DéBATS & OPINIONS  |     KIOSQUE  |    

Centrafrique: A quoi joue la CEEAC face à Bozizé

Par Séni Dabo / Le Pays - 07/01/2013

Depuis le 2 janvier dernier, le n°1 centrafricain a revêtu ses habits de général d’armée en reprenant les choses en main

 

Le chef de l’Etat centrafricain, François Bozizé, est désormais, avec ses homologues burkinabè et ivoirien, l’un des présidents africains qui cumulent le maroquin de la Défense nationale avec la fonction de premier magistrat de leur pays. Depuis le 2 janvier dernier, le n°1 centrafricain a limogé son fils, Jean-Francis Bozizé, de son poste de ministre délégué à la Défense et revêtu ses habits de général d’armée en reprenant les choses en main. Rébellion de la Séléka oblige, François Bozizé a été obligé de faire ce ménage et de monter ainsi en première ligne devant la Blitzkrieg des croquants en armes qui ont conquis, avec une facilité déconcertante, des localités de la Centrafrique. N’eût été le coup de semonce de la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC), la capitale Bangui serait tombée aujourd’hui comme un fruit mûr. Et Bozizé n’aurait pas eu le temps de limoger qui que ce soit comme il l’a lui-même reconnu dans son discours de fin d’année à la nation dans lequel il a remonté les bretelles des Forces armées centrafricaines (FACA). Si Bozizé est toujours dans son fauteuil, il doit une fière chandelle à Idriss Déby Itno du Tchad qui a dépêché des troupes et, d’une manière générale, à la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC).

 


On s'interroge!
Non seulement l’organisation sous-régionale a réussi à stopper la progression des rebelles sur le terrain à travers la FOMAC, mais elle a pu aussi convaincre la Séléka de s’asseoir autour d’une table de discussion avec François Bozizé. La toute première prise de contact dans ce cadre est prévue, en principe, pour le 10 janvier prochain à Libreville au Gabon. On ne peut donc pas dire que la CEEAC n’a pas joué son rôle. Elle a même fait ce que l’on était en droit d’attendre d’elle. Toutefois, on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur certains des actes qu’elle pose dans la résolution de cette crise. Le premier des actes est le coup de semonce donné aux rebelles en faisant de la ville de Damara, le dernier verrou avant Bangui, une ligne rouge à ne pas franchir. Certes, l’interdiction concerne à la fois les rebelles ainsi que les FACA, mais beaucoup plus les premiers à qui les premiers responsables de la FOMAC font clairement savoir que le franchissement de cette ligne Maginot serait synonyme de guerre déclarée à tous les pays de la CEEAC. A l’évidence, l’organisation sous-régionale a un parti pris pour François Bozizé, si fait que l’interposition dont se prévaut sa force armée est, en fait, une carapace offerte à l’ancien rebelle devenu aujourd’hui chef de l’Etat. C’est à se demander à quel jeu joue la CEEAC : protège-t-elle le pouvoir de Bozizé ou veut-elle aider la République centrafricaine à sortir définitivement du cercle vicieux des crises et des rébellions ?

On comprend l’embarras des chefs d’Etat de la région face à la tentative de renversement de l’un des leurs arrivé au pouvoir par des voies contestables et qui s’y maintient avec des méthodes peu recommandables. Cependant, l’organisation régionale doit éviter de voler au secours du seul Bozizé qui, de par sa gouvernance, son musellement de l’opposition, a volontairement fait le lit de l’actuelle rébellion. S’interposer et faire de la médiation dans ces conditions, sans le lui faire savoir, c’est lui donner un quitus et l’encourager à persévérer dans son autocratie et son déni de la démocratie. Et, plus grave, on fait un mauvais usage de la solidarité en sauvant la mise à des chefs d’Etat qui se prévalent de leur légitimité, sujette à caution la plupart du temps, pour malmener leur peuple. C’est oublier que l’on n’est pas élu pour faire souffrir son peuple mais, au contraire, pour œuvrer à son bien-être. En somme, la CEEAC doit aussi s’imposer une ligne rouge en évitant de prendre fait et cause aveuglement pour Bozizé. C’est la condition pour une solution définitive et durable à cette énième rébellion dans l’ancien Oubangui-Chari.

 

 
MOTS CLES :

5 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

LA CEEAC joue franc jeu pas la FRANCE

Par Kota Likongo

07/01/2013 15:55

Monsieur SENI DABO , à mon avis la CEEAC a joué franc jeu en prenant partie pour le peuple cantrafricain que la France voulait voir tué par la SELEKA qu'elle soutient ouvertement à travers ses medias ( RFI, France24 et autres). comme voulez vous que la CEEAC soutiennent des gens sans foi qui, pour des intérêts égoîstes, prennent des armes pour venir destabiliser notre pays. ils ont brulé des gens à Kaga Bandoro, égorgé un gendarme à NDélé, détruits les structures économique des zones sous contrôle et ça la RFI , France 24 n'en parlent pas mais distiller les fausses informations : OUI! pour exemple Eric Massi a affirmé que l'ensemble du territoire est sous son contrôle execpté Bangui, alors que les grandes villes comme Bouar, Berberati, Bossangoa, Bozoum, Boda, M'baîki sont non prises mais France 24 a quand même publié ce mensonge de Massi. Monsieur, le peuple centrafricain dit non non non non non à cette rébellion. si la France insiste, il y'aura un autre "BIaffra" comme à lépoque de Bernard Kouchner et Foccart. nous amenerons un jour la désolation à la tour eiffel.

La CEEAC a fait preuve du Panafricanisme ideal! Bravo!!!

Par Le Juif Noir

08/01/2013 14:32

La CEEAC a fait preuve du Panafricanisme idéal et excellent ! Les guerres et la destruction ont emmené des gens à dire que l’Afrique n’a intégré la civilisation ou la mondialisation je ne sais quoi. Alors cet acte qu’a posé la CEEAC est monumental et appréciable il s’agit de la vie de toute une population innocente qui a tant souffert face à une force Djihadistes sous couvert des fils des anciens officiers qui accusent sans preuves et cherchent vengeance en prenant toute la population en otage !! La CEEAC a fait une grande intervention en Centrafrique comme les forces de maintien de la paix des nations unies !!! BRAVO! PAIX EN CENTRAFRIQUE RIEN QUE LA PAIX

reactions

Par kotoko

09/01/2013 04:58

Je ne sais pas ce que ce monsieur de Seni Dabi pense des nouvelles de violations graves des droits de l'homme par ses amis de Seleka: les medias viennent de rapporter les tueries froides des innocents dans les villes sous le controle des rebelles. Qu'est-ce que cette journaliste a fait pour le president Bozize pour se faire tuer gratuitement. Personne ne sait exactement le degre du mal que Seleka a fait et continue de faire aux populations des regions occupees. On verra demain quand Seni Dabi pourra se tenir debout pour defendre ses amis rebelles au tribunal.

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués