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12 personnes qui sautent collectivement d’un 2e étage pour fuir le diable?

Par V. Kanko/Culturefemme.com - 01/11/2010

Une fillette de 4 mois a perdu la vie, et une autre se trouve toujours hospitalisée dans un état grave

 

Samedi 23 octobre, 13 personnes étaient réunies dans un appartement situé au deuxième étage d’un HLM de La Verrière, commune des Yvelines en banlieue parisienne (78). Parmi elles, des adultes, mais aussi des enfants, dont un bébé de 4 mois. Selon les éléments parus dans la presse à ce jour, il s’agirait d’un couple de Centrafricains, qui aurait accueilli des membres de la famille de la femme. Vers 5 heures du matin, les adultes de l’appartement se sont défénestrés dans un mouvement de panique. 12 personnes qui sautent collectivement d’un 2e étage pour fuir le diable?

Lorsque la nouvelle de la défenestration de 12 personnes d’un immeuble de La Verrière tombe, la première version, donnée par la procureur-adjointe du parquet de Versailles au vu des premiers témoignages receuillis, est celle du "diable" que les autres occupants de l’appartement voulaient fuir. Le père de famille, un homme de 30 ans, se serait levé, nu, en entendant sa fille de 4 mois pleurer. Selon la procureure-adjointe: "C’est parce qu’il était nu et qu’il s’est levé durant la nuit pour se porter au chevet de son enfant en pleurs que les choses se sont produites." L’homme, qui aurait eu l’intention de préparer un biberon, aurait été pris à parti par le reste des adultes quand son épouse aurait hurlé en le voyant: "C’est le diable, c’est le diable." L’homme, toujours nu, aurait été expulsé de l’appartement après avoir reçu des coups de couteau, et les autres occupants auraient alors pris la direction de la fenêtre, pour le fuir en voyant qu’il tentait de regagner l’appartement. Selon une autre version, l’homme n’était pas nu, et c’est sa femme qui lui aurait demandé d’aller faire un biberon à leur fille, alors que le reste de la famille regardait la télévision au salon. C’est sa belle-sœur qui aurait crié "c’est le diable! C’est le diable!", rejointe par le reste de la belle-famille, qui se serait jeté sur l’homme pour lui arracher tous ses vêtements et l’expulser de l’appartement.

 


© Leparisien.fr
Un délire mystico-religieux qui a mal tourné?
Autre version, celle d’un rite mystique qui aurait dégénéré, mais cette version a été écartée par la procureure-adjointe du parquet de Versailles. Selon Odile Faivre, aucune séance de spiritisme n’aurait eu lieu dans l’appartement de La Verrière, et aucune substance hallucinogène n’y a été retrouvée. Sur cette version "mystico-religieuse", plus de détails avec le résumé qu’en fait 20minutes.frr, citant son confrère Le Parisien: "Le père de famille, un Centre-Africain de 30 ans, s’est levé dans la nuit pour préparer un biberon à son enfant. Alors son épouse a hurlé ’c’est le diable, c’est le diable’ et les douze personnes - les frères, sœurs et enfants de l’épouse - qui regardaient la télévision, se lèvent pour arracher les vêtements du père de famille et le pousser hors de l’appartement. Voulant se défendre, il est poignardé à la main par sa belle-sœur. Les mains en sang, il se rend alors chez son voisin du 1er étage pour demander des vêtements et remonte quelques minutes plus tard pour tenter de rentrer dans l’appartement. ’C’est à ce moment précisément que les autres occupants ont pris la fuite en sautant par la fenêtre, ayant une peur panique du diable’, a poursuivi Odile Faivre. Ils sautent aux cris de ’Jésus, Jésus, Jésus. D’après le voisin, interrogé par Le Parisien, le père aurait crié à sa femme, à travers la porte: «Ne les suis pas, ils sont en train de te tromper. Au nom de Jésus, ne les suis pas!»

Toujours selon Le Parisien, qui a interrogé la mère de la femme, une de ses filles, "âgée de 24 ans et maman de deux enfants, avait récemment trouvé refuge [chez sa mère dans le Val d’Oise] après des difficultés dans son couple." Il s’agirait de la belle-sœur qui aurait blessé le père de famille à la main lors de la panique de samedi. Selon sa mère, qui a confié au Parisien que sa fille avait en outre "décidé de retirer ses enfants de l’école il y a quelques semaines, puis de se faire baptiser", la jeune femme était depuis peu membre d’une nouvelle église. D’après la grand-mère du bébé décédée, "Le pasteur de cette église lui a dit qu’elle avait quelque chose en elle, et qu’il allait le faire sortir pour que tout s’arrange dans son couple.

 


© Leparisien.fr
Le couple vivait au deuxième étage de l'immeuble derrière
La grand-mère évoque aussi des propos incohérents que lui auraient tenus, vendredi, sa fille, qui se prenait pour Jésus: "Elle m’a dit: Je t’arrête au nom de Jésus de Nazareth. Je vais te purifier comme je l’ai fait pour mon père et mes frères et sœurs." Enfin, selon Sylvain Demangho, président du Collectif des Centrafricains de France, lui aussi cité par Le Parisien, et parlant de certains de ses compatriotes: "Des cellules de prières se réunissent dans des appartements. Ces gens, qui fonctionnent de façon assez secrète, mélangent le christianisme et les pratiques magico-religieuses africaines. Ils croient en Dieu et la figure du diable est très importante. Ils font des rituels et peuvent invoquer les esprits maléfiques, ceux des ancêtres, en lien parfois avec le vaudou. C’est du syncrétisme religieux."

Un mouvement de panique dû à une bagarre familiale?
A côté de ces versions, dimanche, alors que 7 personnes étaient toujours hospitalisées et deux adultes en garde à vue, l’AFP se faisait l’écho d’une autre tentative d’explication. Citant une source policière, l’Agence France Presse écrit: "Une querelle s’est subitement produite dans l’appartement où une personne tenait des propos incohérents." D’après ce policier: "Ils [Les personnes présentes dans l’appartement] auraient tenté de descendre par la fenêtre du second étage en s’accrochant le long de la paroi, plutôt que de se jeter dans le vide." Une énième version, toute aussi contradictoire et confuse que celles déjà citées, table sur un "agresseur", qui aurait été le propre père de la fillette décédée. Cette version a été donnée par le beau-frère qui pendant plusieurs heures, s’est caché avec la fillette de 2 ans et demi actuellement dans un état critique à l’hôpital Necker (Paris). Cet, homme, qui a sauté du 2e étage avec l’enfant dans les bras, aurait été retrouvé en bas de l’immeuble, caché dans les buissons, et répétant: "Je devais me défendre, je devais me défendre!". Il aurait expliqué aux secours que c’est le père de famille (l’homme de 30 ans) qui aurait menacé toute la famille, et que cette dernière, en voulant se défendre, s’est servi d’armes blanches contre son agresseur, et en désespoir de cause, a sauté par la fenêtre pour le fuir.
 
MOTS CLES :  Défenestration   Verrières   France   Centrafricains 

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