme mot négocier avec des gens qui ne représentent pas l'opinion centrafricaine. ils refusent les visas en masse aux africains,qu'ils les laissent vivre en paix chez eux, Non il faut semer le trouble pour l'interet des hommes d'affaires douteux etrangers et abuser de la naiveté des voyous centrafricains et certains envahisseurs en quete d'or.
Qu'ils demandent à etre jugés eux d'abord pour les dégats commis par eux à bambari et ailleurs. S'ils ont des problèmes avec bozizé,pourquoi s'en prendre au symbole de l'Etat dont ils prétendent défendre les valeurs? Vous n'avez rien et vous détruisez tout. C'est ce que les gens qui vous paient vous donnent comme conseils pour detruire votre pays. Vous vous rebellez pour quel pays et pour quel peuple?
Formez un parti et venez aux elections. Tribunal international pour intenter un proces contre quelqu'un il faut avoir les mains propres. Tous ces assassins qui appellent d'autres assassins. Tous les generaux qu'on a perdu assassinés politiquement,les assassinats politiques des civils dont le célèbre est celui du docteur mandaba dont certain en parlait l'autre fois,les civils egorgés tués pendant le coup d'etat ratés de patassé. pensez chacun à vos morts. Ces pénalement responsables sont encore là tranquille à vous parler de politique et parlent de juger d'autres. Moi c'est de 80 à aujourd'hui qu'on juger nos morts et vivants politiques et miltaires. Si pas aujourd'hui,je menerai ce combat.Il faut commencer par juger les rebelles,les amnistie creent des effets pervers et ce qui le suggeraient le savent pour nous mettre dans ce desordre constant. L'union africaine doit ouvrir son tribunal pour ces cas. Vous voulez la démocratie,battez vous democratiquement pour que ça marche,pas détruire un pays ou tuer. Comme l' a dit quelqu'un avant ,centrafricains,gardez en tete tous ces hommes politiques qui jouent pour les rebelles aiguissant leur avidité stupide du pouvoir ,demain organisons nous pour que aucun n'ait nos voix. On en a marre, Marre , marre et un diplomate français de fanfaronner: puisque vous ne nous aimez pas ,vous allez etre enclavé sous entendu suspension ligne air france cette fin d'année, comme l' a dit un ami Allemand,l'afrique Francophone a eu les pires colons de l'histoire africaine: Les Français. Non seulement ils n'ont rien laissé de solide,ils s'accrochent, ne veulent pas laisser les gens voler de leur propores ailes,créent des entraves aux africains et aux concurrents qui veulent travailler d'égalité avec ces pays. Les belges ont laissé des structures colossales aux zaires ,burundi etc, les portugais n'en parlons pa&s, les allemands, les anglais aussi. les français ,presque rien et ils poussent des écervellés à détruire le peu laissé perdu dans ce pays qui n'arrive pas à décoller à cause de ce comportement possessif et corruption autour de diner dans les chancelleries. Opposition y a til? Il n'en voit pas ,tous des interessés egocentriques,des dirigeants qui aiment ce pays il n'en voit.La mentalité est pourrie. vous voyagez j'espère,ce qu'il dit est vrai. les autres colonisés sont plus libres que nous francophones et Par ntre FAUTE
Pour l'instant, centrafrique n'a qu'à demander aux envahisseurs de rentrer chez eux. des recherches peuvent bien montrer les origines des gens et les centrafricains stupides qui par manque de reflexion solide se livrent à cette barbarie aux cotés de ces etrangers, que personne n'accepte ces gens en politique ,ni ailleurs. Les gens souffrent, construisent ,ils viennent casser. Il y aune usine qui embauche quelques habitants par ce temps de crise,ils viennent détruire cette usine, c'est quoi cette folie?. Vous combattez bozizé et vous lui reprocher quoi en fait, vous etes peut-etre pareilles sinon pires.
Les differents partis politiques qui ont ete au pouvoir nous tous chacun montré leur visage,on critique dans l'opposition, au pouvoir on avait eu quoi, avec le rdc, le MLPC et knk? Ne trompez pas ce peuple. les centrafricains n'ont pas besoin de rebellion, que la communauté internationale,La france et l'onu soient clairs. Pourquoi parler de démocratie et donner du credit à des farfelus?
Tout le monde veut le pouvoir pour le pouvoir, etre au pouvoir pour voler et demain on va se plaindre de notre propre naiveté en soutenant n'importe qui pensant que c'est la solution ideale pour se passer de bozizé, c'est une grosse erreur des Naifs. Le passé doit vous apprendre.Que les gens cherchent a avoir un metier et savoir exister en dehors de la politique. Hors politique,ils sont comme des loups,ne font rien de constructif sinon vouloir le pouvoir.
Demain, on passera alors de regime à regime par les rébellions si on veut que ça soit cela qui doit nous regir,mettez le dans la constitution alors!.Certains ne voient plus loin que le bout de leur nez quand ils ont un cousin ou parent dans la rebellion coté naifs centrafricains enrolés,ils n'ont plus de logique. Ce n'est pas parce que tous ces opposants gourmands de postes sont à libreville que la démocratie doit s'arreter,vous etes alles aux elections, bonnes ou mauvaises. Attendez la fin du mandat et alllez en campagne,quelle est cette culture de mandiant politique? C'est ainsi qu'on est facilement manipulable
Détruire Bambari comme ils l'auraient fait ,ça justifie quoi dans leurs revendications?
Pour toutes ces raisons Boziz élu ,vous l'avez tous appeler président,meme la communauté internationale,alors supportez jusqu'à la fin du mandat et basta. On ne va pas refaire les memes conneries tout le temps quand meme. J'ai ma rancune contre Bozizé mais je fonctionne encore ma tete. J'ai un metier,ne lorgne pas la politique et je suis convaincu que mon pays verra dans les années futures une démocratie qui avance.Je n'ai pas besoin de rébellion pour la faire avancer

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués