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Pierre Moussa: Le médiateur sur le siège querellé

Par Christian Lang, Intégration - 28/08/2012

Le nouveau président de la Commission de la Cemac a joué un rôle important lors de la récente crise entre le président sortant et les autorités centrafricaines. Pierre Moussa, logiquement, a le profil

 

Mars 2012. Crise ouverte entre Antoine Ntsimi et le président de la RCA. François Bozizé formule des reproches à l’endroit du président de la commission de la Cemac. Les autorités de Bangui estiment que le président de la commission de la Cemac est irrévérencieux. Et qu’il n’est pas à la hauteur de la tâche et des attentes à la tête de l’institution communautaire. L’on impute aussi des malversations financières exorbitantes à Antoine Ntsimi. Les journaux, parmi lesquels l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique, s’en régalent; ils en font leurs choux gras. La confiance entre Bangui et la Commission de la Cemac se désagrège. C’est le malaise. Il revient donc au président en exercice de la Cemac d’alors, Denis Sassou Nguesso, d’oeuvrer pour trouver une solution ou un début de solution à la crise. Pierre Moussa, ministre congolais en charge des questions d’économie et d’intégration, est l’émissaire du président Sassou. Il revient à l’actuel président de la commission de faire de la médiation. Tour à tour, Pierre Moussa rencontre à Yaoundé le président de la République, Paul Biya, et le Premier ministre, Philémon Yang. L’émissaire congolais va aussi à la rencontre des autorités de Bangui. Sa mission: ramener la confiance entre les parties en conflit, réel ou présumé. En considérant ces tensions, les non-dits de la crise et les convoitises à peine voilées, nul n’imagine, en mars et avril 2012, que Pierre Moussa va remplacer Antoine Ntsimi à la présidence de la Commission de la Cemac. Le Congolais arbore, à l’époque, la casquette d’émissaire du président Denis Sassou Nguesso. Juillet 2012. Le sommet des chefs d’Etats de la Cemac se tient à Brazzaville au Congo. L’un des dossiers chauds porte sur la répartition des postes de responsabilité à la tête des institutions de la Cemac. Les chefs d’Etat adoptent ce principe: lorsqu’une institution est basée dans un Etat membre de la Cemac, ce pays ne peut prétendre assurer les fonctions de premier responsable de ladite institution. Le principe de la rotation et du non cumul est aussi adopté. Conséquence la RCA, qui abrite le siège de la commission, ne peut prétendre hériter de la présidence de cette institution de la Cemac comme elle l’ambitionne. Le Congo a donc la charge d’occuper ce poste. Le président Sassou Nguesso désigne alors Pierre Moussa pour hériter du siège convoité et querellé d’Antoine Ntsimi à la tête de la commission. Le nouveau président a déjà pris fonction à Bangui. Sa prestation de serment devant la Cour de justice de la Cemac aura lieu dans les prochains jours. Cette formalité donnera un caractère légal aux actes de Pierre Moussa à la tête de la Commission de la Cemac.

 


