INTERVIEW  |    

Centrafrique: Les rebelles peuvent-ils renverser Bozizé?

Par Christophe Rigaud-Afrikarabia - 20/12/2012

Le site «Afrikarabia» a interviewé Jean-Paul Bagaza, porte-parole de la coalition Séléka en France

 

Les rebelles de la coalition Séléka menacent de renverser le président François Bozizé, en exigeant le respect des accords de paix signés en 2007. Après avoir fait tomber les villes de Ndélé, Bria et Kabo, les rebelles sont maintenant à 450 km de la capitale. La rébellion affirme être en mesure de prendre Bangui et demande au président tchadien, venu à la rescousse de François Bozizé, de "revenir à la raison" et de servir de médiateur.

Quelles sont les revendications de votre coalition?
Nous souhaitons simplement que le président Bozizé respecte les accords signés à Libreville en 2007. Il y avait deux points essentiels: le désarmement et l'insertion dans l'armée centrafricaine de tous les anciens belligérants. Nous souhaitons maintenant insérer dans cette négociation de nouveaux éléments, comme l'instauration de la démocratie, le respect des droits de l'homme ainsi que le respect de notre constitution. Le président Bozizé a l'intention de modifier la constitution afin de pouvoir se représenter en 2016.

 


© banacongo
La capitale Bangui reste sous contrôle
Est-ce que vous demandez le départ de François Bozizé du pouvoir?
Jean-Paul Bagaza : Pour le moment nous ne demandons pas son départ. Ce n'est pas l'objectif de la rébellion. L'objectif de notre rébellion est le respect des accords de 2007. Il y a un mois, le président Idriss Déby du Tchad avait lui-même appelé François Bozizé à rassembler toutes les forces politiques du pays, mais il n'en a rien fait. Au lieu de tenir ses engagements, le président Bozizé a simplement procédé au débauchage de certains leaders rebelles. Il les a payé en oubliant les troupes… Et ce que nous vivons aujourd'hui, ce sont les conséquences de cette non-application des accords de 2007. François Bozizé ne tient pas parole.

Le président Bozizé a demandé l'aide militaire du Tchad. Pour quelles raisons?
Le président Idriss Déby a été mal informé par le président Bozizé. François Bozizé lui a menti en expliquant que la rébellion, qui sévit en Centrafrique, est une rébellion "de la France" et "de François Hollande". Bozizé a dit à Déby que la France voulait le renverser et que le régime tchadien serait ensuite le prochain sur la liste à tomber. C'est ce qui a précipité la décision d'Idriss Déby à dépêcher une centaine de chars afin de nous empêcher d'avancer vers Bangui. Nous avons donc demandé au président Déby de revenir à la raison et nous l'avons même sollicité pour devenir médiateur dans cette affaire. Nous lui avons expliqué que la France ne nous soutient pas et que nous sommes une rébellion interne à la Centrafrique. Comme en 2010, Bozizé essaie de sauver son régime avec une intervention tchadienne, mais aujourd'hui, la donne a changé.

La population soutient-elle votre rébellion?
La population centrafricaine ne veut plus de Bozizé. C'est quelqu'un qui ne voit que son intérêt personnel et celui de son camp. Aujourd'hui, notre rébellion est soutenue par la population centrafricaine.

A combien de kilomètres de la capitale se trouve votre rébellion et quelles sont vos chances d'arriver jusqu'à Bangui?
Nos hommes sont à environ 450 km de Bangui. Mais à l'heure où je vous parle (20h mercredi 19 décembre, ndlr), nos hommes ont déjà infiltré la capitale. Il y a eu des tirs d'armes automatiques au niveau de l'aéroport. Il faut bien constater que l'armée centrafricaine (FACA, ndlr) n'existe pas. Il faut savoir aussi que depuis 2003, ce sont les forces tchadiennes qui constituent la garde rapprochée du président Bozizé.

Est-ce que selon vous, François Bozizé contrôle toujours la situation dans la capitale?
Bozizé n'a plus le contrôle de la capitale. Son propre chef d'Etat major a fui. Bozizé avait fait ses valises et voulait se réfugier à Ndjamena, avant l'intervention de l'armée tchadienne. A Bangui, c'est la panique totale. Tout le monde sait que Bozizé va tomber. Même les FACA disent qu'ils ne mourront pas pour quelqu'un qui ne tient pas compte de leur situation sociale. Certaines villes sont tombées sans résistance. Pour preuve, la rébellion n'a perdu aucun homme sur le terrain. Côté gouvernemental, il y a eu 14 morts et nous avons fait une centaine de prisonniers.

