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Grève: Le secrétaire exécutif du SYNAES s’explique

Par Pacôme Pabandji - 31/07/2012

Son syndicat entend se lancer dans une grève illimitée si le gouvernement ne trouve pas de solution adéquate à la situation

 

M. Bertrand Kenguetona, secrétaire exécutif du Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SYNAES), est professeur à la faculté des sciences politiques et juridiques. Il explique les raisons de cette grève illimitée dont la continuité a été lancée le vendredi 20 juillet 2012 par les enseignants de l’université de Bangui. Il affirme que son bureau est prêt à rompre ou à relancer le mouvement mais tout dépend de la décision du gouvernement dans une réunion qui devait se tenir le 30 juillet 2012, mais dont les décisions ne sont pas encore connues. Le syndicat en grève revendique du gouvernement centrafricain l’application du décret 06.156 du 6 mai 2006 fixant les dispositions particulières applicables aux enseignants du supérieur.

 


© journaldebangui.com
M. Bertrand Kenguetona, secrétaire exécutif du Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SYNAES)
M. Kenguetona nous avons constaté que depuis quelques semaines le campus universitaire est désert parce qu’il n’y pas d’activités. Comment expliquez-vous cela?
C’est suite à la grève des enseignants de l’Université. Souvenez-vous qu’au mois de septembre 2011, les enseignants étaient entrés en grève pour revendiquer l’application intégrale du décret signé par le président de la République fixant les dispositions particulières applicables aux enseignants du supérieur. Six mois après, les enseignants ont réclamé l’application intégrale de ce décret là parce qu’il n’y avait pas la partie consacrée à la grille. Donc, suite à une grève sur le campus universitaire qui a duré plus de deux mois, le gouvernement a signé un accord avec le syndicat. Selon les termes de ce communiqué conjoint, il était convenu du paiement des indemnités de recherches aux enseignants du supérieur à compter du mois d’avril 2012 et, également de l’application de la nouvelle grille pour le mois de juillet. Malheureusement, les termes de l’accord n’ont pas été respectés par le gouvernement. Les enseignants, lors d’une AG, ont rappelé le gouvernement sur ces obligations mais, le gouvernement n’a pas répondu dans les délais prévus, si bien que, les enseignants ont décidé à l’unanimité de reprendre la grève illimitée qui était juste suspendue aussi d’une manière illimitée.

Avec cette reprise de la grève, quel était le point de vue du gouvernement?
Les enseignants ont posé deux points sur la table du gouvernement à savoir l’apurement des frais de vacation de l’année 2009-2010 ainsi que la signature du décret fixant la grille applicable aux enseignants du supérieur. Jusqu’à ce jour, le gouvernement a versé la totalité des reliquats des frais de vacation des heures supplémentaires. Ce que nous revendiquons maintenant, c’est l’application du décret fixant la nouvelle grille. Pour cela, nous sommes conviés à une réunion avec le gouvernement pour voir ce qu’il y a lieu de faire et une assemblée générale est projetée par le syndicat pour mardi 31 juillet à 9 heures afin d’analyser et de porter des jugements sur la rencontre avec le gouvernement sur la grève.

Pour cette rencontre avec le gouvernement, quelle stratégie avez-vous mis en place?
Nous les enseignants nous voulons juste la signature du décret. S’il est signé, dès ce jour lors de l’assemblée générale on décidera de la reprise; dans le cas contraire, nous maintiendrons notre position.

Vous êtes en grève alors que le droit des étudiants à l’éducation est menacé…
C’est un droit constitutionnellement garantie évidemment. Mais vous savez d’autre part que, nous les enseignants devons être dans les conditions nécessaires afin de transmettre le savoir à nos étudiants. Vous êtes sans ignorer que la grève est aussi un droit qui est constitutionnellement reconnu. Je pense donc que ce sont deux droits qui sont sur un même pied d’égalité. Il appartient au gouvernement de trouver des solutions aux revendications des enseignants du supérieur et je pense que nous reviendrons tous au travail pour continuer à assumer nos responsabilités.

Pendant cette période, quelles sont vos relations avec le bureau des étudiants centrafricains?
Vous savez qu’eux savent que ce que nous revendiquons est légitime. D’ailleurs, la situation est connue de tout le monde. Ils ont compris que nous avons trop patienté. Je dirai donc qu’ils n’ont qu’à patienter et le jour où une solution nous sera trouvée, nous reprendrons les cours.

Quel appel lancerez-vous?
Je demanderai au gouvernement de nous aider véritablement à reprendre les activités sur le campus. Nous sommes bien motivés mais le dernier mot revient au gouvernement. Nous restons ouverts aux dialogues et nous espérons que notre rencontre avec le gouvernement portera un fruit.

 

 
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