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Centrafrique: existe-t-il un sentiment anti-français?

Par AFP - 31/12/2012

Le sentiment anti-tricolore a connu une brusque montée symbolisée par le caillassage de l'ambassade de France à Bangui le 26 décembre

 

Les jets de pierre sur l'ambassade sont survenus 15 jours après le début de l'offensive rebelle Séléka dans le nord, deux jours après la prise de Bambari, considérée comme une place forte. "L'idée était de susciter une intervention française", analyse Ulrich Maglos, un éleveur francophile à Bangui. "Avant, il n'y avait pas ce sentiment. Les gens ont été instrumentalisés par le pouvoir qui ne comprend pas que la France n'intervienne pas comme par le passé", estime un ressortissant français proche du dossier. "Il n'y a pas de sentiment anti-français", s'énerve le principal opposant centrafricain Martin Ziguélé. "Nous n'avons aucun intérêt ni à court ou long terme à développer un sentiment anti français, américain ou occidental". "[i Il y a une manipulation. On dit: ‘La France veut prendre, l'or, les diamants, l'uranium’ et ça marche", analyse un opposant sous couvert de l'anonymat.

 


© cap
Base d'un détachement français à Bangui
Depuis, le président Bozizé a fait machine arrière, s'excusant auprès de Paris et demandant dimanche de manière humble à rencontrer M. Hollande. Des hauts fonctionnaires multiplient aussi les propos apaisants à l'égard de la France. Le ministre de l'Administration territoriale José Binoua, qui a la double nationalité centrafricaine et française, s'insurge des accusations de manipulation. "Le président s'est étonné de la passivité de la France mais de là à dire que c'est le gouvernement qui pousse...". Pour lui, la récente poussée anti-française est due au porte-parole du Séléka, Eric Neris Massi, beau-fils du créateur d'une des factions de la rébellion Charles Massi, donné pour mort par sa famille. "Eric Neris, qui se donne le nom de Massi, de nationalité française, ne jouit pas de la nationalité centrafricaine", lance M. Binoua. "Pour la population centrafricaine, un Français comme Eric Neris se mêle de l'affaire d'un pays qui ne le regarde pas". Le ministre nuance l'importance à accorder aux derniers développements: "le sentiment anti-francais est récurrent dans tous les pays colonisés. Dès que ça va mal, on se tourne vers le papa ou la maman qui s'appelle France". "C'est instinctif: la France, c'est l'ennemie, l'amie, c'est la maman le papa", pense-t-il, 34 ans après le renversement avec l'aide de la France du plus célèbre des Centrafricains, ‘l'empereur’ Jean-Bedel Bokassa, qui appelait le général de Gaulle ‘papa’.

 

Des militaires français supplémentaires
Le ministère de la Défense a indiqué aujourd'hui que 180 militaires français supplémentaires étaient arrivés à Bangui en Centrafrique. Ces hommes sont dépêchés depuis le Gabon. Il s'agit "d'avoir sur place un dispositif permettant de faire face à toute évolution de la situation et le cas échéant d'assurer la sécurité des nos ressortissants", a déclaré le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des Armées. Samedi, il avait été annoncé que 150 militaires étaient venus renforcer la présence française sur place. Désormais, 580 soldats français sont présents à Bangui. Sur le terrain, la ville a été placée sous couvre-feu. Les rebelles du Séléka pourraient entrer dans la capitale très bientôt. Toutefois, le président centrafricain François Bozizé s'est déclaré prêt à former un gouvernement de coalition avec les rebelles et a accepté le principe de pourparlers de paix au Gabon sans conditions préalables. Le chef de l'Etat a ajouté qu'il ne briguerait pas en 2016 un nouveau mandat à la tête de la RCA. Il a tenu ces propos devant la presse à l'issue d'un entretien à Bangui avec son homologue béninois, Thomas Yayi Boni, par ailleurs président en exercice de l'Union africaine.
 
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