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Mésentente: Le flou persiste entre le président de la transition et le président déchu de Madagascar

Par Georges Lietbouo - 30/07/2012

Une ultime rencontre est encore programmée avec l’espoir de voir enfin bouger les choses

 

Les deux principaux protagonistes de la crise malgache, l'ex-président Marc Ravalomanana et l'actuel président de la Transition Andry Rajoelina, vont devoir se revoir dans les jours qui viennent, faute d'avoir pu aplanir leurs différends lors d'une réunion aux Seychelles, les 26 et 27 juillet dernier. Dans une déclaration sommaire faite à la presse à l’issue des négociations, l’homme fort de la grande île qui a renversé M. Ravalomanana en 2009, lors d'une révolte populaire, a précisé «qu'il n'avait pas pris de décisions qui auraient risqué de déstabiliser encore le pays». Avant de poursuivre «deux réunions avaient été organisées à l'abri des regards à Desroches, (petite île isolée de l'archipel des Seychelles ndrl): la première dans la nuit de mardi à mercredi et la seconde mercredi en présence des présidents sud-africain Jacob Zuma et seychellois James Michel. A l'issue des deux réunions, les deux présidents ont décidé de programmer une autre réunion» Conclut-il.

 


© lemauricien.com
L'ex-président Ravalomanana condamne l'expulsion de sa femme, Rajoelina menace
En janvier 2009, Andry Rajoelina s'était autoproclamé dirigeant de Madagascar au cours d'une manifestation populaire très courue. Comme première décision il avait ordonné la fermeture de tous les ministères et l'interdiction de faire sortir de l'argent des banques centrales. Par la suite, il avait demandé la déchéance du président, selon l'article 126 de la constitution malgache. Depuis le début de la crise, plusieurs tentatives de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de l’Union Africaine n’ont pu produire de véritables résultats. Ceci étant favorisé par l’intransigeance du président de la transition Andry Rajoelina et de Marc Ravalomanana, président déchu et aujourd’hui refugié en Afrique du Sud.

Il y a quelques jours encore, la femme du président déchu et sa bru on été expulsée lors d’un récent et bref séjour dans la capitale malgache. Elles ont été empêchées de sortir de l’aéroport d’Ivato et ont du reprendre le vol suivant (qui allait à Bangkok en Taillade). Elles sont revenues à Johannesburg. Si cet acte indigne les uns et les autres, le président Rajoelina explique que «Marc Ravalomanana a encore torpillé le processus de sortie de crise en se servant, cette fois- ci, de sa propre épouse elle-même, Mme Lalao Ravalomanana. En effet, d'une manière indiscutablement unilatérale, il a fait retourner son épouse à Madagascar alors qu'un tel retour n'a même pas été évoqué durant l'entretien qu'il a récemment eu aux Seychelles avec le président de la Transition]». Et d’ajouter que cette action est «un acte de provocation qui prouve inéluctablement que son commanditaire, en l’occurrence Marc Ravalomanana, ne pense guère à rétablir la sérénité à Madagascar». Que comprendre finalement de la recherche de la paix entre les deux parties. Le vice-Premier ministre chargé de l'Industrie et de l' Economie de la transition malgache qui est également le porte- parole de la mouvance Ravalomanana au sein du gouvernement de consensus, Pierrot Botozaza, a jugé que la décision prise par la présidence ne pouvait pas restaurer le climat d'apaisement à Madagascar et il a demandé au camp adverse de laisser Lalao Ravalomanana de rentrer librement dans son pays parce que c'est son droit le plus strict. Face à cette impasse, la pauvreté et l’insécurité gagnent du terrain.

Pauvré et insécurité au quotidien
Madagascar vit dans la peur. La mutinerie récente du camp militaire d’Ivato, près de l’aéroport d’Antananarivo, a marqué les esprits. Une situation qui montre l’instabilité qui règne dans la grande île. L’économie du pays s’est effondrée. Plusieurs programmes d’aides des bailleurs de fonds, notamment le Fonds monétaire international et la banque mondiale, ont été supprimés. Ces sanctions à l’égard du pays ont ébranlées l’économie, entrainant une paupérisation de la population. En mars 2010, l’ONU a estimé que près de 70% des Malgaches vivaient en dessous du seuil de pauvreté. D’autre part, Meurtres, vols, agressions, sont le lot des populations depuis trois ans. Le couple français assassiné en avril reste dans les mémoires. Les autorités malgaches ont annoncé la mise en place d’un plan national de lutte contre l’insécurité. Ce programme suffira-t-il à rétablir la sécurité? Afin de venir à bout à cette situation, les deux camps ont promis de se retrouver dans les prochains jours, bien avant le sommet de la SADC le 18 août prochain qui penchera aussi sur cette nébuleuse.

 

 
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