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Tensions: La foule réclame la tête des meurtriers

Par Théodore Tchopa/Le Jour - 05/11/2010

Les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher les populations de lyncher les auteurs du crime, qualifiés de «rebelles»

 

Jusqu’à 14 h, hier, mercredi 03 novembre 2010, la rue King Akwa, au centre des affaires de la capitale économique camerounaise, n’était pas encore ouverte à la circulation. Un policier, posté à l’amorce de cette rue, proposait aux automobilistes des déviations. A l’origine de cette situation désagréable, une émeute. Trois heures plus tôt, celle-ci a opposé des «partisans» de François Bozizé, président de la république centrafricaine (et candidat à sa propre succession à l’élection prévue en janvier 2011), et les «militants» acquis à la cause de Ange-Félix Patasse, le principal opposant au régime au pouvoir en Centrafrique. L’affrontement meurtrier s’est déroulé au consulat de la République centrafricaine (Rca) à Douala.

 


© lesafriques.com
Une vue de la ville de Douala
Peu après cet incident suivi de mort d’homme, la foule a investi les lieux. Plus de cinq cents personnes, des camerounais pour la plupart. Ces populations sont massées devant le consulat centrafricain, théâtre du conflit meurtrier. D’autres se bousculent à l’endroit où git la dépouille inerte de Célestin Yorro, la première victime. Il est décédé à quelque trente mètres du consulat, après avoir été vidé de son sang. Le temps passe, les minutes s’égrènent et la colère monte. «Seigneur Dieu, ils versent le sang de leur frère pour des élections!», s’exclame une dame, entre deux sanglots qu’elle contient difficilement. Des conducteurs de moto taxi sont également sur les lieux. Ils suivent l’évolution de la situation de très près. Quand enfin deux centrafricains grièvement blessés sont embarqués dans l’une des voitures de police, des badauds vont entourer le véhicule. Ils réclament la tête des auteurs du meurtre. «Que viennent faire des rebelles chez nous? Ils se croient chez eux en Centrafrique!», s’offusque un camerounais. Une demi-heure après, un autre centrafricain est embarqué dans un pick-up. Il résiste aux policiers qui le poussent à monter dans la banquette arrière. « Il faut comprendre sa colère, c’est son frère qu’on a tué tout à l’heure», lance une voix noyée dans la foule en furie. Alors que la police croit avoir ratissé large, un individu est sorti du consulat en courant, et s’est dirigé vers le lieu dit Ancien Stamatiades. La population s’est jetée à ses trousses. Le fugitif s’est réfugié dans un bureau donnant dans la rue. Un témoin oculaire de la scène d’émeutes l’a présenté comme le meurtrier de Célestin Yorro. La police est intervenue pour empêcher les populations de le lyncher.

 

 
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