INTERVIEW  |    

Christian Touaboy, Conseiller du Collectif «touche pas à ma constitution»

Par Fleury Koursany - 20/08/2012

Le Centrafricain résident aux Etats-Unis est aussi spécialiste en interview criminelle

 

Vous faites partie du Collectif «Touche pas à ma Constitution», quels sont les objectifs poursuivis par ce Collectif?
L’objectif du Collectif se résume en une phrase et une seule: «la défense des valeurs constitutionnelles». C’est cette petite phrase qui semble être une épine dans les pieds du pouvoir en place. Partant de ce fait, point n’est besoin d’utiliser des circonlocutions, des périphrases pour clairement affirmer que le Collectif est contre tout changement dans la loi fondamentale. Et par changement, nous entendons, toute tentative quelle qu’elle soit pour décapiter le verrou constitutionnel afin d’offrir au Président Bozizé un troisième et de fil en aiguille un quatrième mandat. Tout ceci sans oublier l’appétence de sa progéniture pour le pouvoir.

 


© facebook
Christian Touaboy, Conseiller
Pensez-vous véritablement que le Pouvoir a l’intention de modifier la Constitution?
Vaux mieux prévenir que guérir, dit-on! Bien avant l’arrestation arbitraire de notre camarade de lutte, Thierry Ndoyo, je vous aurais pointé vers une myriade, une pléthore, une surabondance d’exemples et de signes aussi convaincants les uns et les autres. Son arrestation démontre à souhait l’ire présidentielle qui ne supporterait aujourd’hui que ce problème soit mis en avant. Vous n’êtes pas sans oublier qu’un autre membre du collectif a posé la question au Président lors du cirque du 13 Août à Paris, certains affirment qu’il l’a très mal pris. Mais sur un tout autre registre, le Collectif se doit d’être sur l’offensive car en réalité en Centrafrique, la primauté de l’initiative politique se devrait absolument de changer de camp si nous désirons créer une dynamique saine et populaire pouvant aboutir sur des élections justes, transparentes et équitables en 2016. Pour répondre a votre question, oui Bozizé semble bel et bien décidé à procéder au changement de la Constitution. Nous avons même déjà une petite idée de comment il compte s’y prendre. D’ailleurs, aucun Centrafricain ne voit Bozizé se retirer en 2016.

Vous êtes loin du pays, comment comptez-vous mener à bien cette lutte?
Historiquement, la distance n’a jamais été un obstacle. En réalité, nous faisons partie du Collectif, qui est une organisation présente sur le terrain, solide et extraordinairement bien structurée. C’est donc à travers cette organisation que nous comptons véhiculer nos idées et attirer l’attention des Centrafricains sur le désastre que représenterait un troisième mandat du Président Bozizé. Par ailleurs, notre intention est de rentrer avant les élections de 2016 en Centrafrique afin d’apporter notre pierre a l’édification d’une République démocratique et apaisée.

Aviez-vous pris contact avec les organisations centrafricaines de la société civile pour leur expliquer le bien fondé de votre action?
Oui absolument. Nous y travaillons d’arrache-pied.

Le Coordonnateur du Collectif a été arrêté à sa descente d’avion à Bangui, bien avant d’être relâcher. Que vous inspire cette brève arrestation?
Ce que nous devrions retenir de cette arrestation, est que le pouvoir de Bozizé, traumatisé, handicapé, groggy par la félonie de MM. Ndoutingai et Feindiro, n’est plus l’ombre de lui-même. C’est un géant au pied d’argile, un pouvoir hystérique et époumoné dirigé par un Président dont le seul but serait de s’accrocher au pouvoir. M. François Bozizé connait les Centrafricains et sait qu’il n’en a plus pour longtemps. Il a donc transformé son régime en une sorte d’éléphant dans un magasin de porcelaine; arrêtant, torturant afin de vouloir par la terreur prolonger son règne qui est sans aucun doute entrain de péricliter. L’arrestation du jeune Ndoyo, qui n’avait autre chose que sa conviction et son courage en est un parfait exemple.

Aviez-vous un message particulier à lancer?
A mes frères Centrafricains je dirais ceci, qu’au-delà du pouvoir convulsif et moribond des Bozizé nous devrions apprendre à détourner notre haine de sa cible habituelle. Nous avons toujours été divisés soit en partie politique, soit par régions. Le temps est donc venu de nous regarder en frères, de mettre en relief notre but commun qui n’est autre en réalité que «la poursuite du bonheur». Apprenons à haïr non pas nos frères et sœurs mais la haine, qui est la source véritable de tous les maux que nous connaissons dans ce pays. Il n’existe d’autres voies pour accéder au développement que celle de la démocratie réelle, inclusive et apaisée.

 

 
MOTS CLES :

0 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués