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JO 2012: Pour l’Afrique, l’essentiel est vraiment de participer

Par Hyacinthe Sanou, l’Observateur Paalga - 13/08/2012

Trente-quatre médailles, dont onze en or, c'est mieux qu'à Sydney en 2000 et à Athènes en 2004 mais moins bien qu'aux JO 2008 de Pékin

 

Rideaux! Après deux semaines de compétition, de sueur, de larmes de joie et de douleur, les lampions se sont éteints sur les Jeux Olympiques de Londres 2012. De cette édition de l’une des plus grandes manifestations sportives au monde à côté de la Coupe du monde de football on retiendra sans doute, d’un côté, entre autres, le triplé du sprinteur jamaïcain Usain Bolt (médaillé d’or des 100 m, 200 m et 4x100 m), le palmarès historique du nageur américain Michael Phelps (qui a remporté 6 médailles, dont 3 or en 7 épreuves pour un total, dans sa carrière, de 22 médailles dont 18 en or), mais aussi, de l’autre, qu’une fois de plus les Chinois auront survolé les débats, sur fond de petits scandales de dopage, que d’aucuns ont vite fait de qualifier d’effet pervers de la machine à champions chinoise. Force est de reconnaître que, pour de nombreux pays, l’enjeu politique de ce genre de compétition prend vite le pas sur les exploits sportifs, car, à défaut de s’affronter ouvertement, c’est à une véritable guerre qu’on se livre dans les stades à la conquête des médailles.

 


© rfi
Pour en venir au cas des Africains, pour la plupart des représentants du continent, l’essentiel est encore de participer, beaucoup d’entre eux n’ayant pas encore dépassé l’époque du Baron Pierre de Coubertin, pendant que leurs pairs occidentaux injectent de gros sous à l’occasion de ces jeux, qui sont l’occasion de soigner leur image et de faire du marketing. Si on excepte les Africains de l’Est dans le fond, le demi-fond et, dans une certaine mesure ceux du Nord, c’est pour ainsi dire le désert sportif pour le reste du continent. Il est vrai que l’on ne joue pas dans la même catégorie et qu’entre un Nord accordant de l’attention et des moyens colossaux pour engranger les résultats escomptés et un Sud où on en est encore à «l’informel athlétique», le fossé est énorme.

C’est tout juste si quelques étoiles noires africaines ont brillé dans le ciel londonien au point que, dans le classement général, pendant que les autres sont classés par pays, on parle à l’échelle continentale pour les Africains pour que le score ne soit pas anecdotique : ainsi, pendant que les Etats-Unis crânent en tête avec plus d’une centaine de médailles dont plus d’une quarantaine en or, l’Afrique, elle, s’en tire avec plus d’une vingtaine en tout. Force est de souligner que, parmi les 25 disciplines olympiques, nombreuses sont celles, à l’image du Canoë Kayak, du Hockey sur gazon ou encore du Badminton, qui ne sont pas pratiquées sur le continent africain au moins de façon marginale. Ainsi pendant que des pays d’Afrique alignent à peine un représentant dans certaines disciplines, d’autres alignent tout un contingent. On en a eu la preuve lors du défilé inaugural, où la délégation chinoise constituait toute une ville dans le village olympique. Plus vous avez de représentants dans tous les sports, plus vous avez de chances de médailles, cela coule de source.

 


© rfi
C’est la preuve des efforts à faire sur notre continent en termes de moyens, de structures, d’organisation et même de rationalisation. Quand le nombre des officiels et des accompagnateurs de certains pays africains, comme le nôtre, dépassent le nombre d’athlètes qui doivent concourir, il y a de quoi se demander si l’on a vraiment compris l’enjeu de ce genre de compétition. Et il n’est pas étonnant, dans ce contexte, que des membres de la délégation, supposés prendre part aux Jeux, disparaissent dans la nature comme dans le cas camerounais. Dans tous les cas, les Jeux Olympiques se suivent et se ressemblent pour le Burkina Faso. Il faut dire qu’au Pays des hommes intègres, à l’instar de nombreux autres pays sous-développés, où la plupart des gens sont confrontés à des problèmes de survie, le sport constitue un bon moyen d’arrondir les fins de mois au moyen de frais de mission et autres perdiems à tel point que ce n’est pas toujours la passion qui guide les uns et les autres. Pourtant, le sport devrait servir à bâtir, ensemble, un esprit sain dans un corps sain.

En somme, s’il y a quelque chose de positif que l’on peut retenir de Londres 2012 pour la quasi-totalité des africains, c’est que ces JO auront été l’occasion de se frotter à plus forts qu’eux; ce qui ne peut que les tirer vers le haut; certains ont d’ailleurs battu leurs propres records ou leurs records nationaux. C’est déjà ça de gagner à défaut de médailles.
 
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