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Bravo les fauves du Bas-Oubangui !!!

Par Franck SARAGBA - 19/10/2012

"Jamais, mémoire de nos concitoyens n’a connu pareille effervescence en matière de football"

 

Jamais, mémoire de nos concitoyens n’a connu pareille effervescence en matière de football. Jamais, Fauves du Bas-Oubangui n’a été aussi loin et aussi près de la qualification pour les phases finales d’une coupe d’Afrique des Nations de football. Les Fauves, sous la férule du président Edouard Ngaïssona et de l’excellent sélectionneur Hervé Loungoundji se sont battus vaillamment comme des vrais « Bamaras » en cette lointaine terre étrangère d’où ils ont tenu en haleine le pays tout entier. En l’espace d’un match de football, la nation était redevenue, Une et Indivisible. Au même titre que ces inoubliables aînés dont les noms ont traversé l’histoire des Fauves pour être gravés définitivement au panthéon de notre football auprès desquels sont désormais apposés les vôtres. Permettez ici que l’on vous rende hommage.

Ainsi, la mémoire collective, transgénérationnelle retransmettra naturellement à la génération future en toile de fond les très appréciées interventions de l’immortel Jean Malé, alors commentateur sportif sur radio Bangui, décrivant ici l’assurance d’un Gazayombo, dit « Gaz » le goléador du mythique vert et noir de l’olympique réal de Bangui par ailleurs surnommé affectueusement « la mère poule « ou ailleurs les exploits de ces dieux du stade que des générations entières ont admiré tels que : M’béré « le canonnier », une autre gloire du presque national club de tempête mocaf puis des Fauves dont les frappes lourdes et sèches pourraient tuer dit-on. Matrou, un surdoué venu quelque part des collines de Boy-rabé dont les dribles virevoltants ont animé la pointe de l’attaque du club des infatigables vert et rouge du stade centrafricain, aujourd’hui Scaf . Légué le très imposant et rassurant « Bob » du club usca. Louche « le chat », gardien plongeur par excellence des diables rouges de Fatima. Nguério « le géomètre », au coup de pied millimétré. Kaïmba « blasco », le spécialiste des retournées acrobatiques qui faisait hurler le public. Samory , un autre surdoué « l’enfant de 16 ans » de tempête mocaf à qui Jean Mallé ne tarissait pas d’éloge. Démbélé » le maréchal « de l’usca. Bavon, la tour de défense. Mamoko, l’organisateur. Les célèbres duos kpagba/Fils, Sabé/Marandji ou encore Kombé/Follot. Puis, vint la génération des Tago Pascal, Béfio, Aliko, Djimé….

 


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Franck Saragba
A vous dignes successeurs de ces héros, la nation entière vous rend ici hommage messieurs Edouard Ngaïssona et Hervé Loungoundji ainsi qu’à toute votre staff technique pour avoir sélectionné les meilleurs d’entres nos footballeurs sans tenir compte d’une appartenance ethnique quelconque. Que nos hommes politiques prennent exemple !
Toutes nos félicitations à Geoffrey Lembet , Prince Samolah , Evrard Gondjé. Vous, qui, aviez su veiller attentivement en préservant avec efficacité par vos parades nos buts des multiples assauts et autres tentatives de nos adversaires.
A Thérence Kethevoama , Salif Kéita , Manassé Enza Yamissi , Nicaise Zimbori , Fernander Kassaï , Amos Youga. Vous, qui, avec autorité aviez assuré nos arrières en mettant fin à plusieurs reprises aux prétentions offensives des attaquants adverses.
A Franklin Anzité, Romaric Lignanzi , Vianney Mabidé. Amores Dertin, Gervais Kago , Eudes Dagoulou , Junior Gourrier, Fernand Kemo. Vous, qui, avec lucidité, mouvement, dynamisme aviez animé et préparer l’action offensive.
A Foxi Kethevoama , Hilaire Momi , Josué Balamandji , David Manga, Jésus Konnsimbal , Habib Habibou. Vous, qui, avec promptitude, malice et justesse accompli le dernier geste triomphal du buteur.
A Eloge Enza Yamissi, quoique blessé et à tous les présélectionnés qui n’ont pas été retenu, aux joueurs remplaçants qui s’impatientent match après match sur le banc de touche, la nation entière vous associe à ce parcours.
Désormais, il y’aura un avant 14 octobre 2012 et un après. Au-delà du jeu de football, « nouvel opium des peuples » par excellence, nous voyons les signes annonciateurs d’une nouvelle ère dans notre pays, celle de la renaissance d’une nation longtemps opprimée par la classe politique dirigeante. Toute l’énergie créative, positive, conquérante de notre jeunesse qui a été contenue et retenue d’une manière arbitraire par les forces conservatrices régnantes depuis cinquante deux ans a été libérée. Le processus de libération mentale des esprits de nos concitoyens et surtout de la nouvelle génération « Fini Kodé » entamé il y’a de cela quelques années par petite touches est définitivement en marche. Le parcours exceptionnel pour la première fois des « Fauves du Bas- Oubangui » au championnat d’Afrique des Nations en est la preuve. Rien ne pourra arrêter cette marche en avant. Par ce parcours combien mérité, un message fort vient d’être adresser à l’endroit de tous les hommes politiques d’hier et d’aujourd’hui qui ont eu a gouverné notre pays ainsi qu’à notre méritante population.
Le premier de ce message est d’ordre fédérateur au moment où la nation centrafricaine n’est que le fantôme d’elle-même, secouée de toute part par le fait ethnique. Au stade Barthélémy Boganda où s’est joué le premier tour de cette qualification, nous avons aimé d’un regard médusé voir la ferveur et l’engouement d’un public uni et connaisseur en train de manifester sa joie indépendamment des considérations claniques ou d’une appartenance ethnique quelconque. Lorsque la qualité est au rendez-vous, le centrafricain sait apprécier. Nous avons aimé la proximité et la complicité dont les différentes générations ont fait preuve dans un moment d’euphorie et de communion. Nous avons aimé voir évolué une équipe dont les joueurs ont été sélectionnés sur leurs seules qualités de footballeurs et non sur des considérations ethniques ou familiales. Nous aurions tant voulu que cela en soit ainsi dans tous les domaines de la vie socio économique du pays. A savoir, l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Les Fauves viennent de démontrer preuve à l’appuie que nous pouvons être compétitifs que si nous appliquons ce principe combien simple de la compétence, de l’excellence qui sont les véritables gages de succès.
Le deuxième message est celui d’une confiance retrouvée que nos compatriotes ont perdu en eux-mêmes depuis fort longtemps. Il est l’élément déclencheur qui permettra de faire sauter le verrou du complexe que nos compatriotes ont nourri et développer inconsciemment au fil du temps à l’encontre d’autres nations. Au-delà du football, notre pays regorge d’hommes et de femmes compétents qui sont capables d’accomplir, de réaliser des choses dans des domaines divers et variés à condition que ceux-ci soient choisis pour leur qualité et compétence à l’image de l’équipe des Fauves et non sur des considérations subjectives.

Encore Bravo les Fauves !!!

 
MOTS CLES :  Fauves,   Bangui,   Football,   Afrique 

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