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La Crise en Syrie: Un massacre de la politique internationale?

Par Gondje-Djanayang Godfroy-Luther - 06/08/2012

«Je massacre tout un peuple pour mes intérêts au nom du principe de la démocratie des armes»

 

La question des populations civiles dans la guerre est vaste, et peut recouvrir de nombreux sujets. Soit elle est souvent à la source d’ingérence ou bien c’est un moyen qui permet généralement d’atteindre le but poursuivi par la politique internationale. Le rôle de l’opinion publique dans la justification et la conduite d’une guerre, l’importance des civils dans l’effort de guerre d’un pays et sa puissance militaire, la protection des civils en temps de guerre, les massacres délibérés de populations civiles, la question des réfugiés, sont souvent à l’origine des opinions controversées. La «population civile» est un enjeu dans la mesure où son caractère plus ou moins restrictif donne plus ou moins de marge de manœuvre aux belligérants dans leurs pratiques légitimes envers les civils. Dire que la charpente humaine est sacrée selon la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948, sans faute de nos jours massacrer un peuple pour des multiples intérêts devient de plus en plus la nouvelle formule d’orientation de la politique internationale.

 


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Gondje-Djanayang Godfroy-Luther
Si la pratique du clientélisme international qui n’a aucun respect vis-à-vis de la charpente humaine ne s’impose comme nouvelle règle, c’est certainement parce que la société internationale exige que désormais les «Etats faibles au monde doivent servir ceux qui sont plus forts comme vache à lait». Le commerce du bouclier humain prend une autre forme dans cette société internationale et contemporaine. Pour plus de prudence dans cette expertise complexe de la Crise Syrienne, ma réflexion aura comme repère les analyses poussées du Professeur Maurice ABOUR, qui se demande alors pourquoi il n’y a pas encore eu une intervention en Syrie, au nom justement du devoir international de protection. La réponse globale est qu’il n’existe pas encore de volonté générale à cet effet. Elle se trouve aussi en partie du moins, dans les règles de fonctionnement du Conseil de sécurité de l’ONU (CDS) et concerne le droit de veto qui est accordé à chacun de ces cinq membres permanents que sont la Chine, les États-Unis d’Amérique, la France, le Royaume-Uni et la Russie.

Chinois et Russes se souviennent de l’expérience libyenne où le concept de la zone d’exclusion aérienne a servi de porte d’entrée aux pays de l’Otan pour se défaire du régime de Kadhafi. Pour ces deux pays, la résolution du 17 mars 2011 sur la Libye n’autorisait pas formellement le renversement du colonel Kadhafi; elle autorisait seulement les États membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les populations civiles menacées d’attaques par les forces gouvernementales. Cette interprétation est rigoureusement exacte. Sur papier, on peut être capable, en effet, de tracer une ligne rouge entre la protection de la population civile d’une part et le soutien actif à une rébellion armée d’autre part.

Historiquement parlant, la crise en Syrie est l’œuvre du grand printemps arabe qui a secoué le moyen orient où la majorité du peuple de ce continent voulait la liberté démocratique qui a été obtenue par les autres peuples au prix des sacrifices immenses. Si la résolution 1973 permettant l’intervention de la force de coalition en Lybie a été l’origine la grande destruction de ce pays, il est évident que de ce jour qu’avant d’avaliser une résolution assimilable à celle de 1973, il faut se remettre en cause. Telle est la portée du message de la Chine et la Russie qui ne fait que soutenir le régime de Bachar EL ASSAD.

La tendance actuelle de la France et des Etats Unies semble très favorable à une intervention militaire en Syrie, mais pour quelles raisons exactement? Israël, le fils héritier des Américains sera épargné de telle initiative en termes de protection de son territoire? La Turquie qui rêvait depuis longtemps de faire son entrée dans l’Union Européenne doit maintenant soutenir sans cesse les actions des rebelles, afin de lui permettre d’intégrer ladite institution? Pour une meilleure politique faut-il retirer le droit de véto aux supers puissances afin de parler un jour de la justice internationale?

 

 
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