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Procès: La longue attente des victimes en Centrafrique

Par John Noubarassem, rnw.nl - 20/07/2012

L’annonce de l’arrivée du Fonds au profit des victimes à Bangui, avait aussitôt suscité un espoir au sein des communautés locales

 

Alors que deux journées d’audience ont été consacrées fin juin à trois victimes non participantes au procès de Jean-Pierre Bemba à la Cour pénale internationale (CPI), trois ans après la confirmation des charges portées contre l’ancien chef milicien congolais, l’action du Fonds au profit des victimes peine à concrétiser son action en République Centrafricaine (RCA). Doté dans ce pays d’un mandat non judiciaire en faveur des victimes de violences sexuelles et sexistes, le Fonds n’a lancé qu’en mai 2011 un "manifeste à intérêt général", auprès des ONG locales et internationales. Quatre mois plus tard, des organisations avaient soumis des projets, dont certains ont été retenus.

 


© RJDH-RCA
Fabienne Chassagneux, coordonnatrice et chargée de communication de la CPI à Bangui
Victimes non identifiées
Aucune liste n’a été rendue publique. Et un an après le lancement de ce programme, les victimes interrogées ne semblent pas en avoir eu connaissance. Selon des sources proches de la CPI, les victimes devant bénéficier du Fonds n’auraient toujours pas été identifiées. Et au bureau extérieur de la CPI dans la capitale, Bangui, aucun service n’est disponible pour renseigner les victimes. L’une d’elle, âgée d’environ 36 ans, nous indique, sous couvert de l’anonymat : "La CPI devait me donner de l’argent pour permettre de me soigner puisque je suis malade et atteinte du sida après que sept hommes ont couché avec moi; mais je ne comprends plus rien jusqu’à présent... " Elle s’exprime en sango, la langue nationale. Il reste difficile pour les victimes de faire la différence entre le mandat non judiciaire du Fonds au profit des victimes en République Centrafricaine et l’action judiciaire de la CPI. D’autant plus que le seul procès en cours concernant la RCA, mené contre l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, pourrait également donner lieu à indemnisation. L’annonce de l’arrivée du Fonds au profit des victimes à Bangui, avait aussitôt suscité un espoir au sein des communautés locales. Des milliers de personnes affectées par la guerre y attendent des aides, notamment, des agences du système des Nations unies présentes dans le pays et des ONG humanitaires qui assistent les populations dans les zones post-conflit dans le Nord et le Nord-est de la RCA.

La lenteur, une qualité?
Dans ces zones, les centres de santé, les hôpitaux ont été détruits par la guerre. Les écoles sont quasi-inexistantes. Edith Douzima, représentante légale des victimes à la CPI, estime que "la lenteur de la justice est sa qualité. [Mais] ce Fonds au profit des victimes, n’a rien à voir avec le procès. Chez nous, c’est l’année dernière seulement que ceux qui s’occupent de ce fonds sont venus en RCA. Pour essayer de voir comment faire pour aider les victimes. Tant celles admises à participer au procès que celles qui ne participent pas." Un autre avocat, Bruno Hyacinthe Gbiegba, président de l’Action chrétienne pour l’Abolition de la torture et de la peine de mort (ACAT-RCA), s’étonne "du fait qu’il n’y a pas assez d’information qui circule en ce qui concerne le Fonds au profit des victimes en RCA. Je crois qu’il y avait une procédure de sélection. On devrait nous donner cette information. Deuxièmement, est-ce-que les ONG sélectionnées sont en mesure de satisfaire réellement les besoins des victimes ? Parce qu’il ne faudrait pas faire les choses par cooptation. Si c’est le cas, on ne va pas l’accepter. "

Selon Fabienne Chassagneux, coordonnatrice et chargée de communication de la CPI à Bangui, "la procédure est en cours et seuls les experts du Fonds peuvent être en mesure de donner les informations précises sur le niveau d’avancement du programme. " Dans le même temps, l’heure était à la célébration des festivités liées au 10e anniversaire de la création de la CPI, à son bureau extérieur de Bangui. Tout porte cependant à croire que l’attente des bénéficiaires des projets du Fonds au profit des victimes n’est pas terminée en RCA.

 

 
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1 COMMENTAIRES

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Rubbish

Par G6

08/12/2013 21:02

I was in Bangui working for an INGO at the time as national staff..We were in Hell !!...Fabienne was not only biased but in meetings was extremely arrogant ! Her manipulation as head of communication led to many innocent people being dragged into court and their name ruined on behalf of her personal quest for aggrandisement. She was the most horrible person I and my husband met duringthis era...We wanted to testify and she dismissed us out of hand very rude..We went to the ICC office evry day for 2 months to testify for rape of our daughter 13 yrs..she said that this was not a war crime and we shall leave and not bother any more her...many times we try to see her to push our case..all the times she was not interested..only looking to make herself big to her boss...terrible lady..My husband and my family are now in Canada..no thanks to this terrible and arrogant woman.

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