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Le massacre de L.R.A est-elle une faiblesse institutionnelle?

Par Godfroy-Luther Gondje-Djanayang - 30/11/2012

Expert – Analyste en Gestion des crises politico- militaires

 

Selon le Doyen Maurice Hauriou, l’État est une institution qui s’agrège à la société civile et qui tend à en prendre les rênes, sans s’y identifier, ni même totalement la dominer. C’est grâce à cette notion d’institution que Hauriou réussit à rendre cohérente toute sa construction. Il parvenait à faire le lien entre le fait du pouvoir, d’une part, et le droit de l’autre, dès lors entre science politique et science juridique, tout en proposant une théorie originale de la limitation de la puissance de l'État. Pour le légiste toulousain Hauriou il appréhendait l'État comme une institution politique se parfaisant dans les formes du droit, il pouvait ensuite proposer une théorie globale de la limitation de la puissance de l'État. En revanche, au delà de cette affirmation sacrée du doyen Maurice Hauriou, l’État étant comme garant de l'intégrité territoriale et investi des prérogatives de la puissance publique doit dans toutes circonstances prouver sa suprématie afin de défendre son peuple et les institutions qu'il représente.

 


Godfroy-Luther Gondje-Djanayang
Depuis plus vingt ans aujourd'hui, peut on s'interroger sur le fait que le mouvement de la L.R.A de Joseph Kony, qui est une rébellion d'origine Ougandaise, semble mettre en défi la puissance publique? L’insurrection de L.R.A a débuté en 1986. Environ deux millions de personnes sont déplacées par ce conflit, et environ 1,7 million d'entre elles vivent dans des camps où elles dépendent de l'aide humanitaire. Selon un rapport d'ONG publié fin mars 2006, 146 personnes en moyenne meurent chaque semaine de façon violente dans le nord de l’Ouganda. L'ancien secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des affaires humanitaires Jan Egeland avait qualifié en 2003 le conflit de«crise humanitaire la plus négligée du monde». La LRA, qui sévit dans le nord du pays depuis 20 ans, est connue pour ses atrocités sur les civils. En octobre2001, les États-Unis inscrivent la LRA sur la liste des organisations terroristes.

En septembre 2010, les exactions de la LRA touchent le nord-est de la Centrafrique région de Birao et de OBO et les environs avec des dégâts collatéraux importants. Mais le gouvernement de ce pays reste irresponsable vis-à-vis des collectivités victimes de ce conflit. L'armée ougandaise est engagée depuis au moins 2009 dans une guerre secrète dans le cadre de l'opération régionale RudiaII contre l'Armée de résistance du Seigneur sur le territoire de la république démocratique congolaise «attribuant la mort de commandants importants de l'ARS à des actions de l'armée congolaise même s'ils avaient été tués par l'armée ougandaise». Combattants de la L.R.A à trois ou quatre cents, et le nombre de personnes enlevées entre six cents et mille.

Depuis l'année 2012 sur initiative du Président OBAMA, la lutte contre le mouvement L.R.A est devenu un produit international mais avec quel prix? L'amorce d'une telle interrogation oriente mon analyse dans un premier temps vers l'incompétence notoire des États fragilisés par le phénomène de la L.R.A et en ensuite la manque de volontarisme politique de la part des autorités de ses États pour éradiquer le monstre L.R.A sur cette planète. Incontestablement la notoriété de la puissance publique de ses États a perdu sa personnalité dans son ensemble. Mais à ce jour, dans le cadre de la lutte internationale contre la L.R.A une mission conjointe est mise en place composée des différentes forces sous régionales et notamment avec l'appui de la force américaine se sont lancées dans la bataille contre la L.R.A.

Le bilan de cette lutte reste sans succès, sauf on constate quelques responsables de la L.R.A sont tombés, certainement cela est un signe fort d'une victoire à l'horizon. Peut-on prétendre obtenir une victoire sans faille et garantir la sécurité de ses territoires victimes d'agression de la part de LR.A à l'avenir? Sans doute la décomposition et l'inefficacité des institutions régaliennes de ses États invitent certainement les différents peuples de ses États à reprendre l'activité de la défense de leurs territoires en main. Afin de mener la lutte efficace contre l’avenir inexistante de la L.R.A, je mets à contribution:
- de rendre désormais le service militaire dans les secteurs fragilisés obligatoires à partir de l'âge de la majorité;
- d’encourager plus les femmes de ses régions vers le métier des armes, l'utilité de ses femmes engagées est très sensible dans le domaine des renseignements militaires;
- la mise en place de la politique de bonne gouvernance territoriale;
- promouvoir les ONG locales et internationales pour permettre de relancer les activités dans les zones attaquées par le fléau de la L.R.A.
«La L.R.A de Joseph Kony massacre tout un peuple depuis une certaine décennie et les Etats sont restés faibles devant la puissance de ses armes»

 

 
MOTS CLES :  Lra   Massacre   Crise Politico-rebelles 

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