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Plus de 47 000 réfugiés de RCA tentent de se reconstruire au Cameroun

Par Yvan B./Source Xinhua - 12/08/2010

Fragilisés par la souffrance, ils sont maintenant à l'est du Cameroun

 

Sur un terrain de football de fortune sur lequel se dresse un hangar, une dizaine d'enfants centrafricains mêlés à leurs amis camerounais se livrent avec insouciance à des instants de détente sans bornes en cette matinée du jeudi 4 mars 2010 à Mandjou, un des 39 sites des réfugiés centrafricains dans l'Est du Cameroun. A peine terminée la visite du haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, dans cette région camerounaise entamée la veille à Boulembé pour palper la tragédie oubliée du peuple centrafricain, la vie a repris son cours normal mais avec l'espoir de l'amélioration de la vie dans cette localité située à quelque 6 km de Bertoua, principale ville de l'Est.

Cette journée est une journée mémorable pour nous. Je suis soulagé, parce que j'ai présenté nos problèmes au haut commissaire, je pense qu'il va y apporter des solutions pour améliorer nos conditions de vie, souligne le chef de la communauté des réfugiés de Mandjou, Ardo Salé, un brave vieillard polygame de trois femmes et père de 25 enfants. Avec un effectif de 1 756 personnes, Mandjou est l'un des principaux foyers d'accueil des quelque 47.049 réfugiés centrafricains vivant dans l'Est du Cameroun, selon le bureau de la sous-délégation du haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Bertoua, ville située à environ 340 km de Yaoundé, la capitale camerounaise. Ce bureau couvre en même temps la région de l'Adamaoua, qui abrite 34.339 autres de ces réfugiés qui, pour certains, ont déserté la Centrafrique à partir de 2005, et d'autres des années auparavant pour fuir la violence et l'insécurité dans ce pays voisin du Cameroun et dont la capitale, Bangui, se trouve d'ailleurs à 841 km de Bertoua. Nous couvrons de Bertoua à l'Adamaoua 650 km et de Bertoua au dernier site du Sud 350 km, a indiqué Fatta Kourouma, le chef du bureau. Soit un rayon de 1 000 km.
Nous avons un total de 74 sites principaux avec d'autres petits sites autour. Nous appelons sites les villages qui accueillent les réfugiés, a-t-il ajouté.

 


© over-blog.com
Illustration picturale
Selon ce responsable onusien, cet accueil a été possible grâce à la cordialité et l'hospitalité du peuple camerounais, qui a accepté de prendre en charge les frères centrafricains, au lieu de les laisser concentrer dans des camps. C'est un avantage et un exemple qu'il faut présenter au monde entier, note-t-il. En collaboration avec les autorités camerounaises, le HCR, associé à d'autres agences du système des Nations Unies comme le Programme alimentaire mondial (PAM), l'Organisation des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et l'Organisation des Nations Unies pour la population et l'habitat (UNFPA), uvre dans l'assistance à ces réfugiés. Egalement avec le concours des organisations non gouvernementales (ONG) telles que l'IRD (International Relief & Developement), la Fédération internationale des sociétés de Croix- Rouge ou encore Première Urgence, cet organisme apporte en outre un appui considérable à ces villages qui ont bien voulu accueillir ces réfugiés, explique par ailleurs M. Fatta Kourouma. A Mandjou, ces ressortissants centrafricains sont intégrés au sein d'une communauté où se partagent l'existence plus de 14.000 personnes, à en croire le Dr Joseph Mbol, responsable de l'unique centre de santé, d'ailleurs privé, de cette localité. Celui-ci estime également entre 2.000 et 3.000, voire plus, le nombre des réfugiés, dans la mesure où beaucoup de réfugiés ne sont pas recensés, surtout les enfants. Une situation qui pose des problèmes de prise en charge. Sur un total de 81.547 de personnes dans l'Est et l'Adamaoua, d'après le dernier recensement du HCR en février, cette population centrafricaine est constituée à 89% de Mbororos, un groupe ethnique qui a la particularité de ne pas avoir la culture de l'éducation. En tant qu'unité administrative (arrondissement), Mandjou comprend 23 écoles primaires pour un effectif global de 5325 élèves, de l'avis de l'inspecteur d'arrondissement de l'Education de base, Angèle Lucie Agbwo. Je crois qu'on totalise plus d'un millier d'élèves réfugiés. C'est en fonction des écoles qui sont situées près de leurs sites: la cas de Mandjou, Boulembé et Grand Boulaï, informe-t-elle.

"En 2005, ces réfugiés sont arrivés en masse et ayant tout perdu, il y avait une crise nutritionnelle dans cette communauté, avec des taux de malnutrition qui avoisinaient 17%, entraînant un taux de mortalité élevé", décrit le Dr Balla Condé, responsable santé du HCR à Bertoua pour l'Est et l'Adamaoua.

Grâce à la mise en place de différentes interventions de façon synchronisée des agences onusiennes et la prise en charge de soins de santé primaire, l'état de santé de cette population est aujourd'hui déclarée maîtrisé.

Le taux de malnutrition est actuellement stabilisé à 7%, assure le Dr. Balla Condé qui affirme par ailleurs que dans ces programmes-là, les populations locales sont aussi intégrées, notamment les femmes enceintes, les femmes allaitantes et celles en âge de procréer. Première cause des consultations, le paludisme reste une grande préoccupation, selon le Dr. Mbol. Suivent les maladies hydriques (diarrhées et parasitoses intestinales), les infections broncho- pulmonaires, les IST (infections sexuellement transmissibles), le SIDA, etc. Les maladies à transmission hydrique, c'est un véritable problème, parce qu'au niveau du centre de santé, il n'y a pas forage. Ce qui fait que les diarrhées et les parasitoses intestinales persistent. Il en est de même du paludisme, relève le Dr Mbol. Avec un taux officiel de 8%, l'Est du Cameroun représente une zone à forte prévalence du VIH/SIDA. En 2009, de sources du HCR, une campagne de dépistage volontaire et anonyme avait été organisée dans trois sites, Garoua-Boulaï, Tongo-Gandima et Mandjou. Sur 772 ayant effectué le test, 82 avaient été testées positives au VIH, dont 377 Camerounais et 395 réfugiés centrafricains, à en croire le HCR qui évoque des séroprévalences de 12,5% chez les Camerounais et 8,4% chez les réfugiés. A l'instar du chef Ardo Salé, arrivé en 2005, bien des ces réfugiés ne songent plus à retourner dans leur pays.
 
MOTS CLES :  Cameroun   Réfugiés   47000 

1 COMMENTAIRES

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Recherche d'un fils

Par pissi

23/03/2016 15:41

Bjr ou Bsr

Svp je recherche mon fils ki à fuit les exactions des sélékas es partie d'abord à Garoua-Boulaii et aprés Bertoua au nom de : Senga-Renazou Jonathon Michaél ,si vous le connaissez faite moi signe
Merci k dieu vous benisse

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