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La liberté d’opinion en Centrafrique: Un danger institutionnel?

Par Godfroy–Luther Gondje- Djanayang - 24/08/2012

«La démocratie des opinions est différente de la démocratie des armes»

 

Reconnaître la liberté d’expression a souvent constitué l’une des premières étapes vers la démocratie. Revendication commune au libéralisme politique et au républicanisme, elle est le pendant de la liberté de conscience et s’oppose au dogme. Celui de la monarchie absolue (crime de lèse-majesté), celui de la religion (délit de blasphème). Maniant l’ironie, Beaumarchais fait dire à son Figaro:« Pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs.» Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les révolutions anglaises, américaine et française se sont, entre autres, caractérisées par la reconnaissance de la liberté d’expression. Elles réalisaient ainsi une partie du projet des Lumières.

 


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Godfroy–Luther Gondje- Djanayang
Tous les textes nationaux et internationaux protégeant les droits de la personne accordent à cette liberté une place privilégiée: du Bill of Rights de 1689 en Angleterre (liberté de parole et de débat au Parlement, la liberté de se réunir en association, droit de pétition) à la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies (DUDH) de 1948 en passant par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, adoptée en 1981. Il est significatif qu’elle figure parmi les premières libertés supprimées par les régimes autoritaires, notamment au travers du contrôle de la presse et de l’art. Alors 52 ans après une longue bataille et le sacrifice républicain du Président Fondateur Barthelemy BOGANDA, la République Centrafricaine veut replonger dans le monde de la tyrannie institutionnelle, si fondamentalement les différentes opinions qui doivent en principe servir comme arme de la construction d’un Etat fort sont qualifiées automatiquement de l’ennemi de la République, certainement que la décomposition de nos institutions de ce jour est la preuve matérielle de pouvoir autoritaire et militaire qui veut confondre la démocratie à la dictature dont le père géniteur Abraham Lincoln disait la démocratie c’est le gouvernement du peuple pour le peuple par le peuple.

En revanche pendant les festivités de 52ans de l’indépendance de la République Centrafricaine, sur initiative de Président François BOZIZE qui voulait célébrer cette journée républicaine avec la diaspora centrafricaine en France. Après son allocution qui lui a permis de rendre son réquisitoire des 10 années bientôt passé au pouvoir, il fallait justement saisir l’opportunité d’avoir une comptabilité globale de fonctionnement de nos institutions c’est pour quoi la parole a été accordée au Représentant du «Collectif touche pas à Constitution» en France, une association de la défense des valeurs constitutionnelles et en même temps contribuable de la bonne gouvernance en République Centrafricaine. Le Représentant du Collectif qui voulait tout simplement savoir si le président de la République n’as pas l’intention de modifier la Constitution Centrafricaine afin de lui permettre de prétendre à un troisième mandat qui sera totalement illégal au regard des dispositions de l’article 24 de la dite Constitution.

Devant une question patriotique et qui engage la vie de la nation, le Président de la République surpris de la portée d’une telle interrogation se met à rebondir sur des éléments des réponses fondées sur la politique politicienne. Et pourtant le président à affirmer devant la diaspora en France que la Constitution sera respectée mais à notre grande surprise le Coordonnateur du Collectif Thierry Ndoyo a été transférer automatiquement en prison au Camp de Roux à sa descente de l’avion, suite à l’intervention militaire d’un certain Capitaine de la garde présidentielle en la personne de NGAYA Anatole qui n’était même pas menu d’un document juridique délivré par le Procureur de la République lui permettant de procéder à l’arrestation de ce dernier .

L’absence d’un mandat légal caractérise une fois de plus l’entrave faite sur la liberté d’opinion et la violation des règles des droits fondamentaux en République Centrafricaine. Il est très important de s’interroger si l’engagement dans une vie associative afin de promouvoir la démocratie en République Centrafricaine est synonyme avec le fait d’être ennemi de la nation? On ne peut s’empêcher de faire le lien eu égard aux récents événements de l’affaire Thierry Ndoyo qui sont consécutifs du retour de Paris du Président Bozizé.

 

 
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