 

 
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3 COMMENTAIRES

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Ces rebels sont des veritables enemies de la paix, de la democratie et du peuple. Ce sont des criminels qu'il faut eradiquer avec force

Par Le Juif Noir

21/12/2012 14:16

Ces criminels de rebels sont des ennemies de la paix ce, des ennemies de la democratie et enfin des ennemies de tout le peuple Centrafricain.
QUELLE REBELLION EN CE SIECLE DE MONDIALISATION !!!!
Que ceux qui croient procéder aux crimes odieux du peuple sachent qu’ils vont pourrir un jour dans les quatres mures de la justice. Notre observatoire des droits de l’homme va faire son travail en commun accord avec le Tribunal Pénal Internationale.
Par ailleurs ceux qui gênent la tranquille gouvernance sachent qu’ ils constituent un blocage de toutes sortes de progrès chez nous ! et nous les laisseront jamais arriver ou rentrer dans le gouvernement.
Qu’ils sachent que nous en avons assez marre si notre génération (la jeunesse actuelle) arrive au pouvoir nous ne négocieront jamais avec des criminels de rebels.
Entre temps nous demandons au président de la République de chasser ces malfrats qui ne sont même pas des Centrafricains de souche ! Que le haut commandement de l’ armée mettent tout en œuvre pour mettre la main sur les meneurs de la destruction de notre pays et des crimes contre notre paisible peuple..

La coupe est pleine

Par Tongolo

22/12/2012 01:20

RAS LE BOL...
Centrafricain, tu es le seul à notre siècle à dormir sur ton laurier en espérant que ta délivrance tombera du ciel. L’immaturité, l'amateurisme et l’inexpérience de ta classe politique centrafricaine d'une part et la passivité de la communauté internationale d'autre part, à apporter un remède approprié à l'infection gangreneuse qui corrompt et paralyse le pays - doit t'interpeller à prendre en main ta destinée.
Je suis d'autant sidéré et stupéfait devant le mutisme de toute la classe politique centrafricaine dans son ensemble qui semble se réjouir de la souffrance des habitants dans les localités attaquées par les groupes armés. Prendre les armes et créer un groupe armé est la tendance de nos jours dans les pays pauvres comme le notre, un moyen légal de rentrer en politique pour "bouffer". Ce comportement décrédibilise toute la classe politique centrafricaine.
Quand votre interview relate que l'une des causes de la rébellion est
a) "le non respect des accords de 2007 signés"......pour leur auto-satisfaction et non pour une cause nationale.
b) "le débauchage de leurs leaders".....Pendant que les diplômés chôment et n'arrivent pas a avoir du boulot, les brigands de grands chemins font cracher les armes, tuent, pillent et se font octroyer des grands postes avec des avantages époustouflants dont ils n'ont aucune compétence.
c) "Il les a payer en oubliant les troupes"...cela veut bien dire qu'ils prennent les villageois en otage et demandent de rançon.
Je suis scandalisé quand on fait entrer dans l'appareil de l'Etat les chefs et l’état major des brigands de grands chemins qui ont perpétré des séries des massacres contre la population civile qui vivent déjà la souffrance au quotidien laquelle ne s'intéresse ni de près ni de loin à la politique.
Se rebeller c'est bien, mais tromper de cible c'est inexcusable.
Nouer des accords et signer de pacte avec le diable pour prendre le pouvoir par n'importe quel moyen à toujours une fin désastreuse. Telle est la leçon que doit retenir tout aventurier.
Tout ça est pathétique et doit s’arrêter - Le Président BOZIZE est tenu responsable avec tout son staff et devra répondre le jour J.

Pour ce fait, nous devons initier des lois contre ce genre de dérive à savoir.

1/ Le chef de l'Etat ne doit exclure personne du dialogue parlementaire à défaut, il est tenu personnellement responsable du K.O

2/ Tout individu créant, un groupe armé est vu comme un crime contre la nation est doit être disqualifié à faire de la politique avec un mandat d’arrêt international.

3/ Aucun armistice ou accord de paix ne doit être signé avec un groupe armé ou leurs chefs qui doivent être mis s'il le faut, hors d’état de nuire pour protéger la population dans l’arrière pays.

mesquinerie de la SELEKA

Par Kota Likongo

07/01/2013 15:16

Je soutiens ici ce que vient de dire le compatriote tongolo, les gens , pour des raisons égoîste et la manipulation de l'ancienne puissance coloniale, prennnent les armes pour tuer les centrafricains et les opposants semblent soutenir cela. ce qui passe n'est pas un problème de KNK ou de BOZIZE, il en va de la souveraineté de notre pays et de la défenses de nos richasses, nous devons nous lever comme un seul homme et dire non à ceux qui viennent ajouter encore sur notre souffrance. on en a marre, nous allons nous battre, avec tous les moyens pour qur la RCA soit un havre de paix où il fait bon vivre : NOUS NE SOUTENONS PLUS DES REBELLIONS

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