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Pr Clément Anicet Guiyama-Massogo, attentif à la vie politique de la Centrafrique

Par Luidor NONO - 22/11/2010

L’enseignant arrive bien à concilier toutes ses charges et ses passions

 

Qui est le Prof pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de lui?
Le professeur Clément Anicet Guiyama-Massogo est un Centrafricain originaire de la Basse-Kotto, plus précisément de Mobaye. Après mon baccalauréat, j’ai embrassé des études de philosophie à l'Université de Dakar au Sénégal sanctionnées par la licence, la maîtrise et le DEA en 1984. A Dakar, j’ai connu le syndicalisme étudiant où j’ai été successivement Secrétaire Général et Président de l'Union des Etudiants Centrafricains au Sénégal (UECAS). Très tôt à 25 ans, je me suis à contribution pour former mes jeunes compatriotes du département de philosophie de l'Université de Bangui qui venait d'ouvrir ses portes en 1980. De front avec mes charges pédagogiques mais aussi administratives. Plus tard, j’ai préparé et soutenu une thèse de doctorat nouveau régime à l'Université de Bourgogne à Dijon (France) en 1998. Depuis 2002, j’ai décidé de ne plus être indifférent à la vie politique de mon pays en m'engageant pour apporter sa modeste contribution au relèvement des grands défis auxquels celui-ci est confronté.

Vous êtes Président de l'Association Francophone des Académies Olympiques. Quel est l’intérêt pour la Centrafrique d’en faire partie?
Je suis très engagé dans les activités sportives et culturelles de mon pays. Les académies nationales olympiques en tant que branches intellectuelles des comités nationaux olympiques ont la responsabilité dans leur pays de diffuser, vulgariser et mener des activités de recherche sur les valeurs olympiques. Quand on connaît les effets bénéfiques de l'appropriation de ces valeurs universelles d'humanisme pour la relation sociale, la paix et le développement d'un pays, non seulement on comprendra l'intérêt pour un pays comme la République Centrafricaine d'appartenir à cette association qui est soutenue par le Comité National Olympique et Sportif Français et par l'Organisation Internationale de la Francophonie mais aussi, la fierté d'avoir un de ses fils hissé à la tête de la dite association.

 


© journaldebangui.com
Pr Clément Anicet Guiyama-Massogo, le Doyen
Vous êtes aussi enseignant à l’université de Bangui, comment conciliez-vous tout cela?
C'est une question très intéressante puisqu'on me reproche le plus souvent d'accorder plus de temps au sport et à la culture qu'à la recherche universitaire qui ne sont pourtant pas inconciliables. Je peux vous rassurer qu'il n'en est rien. Tout est question d'organisation et j'arrive en réalité à trouver le juste équilibre entre mes engagements dans les différents secteurs où je suis impliqué. Car, j'ai conscience de l'importance de chacune de ces activités

A quoi ressemble une de vos journées type?
Je me réveille habituellement très tôt, y compris les fins de semaine et j'arrive souvent au bureau entre 7h15 et 7h30 pour donner l'exemple de la ponctualité à mes collaborateurs. Je veille à la propreté de mon bureau et des bâtiments de la Faculté à laquelle je tiens particulièrement pour l'image de l'établissement. Je fais une séance de travail avec mon Vice Doyen et mon Secrétaire Général pour donner les orientations de la journée ou de la semaine. Je traite les dossiers et reçois les enseignants ou les chefs de département qui ont des préoccupations à exprimer. Je reçois aussi les membres du bureau de l'association des étudiants de la Faculté avec lesquels je travaille en étroite collaboration pour juguler les dérives qui ont porté un coup dur dans un passé récent à l'image de l'établissement et j'échange aussi avec eux régulièrement sur la préservation de leurs droits fondamentaux. Car, il est très important pour moi que la Faculté revienne au respect des textes et des normes académiques dans son fonctionnement. A cet effet, tous les organes consultatifs ou de délibération comme le Conseil Scientifique de Faculté, le Conseil de Gestion, le Conseil de Faculté et l'Assemblée Générale sont régulièrement convoqués pour statuer sur les grands problèmes de la Faculté afin que le Doyen n'ait pas à décider tout seul. J'accorde aussi une grande importance au respect des procédures administratives pour éviter les conflits inutiles de compétence.

