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Le paiement régulier des salaires, l’arbre qui cache la forêt des réalités de la Rca

Par Pazza Gbatakoro, Centrafricmatin - 23/08/2012

Le gouvernement ne doit pas se vanter de ce seul petit succès qui ne peut justifier ce qu’attend le peuple d’un régime

 

Le problème des arriérés de salaire et de pension de retraite est intimement lié à la mauvaise gouvernance qui a commencé à prendre racine dès 1978 à l’époque de la mégalomanie de Jean-Bédel Bokassa dont les extravagances démesurées étaient devenues incontrôlables. En 1979, les fonctionnaires souffraient déjà de quatre (4) mois d’arriérés de salaire. Cette tendance est allée crescendo avec tous les régimes qui ont succédé à celui de Bokassa. Elle a atteint le sommet de la désorganisation avec Kolingba et Patassé, en dépit des mesures curatives drastiques du programme d’ajustement structurel du FMI, Banque Mondiale. Les arriérés de salaire ont constitué le modus operandi à toutes les mutineries, rebellions et coups d’Etat qui se sont multipliés comme système d’expression politique redoutable à la seule portée des militaires. La vie sociopolitique des Centrafricains s’en est trouvée empoisonnée, déroutée et désorganisée, ce qui leur a imposé un violent mouvement de recul, de piétinement, d’anti-progrès et de pourrissement.

 


© observers.france24.com
A cause des salaires présaires
Depuis deux (2) ans, le régime KNK a opéré une certaine réforme structurelle en matière de finances qui permet d’assurer dorénavant le paiement régulier des salaires aux fonctionnaires. Bien que cela constitue un timide début d’effort louable à sa juste valeur, mais face aux multiples enjeux de redressement de la machine économique du pays fortement grippée, cet effort paraît très insignifiant. Le gouvernement doit se démultiplier et multiplier les efforts dans tous les secteurs de la vie essentielle du pays. Le programme du gouvernement doit être mené concomitamment sur plusieurs chantiers. L’état de latence engourdissant doit être brisé car il est vécu dans beaucoup d’autres secteurs comme les routes et les ponts, les écoles, l’éducation et la formation, les centres de santé, l’urbanisation de Bangui et des villes de provinces, etc. qui semblent être délaissés. Le bilan à mi-parcours du régime KNK fait par le président de la République n’a malheureusement pas été exhaustif quant aux différents aspects du programme de sa politique. Le paiement régulier des salaires ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des réalités du pays. Le gouvernement ne doit pas se vanter de ce seul petit succès qui ne peut justifier ce qu’attend le peuple d’un régime.

 

 
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