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France-Afrique: le dossier des « biens mal acquis » relancé

Par Edem Assignon, Afriscoop - 12/11/2010

La justice française autorisée à poursuivre les enquêtes sur le dossier des «biens mal acquis»

 

La Cour de cassation autorise la justice française à poursuivre les enquêtes sur le brûlant dossier des «biens mal acquis», le colossal patrimoine de trois présidents africains et de leurs proches en France, a appris mardi, AfriSCOOP de sources concordantes à Paris.
La plus haute juridiction pénale de France a annoncé mardi la reprise des enquêtes sur l’acquisition de luxueux logements et les comptes bancaires de trois dignitaires et ex-dignitaires africains. Sous la houlette du magistrat Bertrand Louvel, elle a annulé l’arrêt de la cour d’appel de Paris de 2009 déclarant irrecevable la plainte de Transparency International (TI). Cette organisation internationale de lutte contre la corruption et d’autres associations poursuivent les familles d’Ali Bongo du Gabon, Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzavile et Teodoro Obiang de la Guinée équatoriale. Elles les accusent de détournement, de mal gouvernance et d’enrichissement illicite au profit de leurs populations qui croupissent dans une misère ambiante.

 


© afriscoop.com
Les présidents Obiang, Nguesso et Bongo impliqués dans le dossier des biens mal acquis
En 2007, une enquête de la police française a attribué au défunt président gabonais, Omar Bongo Ondimba et à ses proches, 39 propriétés dans les plus beaux quartiers de Paris et sur la Côte d’Azur, 70 comptes bancaires et au moins neuf véhicules de luxe. Quant au clan Nguesso, il possèderait 24 biens immobiliers, 112 comptes bancaires et un véhicule haute gamme. Teodoro Obiang et les siens ferment la marche avec des limousines de luxe. Un total de 63 propriétés et de 182 comptes bancaires est alors recensé pour une bagatelle de 160 millions d’euros. «C’est une décision historique qui va permettre la désignation d’un juge d’instruction et l’ouverture d’une information judiciaire», se réjouit Me William Bourdon, avocat de TI. «Cette brèche judiciaire (...) ouvre la voie au procès de ceux qui s’enrichissent au détriment de leur population depuis des décennies et qui permettra un jour la restitution de ces avoirs illégalement acquis. C’est la fin de l’impunité pour ceux qui pillent à leur profit les ressources naturelles de leur pays», poursuit-il. «Cela ne signifie pas pour autant que ce que disent les autres est juste! Il n’y a rien dans ce dossier contre mon client», se défend mordicus, Me Olivier Pardo avocat du président équato-guinéen.

 

 
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