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Développement en Afrique: La Chine promet d’aller plus loin

Par Idriss Linge - 24/07/2012

La deuxième économie du monde s’est engagée à augmenter de 50% son appui au continent noir, à l’issue de la récente rencontre avec ses dirigeants

 

La nouvelle stratégie africaine de la Chine connue…
La 5ème Conférence ministérielle du forum sur la coopération sino-africaine a clôturé ses portes, le 20 juillet 2012 dernier à Pékin. Après deux jours de débats, une déclaration commune a été publiée par la Chine, et ses partenaires africains. Lors de son allocution de clôture, le président chinois Hu Jintao a annoncé le doublement de ses crédits au continent africain, pour un total de 10 000 milliards de FCFA, afin de soutenir les infrastructures, l’agriculture, l’industrie manufacturière et le développement des PME. Cette somme représentait environ 6500 milliards de FCFA, il y a trois ans. De nombreux dirigeants africains ont salué l’augmentation des échanges entre les deux continents, dans le cadre d’un contrat «gagnant-gagnant». Pour plusieurs d’entre eux, la Chine a permis le développement des pays africains, en accordant des prêts concessionnaires et des dons pour des projets dans la construction, les infrastructures, l’agriculture, l’éducation et la santé. Pékin disent-ils, est parvenu à répondre aux besoins croissants de matières premières, notamment de pétrole et minerai. «la coopération dans le domaine des infrastructures avait non seulement aidé à exporter des marchandises africaines vers la Chine, mais avait aussi permis de transférer des technologies chinoises vers l’Afrique, tout en créant davantage d’emplois sur le continent», a fait savoir Robinson Githae, le ministre kenyan des Finances. Beaucoup d’autres ministres et chefs d’Etats africains ont eu le même discours. Un discours renchéri par les Nations unies (ONU) au niveau international. Le secrétaire général Ban Ki-moon a indiqué que «la famille des Nations Unies s’est fermement engagée à soutenir la coopération Chine-Afrique. Le système des Nations Unies intensifie actuellement sa collaboration avec la Chine en matière de Coopération Sud-Sud, de manière que cela profite aux pays africains».

 


© investiraucameroun.com
Les présidents africains autour de Hu Chin Tao de la Chine
Mais, la stratégie chinoise de l’Afrique demeure un mystère
Si au niveau des dirigeants, on se refuse à commenter les critiques de ce partenaire stratégique au développement, au sein de la population africaine, on ne manque pas de relever de plus en plus des limites de la présence chinoise. Accaparement des terres, non-respect des droits du travail, produits de mauvaise qualité etc. A un niveau plus élevé, les responsables politiques du monde occidental y voient à l’instar de la diplomatie américaine, une nouvelle colonisation de l’Afrique. Mais au-delà de ce débat, se pose la question de la stratégie chinoise de l’Afrique. Une question à laquelle la réponse est aucune! Tout d’abord, les dirigeants africains dans ce changement de partenaire, vont en rang dispersé, chacun essayant d’avoir sa part du gâteau, face à la Chine qui sait exactement ce qu’elle réserve pour chacun des pays, en fonction des intérêts qu’elle y possède. La place de l’union africaine reste assez figurative. D’un autre côté, la forte demande de la Chine en matières premières aurait pu être une bonne occasion pour les pays africains de mieux négocier un positionnement mondial, estiment les experts. Mais il n’en est rien. Certes certains pays connaissent une croissance fulgurante grâce à la monté des cours du pétrole et des autres minerais. Mais pour les pays qui n’en ont pas c’est une catastrophe qui contamine rapidement aux autres, sous la forme de réfugiés fuyant des instabilités sociales, dus en réalité à l’extrême pauvreté des populations. Enfin, il demeure vrai que parce qu’on veut satisfaire à la demande de matières premières, de nombreux pays se retrouvent à détruire les écosystèmes ou à négliger des politiques de renforcement de la production locale au nom de l’accroissement des recettes extérieures sources de richesses. Du coup, de nombreux pays connaissent une augmentation de leurs capacités à intervenir, mais négligent les domaines du développement inclusif, facteur de stabilité sociale. Face à ce type de préoccupation, le grand partenaire chinois reste muet et au contraire de l’Europe, il n’existe pas de société civile chinoise qui exige de ses dirigeants, plus de responsabilisation dans ses rapports avec ses «amis» africains, défavorisés par le manque d’une volonté ou d’une capacité d’analyse et d’anticipation de ses responsables.

 

 
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