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Le Prix Unesco-Guinée équatoriale pour la recherche en sciences de la vie divise!

Par Alain Georges Lietbouo - 19/07/2012

Cette récompense est dénoncée par plusieurs Ong qui pointent du doigt les finances obscures du régime de Teodoro Obiang Nguema

 

L’Unesco a remis, pour la première fois mardi 17 juillet, le controversé prix «Unesco-Guinée Equatoriale pour la recherche en sciences de la vie». Cette récompense, financée par la Guinée équatoriale, à hauteur de trois millions d’euros, a été attribuée à trois scientifiques: un égyptien, un sud-africain et une mexicaine. La distinction a fait l’objet d’intenses tractations depuis 2007. Censée récompenser «les recherches scientifiques contribuant à améliorer la qualité de la vie des êtres humains», elle pourrit la vie de l’institution basée à Paris depuis quatre ans. La directrice générale de l’Unesco, la Bulgare Irina Bokova, a tout tenté pour remettre au placard ce prix hérité de son prédécesseur, le Japonais Kōichirō Matsuura. Devant les protestations croissantes, elle décide de le suspendre en octobre 2010. Un prix également dénoncé par plusieurs ONG françaises et étrangères qui pointent du doigt les finances obscures du régime du président Teodoro Obiang Nguema.

 


© Dou Matar Gueye/Unesco
Le prix Unesco-Guinée équatoriale, au centre d'une polémique depuis 2007, a été remis ce 17 juillet 2012 à 3 scientifiques
L’affaire suscite l’embarras à l’Unesco. C’est en toute discrétion que le prix a été remis. Sur son site Internet, aucune trace des lauréats et de leurs curriculum vitae. Et pour cause, depuis cinq ans, ce prix défraye la chronique. D’abord baptisé «Prix Unesco-Obiang pour la recherche en sciences de la vie», il suscite la colère de nombreuses Ong, dénonçant une opération promotionnelle pilotée par Teodoro Obiang Nguema, président de la Guinée équatoriale. L’homme, au pouvoir depuis son coup d'état de 1979, est visé, avec son fils, par de nombreuses enquêtes sur les biens mal acquis. Vilipendé par l’Ong Human Rights Watch pour son «bilan épouvantable en matière de droits humains», Obiang est aussi accusé d’avoir dilapidé la manne pétrolière. Malgré un PIB par habitant supérieur à celui de la France ou du Royaume-Uni, l’espérance de vie n’y est que de 50 ans, et 76% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Pour l’avocat équato-guinéen Tutu Alicante, «voter en faveur d’un prix international [...] parrainé par un gouvernement qui n’investit pas assez sur son propre territoire dans des services de santé élémentaire relève de la plaisanterie de mauvais goût». Du côté de l’institution onusienne, on reconnaît que la source de financement «n’est pas claire». «Lors du vote du conseil exécutif, notre conseil légal et juridique a soulevé ce problème, mais le conseil n’en a pas tenu compte», révèle le nouvel observateur. William Bourdon, qui souhaite que le parquet de Paris élargisse au dossier de l’Unesco sa saisine sur les biens mal acquis, n’a pour l’instant pas obtenu gain de cause.

 

 
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