© countryoffice.unfpa.org
Pierre Moussa arrive à la présidence de la commission de la Cemac
Défis
Pierre Moussa arrive à la présidence de la commission de la Cemac dans un contexte de crise. Les relations entre les autorités de Bangui et la présidence de la Cemac se sont considérablement détériorées. L’on se souvient que l’ancien président de la commission, Antoine Ntsimi, a été expulsé de la RCA le 21 mars dernier avec peu d’élégance. Il est donc urgent pour Pierre Moussa de ramener la confiance entre Bangui et la commission de la Cemac. Il doit démontrer que présider une institution comme celle dont il la charge va au-delà des considérations humaines et du chevauchement des égos. Des qualités humaines et relationnelles sont requises. Par un leadership irréprochable, il lui incombe aussi de remobiliser le personnel ébranlé par cette crise. Le nouveau président de la commission devra donc user de beaucoup de tact et de diplomatie pour remettre ses troupes au travail. Les réformes engagées à la Cemac sont pratiquement figées. «La conférence a cependant noté que les dysfonctionnements qui avaient suscité les réformes institutionnelles de la Cemac depuis 2006 persistent encore. Elle s’est préoccupée, notamment, de la persévérance des problèmes associés à la gouvernance des institutions communautaires», lit-on dans le communiqué final du dernier sommet des chefs d’Etats de la Cemac. Il faut donc faire bouger les lignes. Et rompre avec le statu quo ante. Il est surtout question de transcender les égoïsmes nationaux pas toujours favorables aux initiatives communautaires. Il faut, enfin, faire avancer considérablement les projets communautaires: la compagnie Air Cemac, le passeport biométrique Cemac… L’un des plus gros défis de Pierre Moussa est de crédibiliser la Cemac qui a davantage alimenté, ces dernières années, la rubrique des faits divers par une succession de scandales présumés ou réels. Toujours est-il que l’image de la Cemac en a été écornée à l’intérieur et en dehors de la zone Cemac. Dans une sous-région économiquement pauvre comme la nôtre, les conditions de vie des populations ne sont pas à négliger. Pierre Moussa le sait. «En nous inscrivant en droite ligne de la volonté des Chefs d’Etat, il nous faut prendre des mesures pour aller plus en avant dans le processus d’une intégration aboutie, afin d’accélérer le développement de notre Sous-région et répondre efficacement aux aspirations de ses populations au mieux-être», a-t-il affirmé lors de son allocution inaugurale à la conférence des ministres de la Cemac.

 


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Au centre, l'homme sur le terrain
L’intégration est au centre des préoccupations. «L’approfondissement de l’intégration, avec pour objectif l’atteinte du mieux-être collectif, exige davantage d’efforts et de détermination». Il lui reviendra aussi de veiller à la mise en œuvre des textes de la communauté. Heureusement qu’il en est conscient. Lors de la conférence des ministres, le nouveau président de la commission a affirmé: «au plan normatif, la recherche de solutions aux difficultés de mise en?uvre des textes communautaires apparaît comme essentiel au respect des normes. Il nous faut donc aller au-delà du stade formel des textes et règlements, limités dans leur champ d’application et sans résultats concrets pour les populations».

Profil
Pierre Moussa, logiquement, a le profil de l’emploi. Au moment de sa nomination à la présidence de la commission de la Cemac, il occupe, depuis 2009, le poste de ministre d’Etat, coordonnateur du pôle économique, ministre de l’Economie, du Plan, de l’Aménagement du Territoire et de l’Intégration. Il a d’abord exercé des fonctions ministérielles similaires entre 1979 et 1987, puisqu’en cette période il est ministre du Plan. Entre 1987 et 1988, Pierre Moussa est ministre du Plan, de l’économie et des finances. Son séjour dans les différents gouvernements congolais s’est essentiellement fait dans des départements ministériels en charge des questions d’économie, des finances et d’intégration. En 1990, Pierre Moussa est Premier ministre par intérim. L’actuel président de la commission de la Cemac a été ministre du Plan, de l’Aménagement du Territoire, de l’Intégration Economique et du NEPAD de 2004 à 2007. Pierre Moussa est économiste de formation, sorti de Clermont Ferrant et de Paris en France. Il a aussi suivi une partie de sa formation universitaire à Dakar au Sénégal. Il s’y est spécialisé en planification du développement aux côtés du professeur Samir Amin. Sur le plan académique, il a été assistant à l’Université de Dakar et au Centre d’enseignement supérieur de Brazzaville. Pierre Moussa a enrichi sa carrière et son expérience par des stages à l’Institut de Développement économique et de la planification des Nations Unies et au bureau d’informations et de prévisions économiques (BIPE) à Paris. A cette carrière administrative s’ajoute une longue expérience politique. Il est membre du bureau politique du Parti congolais du travail (P.C.T), le parti au pouvoir. Pierre Moussa est né à Brazzaville en Juillet 1941.
 
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