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Paris: Mélanges de sonorités centrafricaines et haïtiennes

Par Jerry MICHEL, Le Nouvelliste - 01/08/2012

Idylle Mamba (Centrafrique) et Wooly Saint-Louis Jean (Haïti) ont présenté, à la cité internationale des arts de Paris, un spectacle musical qui, a connu un franc succès

 

Attention l'ouïe, c'est de la musique aux rythmes centrafricains et haïtiens hautement attractive. Le geste coloré, rendant compte d'une vision ludique et généreuse, est parfait. L’air est frais. La météo francilienne capricieuse oblige au gros pull en juillet ou parfois tout simplement à annuler les sorties en plein air. Le concert réjouissant et, au fond, vraiment amusant offert par Wooly et Mamba compense. Le public enjoué a trouvé pour son compte. À la fin de chaque chanson, l’engouement est en ébullition. Tout cela pour dire que les artistes ont porté au tout premier rang le style. La toile de fond du spectacle est une combinaison musicale qui se joue entre grâce centre-africaine et pesanteur haïtienne, entre masculin et féminin, entre affection et énergie, entre douceur et fluidité. Autant de qualités propres à motiver les participants. Une fenêtre, axée sur les cultures actuelles et futures, ouverte au cœur de tous les mondes. En filigrane, bien sûr, un coup de promotion pour les deux artistes en résidence à la cité internationale des arts de Paris dans le cadre du programme «Visas pour la création» de l’Institut français.

 


© flickr.com
Wooly et Idylle Mamba. Au cours d'un récent concert à la Cité Internationale des Arts de Paris
La trame de la soirée mélodieuse est basée sur l’ambition de mettre au goût du jour les sonorités musicales centrafricaines particulièrement le yangba, le jazz, le blues, le nago (rythme traditionnel haïtien), le «rara», le «yanvalou», la bossa-nova et la chanson française. Le partage, le beau et l’harmonie intervenaient à l’arrière-plan. Les amateurs de chanson à texte ont eu du nouveau à mettre sous les dents. Les artistes, s’insurgeant contre la souffrance de la femme, racontent des histoires particulières de leur terre natale par le truchement de la musique. Ils sont partis de leurs tubes évidemment. Ils ont trouvé le juste équilibre. Une façon comme une autre de chambouler les repères. Accompagnée des guitaristes Rico Kerridge et Saladin Ferreira, respectivement Franco-Ivoirien et Centrafricain, Mamba invite son public à savourer le goût épicé des morceaux «Petites filles», «Karne Ma», «Dignè», «Sango et vous», «Yabongo» et «Dok’sala» décrivant largement les difficiles conditions de vie des femmes d’Afrique, et cherche l’ailleurs dans une logique de partage et d’écoute.

De fil en aiguille, ou plutôt à tire-d’aile, le show de Wooly raconte les problèmes des enfants en domesticité en Haiti et la violence exercée contre la femme qui représente, selon l’artiste, le cœur de l’humanité. Une prestation à la fois vibrante et terriblement expressive qui, apportant un côté réel et poétique, résume la transformation d’un artiste qui a produit deux albums déjà bien remarquables. Le premier opus, «Quand la parole se fait chanson», est un étalage de titres à fleur de peau, pleins de souffle, brûlants, licencieux, bourrés d’appâts, sous tension permanente du troubadour, rythmés par des cessez-le feu déroutants d’une guitare incisive et lascive et des envolées poétiques majestueuses. «Etan’n sinik», le second album, va superbement dans le sens du jazz somptueusement orchestré avec du blues et des rythmes traditionnels haïtiens. Wooly a, au cours de la dizaine de titres brûlants exécutés, partagé la scène avec certains invités de marque, tels Henri Laurent, Fumie Toki, une talentueuse saxophoniste japonaise, et l’exclusivité qui s’offre à savoir la présence du percussionniste «planète» Claude Saturne. Ce dernier, par son côté littéralement dynamique, a mis beaucoup de styles de musique à l’honneur, du jazz au vodou, en passant par le nago et le petro, le yanvalou et le «rara». Un musicien brillant dont on apprécie le travail. Une façon de faire simple sans perdre de vue un certain goût efficace et tiré vers le haut. La présence de ces musiciens accompagnateurs a permis d’intégrer des passages instrumentaux. Une question de dosage pour mieux digérer les textes débordant d’images fortes.

Un moment fort de la soirée. Soliste d’abord sur la chanson « Ibo », Wooly a invité Mamba à le rejoindre sur scène. Elle a pris son impulsion. Wooly, en grand cavalier, la lance à fond dans sa première interprétation d’une chanson traditionnelle haïtienne. Elle a tenu le pari. Sa corde vocale est montée avec une élégance au-dessus du lot. Tout en finesse et stabilité, elle a harmonieusement déposé sa voix exotique sur le titre bien tripant. Un duo qui marche mieux que bien. Ce n’est pas un jeu, mais de l’art. La salle retient son souffle. Parcours sans faute. Un tonnerre d’applaudissements et une sono tonitruante saluent l’exploit. La foule contemple les artistes. Une dernière boucle. La suite sur …

 

 
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