Est-ce que vous êtes avec votre hiérarchie tous les jours?
Je monte au rectorat sur convocation urgente sur Recteur ou du Vice Recteur. Je représente l'Université à la réunion du comité thématique du Cinquantenaire de l'Indépendance du pays. Entre 13h et 13h30 je prends ma pause comme tous les fonctionnaires mais souvent dans mon bureau où j'ai pris un certain nombre de dispositions à cet effet. Sauf empêchement, je fais cours en licence ou maîtrise de philosophie de 14h à 16h. Après mon cours, je fais une réunion ou travaille au bureau et c'est souvent à 18h ou 19h que je regagne mon domicile.

 


© journaldebangui.com
Pr Clément Anicet Guiyama-Massogo, l'enseignant
Lors de l’événement de Toulouse vous avez parlé du civisme et de la citoyenneté. Cela a-t-il à voir avez l’actualité française?
Le thème de la conférence a été une commande du comité d'organisation. Je ne doute pas que cela ait un lien avec l'actualité française mais je l'ai perçu davantage en rapport avec les réalités africaines et notamment centrafricaines que je connais mieux.

Durant vos nombreux voyages, quel est le paysage qui vous a le plus marqué et pourquoi?
J'ai beaucoup voyagé, c'est sûr. Cela implique que j'ai vu plein de choses de toute nature. La plus marquante, c'est un kaléidoscope toujours en relation avec la vision du changement dans mon pays. Le fait est qu'au cours de ces nombreux voyages, c'est toujours à mon pays que je pense pour des raisons évidentes.

Un mot pour les autres participants des autres tables rondes?
C'est un honneur et un immense plaisir d'être dans une table ronde avec de valeureux fils du pays comme le Professeur Marcel Diki –Kidiri et je me réjouis de l'occasion qui m'est offerte de rencontrer mes compatriotes de la diaspora, y compris dans la perspective de leur apport à l'essor de ma faculté en imaginant qu'il y a parmi eux des anciens de cet établissement.

Est-ce que vous avez un avis sur les prochaines échéances électorales centrafricaines?
Je souhaite que les élections soient bien organisées pour préserver les acquis de la paix et de la relative stabilité dans le pays. Cependant, j'ai des appréhensions sur le respect du calendrier compte tenu de l'amateurisme de la Commission Electorale Indépendante.

Vous résidez en Centrafrique qu’est-ce que vous avez l’habitude de dire aux étudiants à qui vous donnez cours sur les sciences humaines et la marche du monde?
Une université par définition est tournée vers l'universel. Que ce soit dans les sciences humaines ou dans les sciences dures, c'est à ce but que nous tendons à travers les enseignements que nous dispensons à Bangui. Grâce aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, nous ne sommes plus tellement enclavés intellectuellement. Par conséquent, nous n'ignorons pas les grands enjeux de la marche du monde dont nous parlons aussi à nos étudiants, surtout pour ce qui me concerne en tant que spécialiste de philosophie politique.
 
MOTS CLES :  Olympique   Philosophie   Enseignant   Guiyama-massogo   Sports 

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  • Le professeur Clément Anicet Guiyama-Massogo est de la génération 1979 au lycée Bokassa avec les Francis NGANAWARA (plus connu), Christian NGOYOS, Julien BINI, Dieudonné NDJONGOMA (paix à son âme), Jonas GUEZEWANE-PIKI, Gilbert BANGA-FÔ, Nicole DAMARAS etc.
  • Pendant 8 ans il a été Chef de Service des Relations Extérieures à l'Université de Bangui
  • Il a occupé les fonctions de Directeur des Affaires Académiques et de la Coopération à l'Université de Bangui, d'Inspecteur Général de Philosophie avant sa nomination en avril dernier au poste de Doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines à l'Université de Bangui.
  • Il a été Secrétaire Général de la Fédération de Volley-ball puis de Basket-ball;
  • il est actuellement Secrétaire Général Adjoint du Comité National Olympique et Sportif Centrafricain (CNOSCA) et Président de l'Académie Nationale Olympique Centrafricaine (ANOCA).
  • Il a été élu en septembre 2009 à Beyrouth Président de l'Association Francophone des Académies Olympiques (AFAO).
  • Le professeur Guiyama-Massogo est marié et père de 5 enfants dont 4 garçons et 1 fille

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