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ANC: Jacob Zuma réélu pour 5 ans à la tête du parti

Par Alain Georges Lietbouo - 19/12/2012

A l’issue de l’assemblée générale du Congrès national africain (ANC) tenue à Mangaung, il été reconduit pour ce second bail sur fond de polémiques

 

Jacob Zuma est pratiquement sûr de pouvoir diriger la nation la plus puissante d’Afrique à l’issue des prochaines élections générales de 2014. Au cours d’un scrutin sans véritable suspens, il a remporté les ¾ des votes des 4000 délégués de l’ANC réunis lors du Congrès de Mangaung. Il a ainsi largement dominé Kgalema Mothlante, actuel vice président Sud-Africain. L’ANC remporte encore deux tiers des voix aux élections nationales et Jacob Zuma s’est assuré à Mangaung un second mandat pour la présidence de la République sud-africaine. Kgalema Mothlante, le vice-président du gouvernement qui s’était présenté contre lui, va être acculé à la démission. Ses supporteurs déçus ont décidé d’être pragmatiques. Nous allons maintenant soutenir Jacob Zuma pour sauvegarder l’unité du parti, assure une militante, Portia Nomava sur express.fr

 


© AFP
Jacob Zuma, président de l'Afrique du Sud
Des dirigeants déconnectés de la base du parti
Ces derniers mois, la vie politique a été rythmée par les scandales de corruption. Jacob Zuma a été très critiqué à la suite de, la rénovation de sa résidence de Nklanda, son village natal, aux frais des contribuables pour la somme de 20 millions d’euros. Il est de plus en plus contesté pour ne pas servir les intérêts des plus pauvres, alors que 52 % de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté. Au sein de l’ANC, sous sa présidence, le clientélisme et le populisme sont aussi devenus des pratiques courantes. L’élite politique, qui s’est rapidement enrichie depuis la fin de l’apartheid, apparaît de plus en plus déconnectée de la base du parti. Le soutien accordé à Jacob Zuma à la conférence de Mangaung est fragile. Il y a de nombreux militants de l’ANC dans leur province qui ne partagent pas le même enthousiasme que les délégués qui ont voté, commente l’analyste politique Daniel Silke à l’express.fr. Il y a de fortes tensions au sein de l’ANC sur le plan idéologique. Il est sous pression pour commencer à mettre en place de meilleures politiques publiques en termes d’éducation, de santé et de création d’emplois.

Un Vice-président sujet à polémique
Le nouveau numéro deux de l'ANC, le richissime Ramaphosa, 60 ans, avait été une figure du syndicalisme sud-africain avant la chute de l'apartheid. Il avait vainement tenté de se positionner à la fin des années 1990 pour succéder à Nelson Mandela, le premier président noir du pays. Mais minoritaire au sein de l'ANC, il s'était tourné vers les affaires, où il a brillamment réussi. Il siège notamment au Conseil d'administration du groupe minier Lonmin, qui exploite le site de Marikana, siège du massacre de 34 grévistes par la police en août. Sa nomination a été accueillie avec prudence par les milieux d'affaires: ce que nous pourrions avoir, c'est un mieux en matière de relations publiques et une voix favorable aux investissements de plus au gouvernement, mais peu de changement sur le terrain, prédit Peter Attard Montalto, analyste chez Nomura.

 

 
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