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Les dessous du retour des éléments tchadiens au pays natal

Par Modonamsé, centrafricmatin - 05/11/2012

Bien que ce retour soit tardif, il est cependant salutaire et souhaitable pour plusieurs raisons

 

Le Tchad a joué un rôle de premier plan dans le coup d’Etat militaire du 15 mars 2003. Les éléments tchadiens qui ont accompagné François Bozizé à l’époque y sont restés longtemps. Dix ans après, les hommes forts de Bangui doivent enfin passer la main aux vrais fils du pays pour s’occuper de l’escorte du chef de l’Etat. Bien que ce retour soit tardif, il est cependant salutaire et souhaitable pour plusieurs raisons. Pour mémoire, les éléments tchadiens venus à Bangui pour besoin de la cause ont été à l’origine de plusieurs dégâts et exactions aux conséquences néfastes sur l’économie du pays. Le projet «DROP» de la préfecture de l’Ouham-Péndé pillé et mis à sac, des véhicules emportés vers le Tchad, le projet japonais «KAJIMA» n’a pas aussi été épargné, ainsi que la CFAO qui a payé le 15 mars 2003 le lourd tribut des exactions et pillages commis par les éléments tchadiens. Conséquence: beaucoup de Centrafricains sont au chômage et la RCA ne parvient pas aujourd’hui à retrouver sa forme suite à ces évènements malheureux qu’a connus le pays. Une autre conséquence logique de cet évènement est la déstabilisation de la région nord qui a connu une série de rebellions armées et que, par-dessus, tout reste fragile.

 


© cap
Les éléments tchadiens de la Garde présidentielle centrafricaine sur le départ à Bangui
La présence des troupes tchadiennes en RCA inquiète énormément et pose un problème réel de souveraineté. Ces éléments tchadiens qui sont les chefs d’orchestres de la sécurité du chef de l’Etat bénéficient d’une impunité incompréhensible et dictent leur loi, tant pour ceux qui sont à Bangui dans le cadre de la MICOPAX que dans le cadre de la sécurité personnelle du chef de l’Etat. Mais le président de la République semble insensible aux exactions commises par ces éléments tchadiens, le débordement de ces derniers inquiètent plus d’un à court, moyen et long terme. Et François Bozizé n’entend pas les ménager pour une énième fois. Pour mémoire, les éléments tchadiens sont soupçonnés d’être impliqués dans les complots politiquement corrects visant à renverser le régime de Bangui. Un groupuscule avait emporté des véhicules militaires avec des équipements militaires lourds vers une destination inconnue. D’aucuns sont soupçonnés d’être impliqués dans le projet du coup d’Etat de Sylvain Ndoutingaï. Selon certaines sources, les éléments tchadiens supplémentaires sont venus en renfort sans le consentement des autorités de Bangui. L’implication de ceux-ci dans la rébellion d’Hassan Al-Abib dit «HA» n’a pas aussi plu au haut commandement qui prend désormais à bout de pincette les troupes tchadiennes qui s’occupent de la sécurité du président de la République. Mais, de toutes les façons, le mal est fait, pour avoir incorporé des troupes étrangères dans l’armée pendant dix ans. En outre, des relations traditionnelles qui lient la RCA et le Tchad, l’aliénation aujourd’hui de notre armée a atteint un niveau au point que les dix ans de François Bozizé à la tête de l’Etat constitue une humiliation pour le peuple, car étant une véritable bombe à retardement dans les relations diplomatiques entre la RCA et le Tchad.

Il ne faut pas perdre de vue que la présence des troupes tchadiennes a modifié un peu la culture de paix qui caractérise les Centrafricains. Les deux gendarmes centrafricains froidement abattus par les troupes tchadiennes au Complexe Sportif 20.000 places sont oubliés, un véritable sacrifice sur l’autel. Pire encore, l’impunité reste le maître de cette diplomatie dont personne ne maîtrise les tenants et les aboutissants. Et, si les soldats tchadiens trouvent la RCA comme un véritable paradis de l’impunité, aujourd’hui, la fin de cette vie paradisiaque a sonné et les Centrafricains doivent prendre en main la sécurité des institutions de leur pays. Pour plusieurs Centrafricains contactés au sujet de ce retour des troupes tchadiennes, c’est un ouf de soulagement et un bon débarras. Mais la fausse note que déplore la société civile, c’est l’impunité qui a marqué la présence des troupes tchadiennes. Lorsqu’on sait que le pays fait face à plusieurs projets de coup d’Etat et où d’autres présumés coupables attendent encore leur procès pour atteinte à la sureté intérieure de l’Etat. Et si ce départ avait pu se faire deux ans seulement après le cout d’Etat du 15 mars 2003? C’est une question d’orgueil et de fierté nationale pour tous Centrafricains dignes de ce nom. Bokassa, Empereur ne s’est jamais appuyé sur des troupes étrangères pour sa sécurité.

 

 
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