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Centrafrique: Pour ou contre la drogue?

Par Fleury Koursany - 27/06/2012

La journée internationale de la lutte contre la drogue est célébrée ce 26 juin 2012 sous la thématique «jeunesse, abus de drogue et criminalité»

 

En République Centrafricaine comme dans tous les autres Etats du monde, difficile de dire que la drogue, c’est seulement l’affaire des autres. Sous toutes ses formes, on trouve aussi des consommateurs en République Centrafricaine. Plus connu sous le nom du chanvre indien, le «dia ou le mbangué», appellation bien contrôlée du milieu des consommateurs, cette drogue constitue selon certains, un «moyen d’évasion», des problèmes quotidiens du pays. Ils sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à cette «feuille magique» comme ils le disent, car elle leur apporterait de «l’inspiration, de la force et même des solutions à leurs problèmes». En Centrafrique, existe malgré tout, un Office chargé de la lutte y relatif – OCLAD (Office Centrafricain de Lutte Anti Drogue) qui essaie de lutter contre la consommation abusive de la drogue mais, aux ressources humaines et logistiques aussi bien limités. Seule la Capitale est couverte et encore, faut-il apprécier la pertinence de ses actions. La question posée à un certain nombre de centrafricains, consommateurs ou pas de la drogue est la suivante: «Pour ou contre la drogue?». Les réponses sont sans appel.

 


© cannactus.blogspot.fr
Le boulettes de Cannabis
«Je ne vois pas pourquoi on prétend lutter contre la consommation de la drogue en Centrafrique. Le pays n’a pas les moyens d’une véritable lutte d’autant plus que ceux qui sont chargés de cette lutte justement sont aussi les consommateurs invétérés. On se connaît tous mais, comme il leur est demandé de lutter contre ça, ils le font pour faire plaisir au gouvernement et je dirais aux partenaires. Mais en réalité, ce n’est que de la poudre aux yeux car c’est généralement eux qui nous revendent la nuit tombée, tout ce qui a été saisi le jour. A quoi sert véritablement cette lutte?», s’interroge pour sa part, un vendeur consommateur du quartier Yangato à Bangui qui requiert l’anonymat. Quant à Monsieur N, pousseur au KM5 qui habite le quartier Sara, «il est hors de question qu’on nous prive de ce qui nous donne autant de force pour pouvoir supporter les dures épreuves de la vie de tous les jours dans cette capitale de galère. Le «mbangué, je ne m’en séparerais que le jour de ma mort et j’en profite pour vous dire que mon voisin immédiat est un porteur de tenue, des fois, il se réveille la nuit pour venir s’en procurer chez moi et vice-versa. Lui et moi, sommes de très bons voisins».

 


© pharmforblog.info
Indexé comme un drogue!
De réponses qui apparaissent dans une certaine mesure comme une volonté affichée de blâmer les forces de l’ordre chargées de la lutte contre la consommation de drogue mais, à y voir de près, il y a une certaine vérité dans ce qui s’est dit. «Prenons l’exemple du Tramadol connu sous le nom du Tramol, du TH ou encore du vert-jaune en Centrafrique qui permet aussi aux jeunes de se droguer. Son importation a été interdite par les autorités du pays. Mais toujours est-il que ça se vend sur le marché. Ce ne sont que les méthodes de son importation et les modalités de sa vente sur le marché local qui ont changé. Mais le Tramol sert toujours ceux qui veulent bien en consommer et c’est un commerce juteux qui rapporte autant de devises dans le secteur informel qui tacitement bénéficie à l’Etat mais, celui-ci ne peut jamais soutenir que les devises provenant de la vente de ces produits interdits l’aide aussi à satisfaire ses besoins», soutient avec force, un jeune musulman, licencié en droit, comme il le prétend et, gérant d’une petite unité de vente des produits pharmaceutiques sur l’un des marchés de la Capitale. La véritable lutte contre la drogue et ses effets négatifs ne fait que commencer. Le gouvernement centrafricain ferait mieux de mener une campagne de sensibilisation tous azimuts sur les effets nocifs de cette drogue sur la santé des consommateurs qui sont pour la plupart des jeunes désœuvrés à la recherche de leur avenir. Histoire de faire prendre conscience du danger que cela représente pour la santé des consommateurs, et de son impact sur la famille sinon tout le reste ne sera que peine perdue.
 
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