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A propos du Conseil Supérieur des Centrafricains de l’Etranger

Par Roger Andjalandji, Paris - 26/12/2012

«Le discours politique du 13/08/2012 à l’hôtel Hilton Roissy ne peut fonder une quelconque légitimité au groupe autoproclamé»

 

Par le biais de procédés peu orthodoxes, un groupe de Centrafricains constitué sur commande se sont réunis dans les locaux de l’ambassade à Paris le 08 Septembre 2012 et le 06 octobre 2012 pour donner naissance à un «conseil supérieur des centrafricains de l’étranger» qui ressemble étrangement à un appendice du KNK. Le prétexte retenu pour justifier cette démarche serait de donner un cadre «aux attentes les plus pressantes pour un sursaut patriotique fort des Centrafricains de l’extérieur en direction de leur pays». Un prétexte qui cache difficilement l’agenda caché des initiateurs. Or, un minimum de sérieux serait d’introduire, préalablement à la création, plusieurs phases constitutives qui auraient donné l’occasion aux Centrafricains dans leur diversité et aux différentes associations Centrafricaines de débattre du choix, du format, du mode de fonctionnement et de l’opportunité de mettre en place un organe représentatif et indépendant des pouvoirs publics. Le discours politique du 13/08/2012 à l’hôtel Hilton Roissy ne peut fonder une quelconque légitimité au groupe qui s’est autoproclamé bureau du Conseil Supérieur des Centrafricains de l’Etranger.

 


© journaldebangui.com
Une vue des Centrafricains présents lors de la rencontre du 13/08/2012 à l’hôtel Hilton Roissy
En 2005 déjà, la commission politique et diplomatie du Dialogue National dans son rapport final avait fait une recommandation relative à la création d’un Conseil Supérieur du Centrafricain de l’étranger en considérant que la communauté centrafricaine établie hors du territoire national, de par ses ressources humaines et financières, peut et doit contribuer au développement du pays. Ainsi, la légitimité de tout organe supérieur des Centrafricains de l’extérieur à porter la défense des intérêts de la diaspora dans la perspective d’une meilleure implication de celle-ci dans la mise en œuvre des projets d’investissement et le partage des responsabilités dans la lutte contre la pauvreté dans notre pays repose uniquement sur une adhésion massive des différentes composantes de cette forte communauté.

La diaspora Centrafricaine n’est pas monolithique, elle ne se limite pas à la France, elle est diverse et diversifiée et est le résultat de plusieurs facteurs d’ordre politique et économique. Avec un flux migratoire qui s’établi à 0,05% de la population, rapporté à 5.000.000 d’habitants, on peut estimer à environ 1.900 personnes qui quittent chaque année le pays pour s’installer hors du territoire national en Afrique, Europe et Amérique. C’est dire que la diaspora Centrafricaine est non négligeable et mettre en place une structure de suivi de sa situation demande un peu plus d’ingéniosité qu’une petite réunion de douze personnes. Dès lors la question de l’agenda caché de l’initiatrice de cette démarche se pose et doit être suivie avec beaucoup d’attention.

 

 
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