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Centrafrique: la rébellion menace d'entrer dans Bangui

Par AFP - 31/12/2012

Elle veut s'assurer la mise en œuvre, des promesses du président Bozizé tout en promettant de la retenue sur le terrain

 

La coalition rebelle centrafricaine du Séléka, désormais aux portes de Bangui a menacé à nouveau lundi de rentrer dans la capitale, accusant le pouvoir d'exactions sur les populations civiles et les proches de la rébellion. Nous en appelons aux forces africaines de maintien de la paix pour qu'elles interviennent immédiatement dans la capitale pour faire cesser les exactions et assassinats de prisonniers, ou qu'elles ne nous empêchent pas de le faire, a déclaré dans un entretien téléphonique le porte parole du Séléka Eric Massi, qui a accueilli avec prudence dimanche les promesses du président François Bozizé qui a proposé un gouvernement d'union nationale et de quitter son poste à la fin de son mandat en 2016.

 


© AFP
Les rebelles filent-ils vers Bangui?
Rejet de la main tendue
La coalition rebelle centrafricaine Séléka accuse le président de ruse et rejette l’offre de dialogue pour sortir de l’impasse, mais se dit favorables à l’appel au cessez-le-feu du président béninois Thomas Boni Yayi dimanche à Bangui. «Nous demandons à M. Boni Yayi de dire à M. Bozizé de laisser le pouvoir sans conditions, pour éviter le bain de sang. Ce n’est pas aujourd’hui qu’il demande ce dialogue. Ces derniers temps, il a envoyé ses éléments dans les quartiers à Bangui pour kidnapper les gens et les emmener dans des destinations inconnues», a déclaré dans un entretien téléphonique le colonel Michel Narkoyo, un des porte-parole de la rébellion. Dans un entretien accordé à France 24, le porte-parole du Séléka à Paris, Eric Massi, a réservé sa réponse, accusant le gouvernement de Bangui de commettre des "exactions" à leur endroit et, notamment, d'avoir arrêté des membres des familles et de les avoir emmenés vers des destinations inconnues. Assurant que "l'ensemble du territoire national est sécurisé", Eric Massi a dit suspendre l'entrée de la rébellion dans Bangui à des "garanties concrètes de la part du président Bozizé". La coalition hétéroclite de trois groupes armés reproche au président de ne pas avoir respecté les termes d'un accord datant de 2007 et prévoyant que les rebelles ayant déposé les armes soient indemnisés.

Composée selon ses dirigeants de 4.600 combattants issus de quatre mouvements dont l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) de Michel Am Nondokro Djotodia, son chef de file, la Convention patriotique pour la justice et la paix (CPJP) de Nourredine Adam, le Front démocratique pour le peuple centrafricain (FDPC) d’Abdoulaye Miskine et de CPJP fondamentale d’Abdoulaye Hissène, cette organisation a fait son apparition le 10 décembre. Elle exige le départ du pouvoir du président Bozizé, dont il conteste la réélection lors de la présidentielle de janvier 2011 jugée truquée. «Nous demandons la volonté du président Bozizé d’accepter tout ce qu’on a posé comme conditions. Sinon, nous allons descendre sur Bangui», a réaffirmé Narkoyo. Le responsable militaire rebelle s’est en revanche déclaré favorable à l’appel à la cessation des hostilités et aux pourparlers de paix du chef de l’Etat béninois Thomas Boni Yayi, président en exercice de l’Union africaine (UA), qui a effectué une visite dimanche à Bangui où il a rencontré, en compagnie de l’ex-président burundais Pierre Buyoya, le leader centrafricain et son gouvernement. D’après la rébellion, le contact direct n’a pour l’instant pas été établi avec les autorités de Bangui. Elle annonce l’arrivée d’une mission des Nations Unies lundi à Bria, à quelque 600 km au Nord de Bangui, pour une rencontre avec ses dirigeants.

Critiques d'un opposant
Les promesses du président Bozizé, dimanche, à l’issue de la visite du président de l’Union africaines, ont aussi été mises en doute lundi par le principal opposant centrafricain, Martin Ziguélé. Le chef de l'Etat "fait des promesses et ne les tient pas", a déclaré l'ancien Premier ministre, candidat malheureux contre le président Bozizé à la présidentielle en 2005 et 2011. "En 2003 (après sa prise du pouvoir par la force), il (Bozizé) avait dit qu'il n'était pas venu pour rester et il s'est présenté (à la présidence) en 2005. Lors du DPI (Dialogue politique inclusif en 2008, rassemblant pouvoir rebelles et opposition), il a fait des promesses non tenues. Il y a un problème de crédibilité", a-t-il expliqué. Quant au gouvernement d'union nationale proposé par le président, M. Ziguélé estime que "le débat n'est pas là." "L'heure n'est pas à la distribution de postes. Il faut revoir les structures de la gouvernance, il faut des solutions structurantes aux grands problèmes de gouvernance. Il faut un dialogue", a-t-il dit.

Une révolution de palais à Bangui
Le ministre centrafricain de l'Administration territoriale quand à lui, a mis en garde contre le risque d'une révolution de palais à Bangui si la pression internationale s'exerçait uniquement sur le président François Bozizé dans la crise qui l'oppose aux rebelles du Séléka. Le président a fait des concessions, il a donné tous les gages mais il ne faut pas que la pression soit unilatérale. Les rebelles pillent, tuent et exigent, a affirmé José Binoua. La pression unilatérale créé une «rigidité» des gens du régime. Leurs postes vont être par terre, cela peut entraîner une révolution de palais, a-t-il prévenu. Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Ici, le bébé c'est l'ordre constitutionnel, a ajouté le ministre, soulignant que le président Bozizé en était le représentant. La France, ex puissance coloniale, a refusé d'intervenir pour soutenir le régime malgré un appel à l'aide du président Bozizé. Elle a positionné près de 600 soldats à Bangui pour assurer la sécurité de ses ressortissants en Centrafrique.

 

 
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