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Jean-Marie Mulumba évoque les difficultés d’enquêter dans les secteurs pétrolier et minier et puis les marchés publics

Par Raphaël MVOGO, Xinhua - 17/11/2010

Il est le dirigeant de l’Observatoire de lutte contre la corruption en Afrique centrale (OLCAC)

 

Procès injustes au Congo- Brazzaville, assassinat du vice-président de l’observatoire en charge des malversations économiques au Burundi, la lutte contre la corruption apparaît périlleuse pour les acteurs de ce combat en Afrique centrale où existe depuis 2006 un observatoire régional. Créé par les groupements civils de 9 pays (Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Rwanda, République démocratique du Congo (RDC), Tchad), l’Observatoire de lutte contre la corruption en Afrique centrale (OLCAC), basé à Brazzaville au Congo, est une Organisation Non Gouvernementale dotée de la personnalité juridique. Dans un entretien à Yaoundé, le dirigeant de l’OLCAC, M. Jean-Marie Mulumba (juge en RDC) a évoqué les difficultés d’enquêter dans les secteurs pétrolier et minier et puis les marchés publics.

Quatre ans après sa création en 2006, quel est le bilan que présente l’Observatoire de lutte contre la corruption en Afrique centrale?
Nous sommes très modestes, ce n’est pas facile de fonctionner sans budget, ça veut dire avec les cotisations de nos membres. Mais avec ce peu de moyens, on a quand même réalisé quelque chose. Nous avons fait l’intervention judiciaire pour assister nos membres qui étaient en difficulté dans certains pays membres comme la République du Congo où les acteurs de la lutte contre la corruption ont été victimes de procès iniques, parce que leur seul péché était qu’ils revendiquaient la transparence dans la gestion des revenus du pétrole. Nous sommes intervenus aussi pour les amis du Burundi où il y a eu même assassinat du vice- président de l’observatoire des malversations sur le plan économique. Nous venons d’organiser trois antennes déjà, au Burundi, en Centrafrique et en République démocratique du Congo. Dans ce dernier pays, il y a un grand travail qui a été fait, pace que l’antenne vient de mettre sur pied la "task force" qui mène vers la commission indépendante de lutte contre la corruption dans ce pays. C’est un des pays qui sont vraiment rongés par la corruption. Et puis, nous venons d’organiser aussi avec l’appui du PNUD et l’Institut de la Banque mondiale un grand atelier à Brazzaville sur le renforcement des capacités de membres de la société civile de l’Afrique. Nous avons une visibilité qui fait que nous sommes en interaction avec l’Union africaine, l’ONU (Organisation des Nations Unies), la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), le PNUD, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique.

 


© french.news.cn
Logo de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale - CEMAC
Vous dites que vous disposez de peu de moyens. A combien se chiffre votre budget?
Dans notre travail, nous avons d’abord besoin de notre indépendance. Le budget que nous avons, je viens de le relever, ce sont les cotisations de nos membres.

A combien s’élève-t-il?
Non, je ne peux pas vous dire ça, c’est un secret de la maison. Mais, la lutte contre la corruption, c’est le problème d’abord de volonté. Il faut avoir la volonté de pouvoir travailler pour ce que nous appelons l’Afrique qui gagne. Nous sommes contre cette Afrique famélique, avec la main tendue, pourtant elle peut gagner et aussi prêter aux autres.

Alors, quelle efficacité avec peu de moyens pour combattre un phénomène comme la corruption?
Moi je vous le dis, l’efficacité relève d’abord des hommes. Les ressources humaines que nous avons sont déterminées à faire changer les choses en Afrique. Et Dieu merci, il y a quand même des institutions de bonne volonté, comme la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, le PNUD, l’Union européenne, la Banque mondiale sont à notre rescousse. C’est déjà un point important. Nous n’avons pas besoin de nous fidéliser et nous ne sommes pas contre de travailler avec nos gouvernements qui nous ont accueillis dans tous nos pays. Je pense que nous allons maintenant poser le problème des subsides auprès de ces derniers.

Est-il facile d’enquêter dans des domaines jugés sensibles comme le pétrole, les mines, les marchés?
Ce n’est pas facile, mais nous sommes obligés de pouvoir contrôler. Parce que c’est dans ces secteurs-là que l’Afrique perd la masse importante de ses moyens financiers, ces moyens qui peuvent permettre à nos Etats de pouvoir répondre aux besoins de nos populations, comme la sécurité alimentaire, les routes de desserte agricole, l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’éducation, la santé, etc. Et comme je viens de le dire, nous pensons, nous, qu’aider nos Etats à éradiquer la corruption, c’est les renforcer, leur donner la capacité de pouvoir faire leurs missions.

 

 
MOTS CLES :  Mulumba   Pétrole   Marché   Mines   Corruption 

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