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Chronique: Qui va sauver Bozizé?

Par Abdou Karim Sawadogo, L'Observateur Paalga - 27/12/2012

En déroute, François Bozizé compte sur l'intervention de l'armée tchadienne pour reprendre le dessus

 

Cinq ans après les premiers accords de paix, les rebelles du nord de la Centrafrique ont repris les armes contre le général-président, François Bozizé. Les rebelles marchent sur la capitale. Depuis quelque temps, François Bozizé doit être en train de lire et de relire la Bible sous toutes ses coutures. Le pasteur évangélique qu’il est, qui troque souvent son costume de chef d’Etat contre celui de ministre du culte, doit sans doute y retrouver le réconfort dont il a besoin. Bozizé doit, aussi, bien se demander si cette mise en garde de Jésus à un de ses disciples dans l’évangile de Matthieu 26 - v52: "Remets ton épée à sa place; car tous ceux qui prendront l'épée périront par l'épée" ne va pas s’appliquer à lui.

 


© cap
Le président Bozizé est aussi pasteur évangélique
En effet, le général va-t-il partir par les mêmes moyens que ceux par lesquels il est venu au pouvoir? Pour rappel, c’est le 15 mars 2003 qu’il a pris le pouvoir, par les armes, avec l’appui du président tchadien, Idriss Déby; malheureusement, il n’aura pas le temps de s’attaquer au vrai défi du développement, occupé qu’il est à gérer les multiples rébellions et mutineries qui ont fini par ravager le tissu économique de ce pays aux immenses ressources naturelles. Il y a de cela deux ans, les troupes tchadiennes ont dû déloger les rebelles de Birao (nord de la Centrafrique) pour sauver le tombeur de Patassé [1993-2003]. Cette année encore, le voici confronté à la coalition Séléka [alliance en langue songo], qui regroupe plusieurs rébellions revendiquant notamment le "respect" des différents accords de paix signés entre 2007 et 2011, prévoyant un processus de désarmement et de réinsertion des anciens combattants.

Ouvrir des négociations avec les rebelles
Quelque deux semaines d’hostilités ont suffi à inquiéter le régime de Bangui, qui a dû faire appel de nouveau à son voisin du Nord pour sauver les meubles. Face aux loyalistes, qui ne font visiblement pas le poids, les rebelles ont fait une percée significative, provoquant ainsi un sommet des chefs d’Etats de la communauté des Etats d’Afrique centrale (CEMAC) à N’Djamena, capitale du Tchad, vendredi 20 décembre. Ces derniers n'ont pas eu d’autres choix que de demander au pouvoir en difficulté d’engager des négociations avec les insurgés tout en demandant "le retrait des rebelles à leur position de départ dans un délai n’excédant pas une semaine", comme le veut Bangui. Qu’à cela ne tienne, les assaillants, qui avaient promis de geler leurs opérations pour favoriser les négociations, sont passés à l’offensive samedi en s’emparant en trois jours de trois nouvelles villes. On a l’impression que l’histoire repasse les plats dans cette Centrafrique, car ce dont on accuse Bozizé, c’est ce qu’il reprochait à celui qu’il a déposé sans coup férir.

Une fois le pouvoir acquis, il s’est lancé dans son exercice solitaire, et il doit être de ceux qui pensent qu’il faut se scotcher au fauteuil. Ceux qu’il faut plaindre, ce sont les civils pris entre deux feux avec le drame humanitaire qui pourrait s’en suivre si les hostilités devaient continuer. Bozizé ou ses adversaires du moment, c’est blanc bonnet, bonnet blanc. L'expérience a montré que ceux qui aspirent au pouvoir deviennent allègrement de véritables fossoyeurs des idées qu’ils défendaient bec et ongles. Espérons que le président pasteur fera sienne cette sagesse de Salomon dans Ecclésiaste 3, qui dit qu’il y a un temps pour toute chose sous le soleil, pour ne pas ramer à contre-courant de l’histoire au détriment de son peuple.

 

 
MOTS CLES :  Prière   Séléka   Bozizé   Armée Tchad 

3 COMMENTAIRES

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Message au Présdident

Par alpha

28/12/2012 18:21

depuis le 15 Mars 2003 il est tombé sur Bangui des orages de désillusions, nous fûmes nombreux à croire au général Président, j'ai gardé du reste d'excellentes et amicales relations avec le Président Bozize jusqu'à la mort de mon ami Demba, un libérateur philanthrope, utopiste, idéaliste qui a donné sa vie à la R.C.A pour une messe... de souvenir.Nous avons oeuvré pour que le " Kotazo" soit un véritable libérateur pour que la Centre Afrique croit en elle et à ses dirigeants. Autant Icare avait décollé avant de ne se brûler les ailes, autant la Centre Afrique va une fois de plus s'abîmer dans l'océan du nihilisme, sans que les ailes de l'ambition n 'aient pu porter quelques espoirs. C'est un requiem de plus et pourtant Président rappelez vous nous en avons quelques fois discuté ... il y avait des choses à faire. Président si vous lisez cet article, sachez que des solutions existent pour que le calme et la prospérité du petit Paris revienne, mais l'horloge tourne et le temps n'est pas votre allié!
Bien à vous . Alpha

Bozizé partis ok

Par KIKO

29/12/2012 14:18

Que Bozizé quitte le pouvoir celas ne fais plus de doute mais qui va le renplacé car il se dit au chateau que personne en centrafrique n'a de programme pour le remplacé(lire dans le journal le monde 29/12/2012)en un mots il n'y a pas de centrafricain capable et assez intéligent pour gouverné donc le sort des centrafricain est remis entre les main du congo et du tchad de grand pays reconnus mondialement pour l'incopetence de se qui les gouverne alors pensé-vous homme et femme de la centrafrique que votre avenir est en dans de bonne main la centrafrique mérite mieux en se qui conserne la france si la nomination du président francais devais se faire en allemangne pensé-vous que françois Hollande serais devenus président si pour une fois on donnais la parole au intéréssé le peuple se mots qui fais si peur cette masses que l'on préfaire muselé ou massacré car sa parole nous rapels notre indignité

Vocabulaires disparus

Par Kota Likongo

09/01/2013 12:26

Je veux seulement rappeler ici que dépuis BOZIZE est venu au pouvoir certains vocabulaires ont disparus des lèvres de fonctionnaires tels que : Arrirés des salaires, chômage chronique des jeunes, année blanche. c'est vrai, BOZIZE n'est pas un ange mais le peuple ne s'implique pas dans des arguments politiques, pour lui, c'est ce qui se passe dans sa vie qui est intéressante. beaucoup de choses ont changé positivement. franchement, nos politiciens sont trop mesquins et ne pensent qu' au pouvoir mais à la situation du peulple. Monsieur SAWADOGO, à votre question, je réponds : " LE PEUPLE SAUVERA SON INTERET incarné par BOZIZE, actuellement.

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