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Bangui–Yaoundé: Parcours hors du commun!

Par Mag. Eynem - 15/05/2012

Voyage avec un groupe de cinquante jeunes et adultes centrafricains, dans le cadre de la visite de l’une des reliques de Don Bosco en zone CEMAC

 

Ce samedi 03 mars 2012, après la messe d’envoi en pèlerinage, nous embarquons à 22H05 à bord de l’unique bus de 65 places de «Be Africa Challenge», une compagnie de voyage naissante en la République Centrafricaine. A peine 500 mètres de Damala, à une barrière de circonstance, la gendarmerie inaugure les contrôles. Le chef de l’expédition, P. Evita Role se présente et demande nos documents. Le gendarme nous fait descendre tout le monde du bus. On traverse la petite barrière à pieds et nous remontons dans la navette. Nous prenons le Boali, une ville touristique située à une centaine de kilomètres des chutes d’eaux qui alimentent en électricité Bangui, la capitale du pays. Le bus vibre au rythme des chants et des joies. Sur les visages des adolescents, jeunes et adultes transparent l’enthousiasme du voyage et l’envie de découvrir le pays et le Cameroun. Au fur et à mesure que le bus s’éloigne dans la nuit, le calme s’installe et les chants s’atténuent. Les têtes penchées sur les sièges, les moins résistants sont peu à peu attrapés par la lourdeur du sommeil. Nous arrivons à Boali à 00H16 et sans arrêt, nous continuons notre route. Chaque périphérique ou l’intérieur d’une agglomération, les barrières nous stoppent. Les contrôles de routine certainement. Le chef de bord et l’assistant du conducteur descendent à chaque fois pour présenter les documents (ordre de mission, laissez-passer) des occupants du véhicule. Quelquefois, pour passer, il faut glisser quelque chose…

 


© Integration
La une du numéro en kiosque
Traversant Bossemtélé et Yaloké à 299 km de Bangui, nous arrêtons à Baoro à 7 heures du matin. C’est déjà le levé du jour. En face, il y a une église et c’est dimanche! On entend monter les louanges ! Les passagers descendent, chacun prend la direction de ses «besoins» : se soulager, se rafraîchir, se refaire les forces. Les petits vendeurs et vendeuses accourent à notre rencontre. Ils nous proposent du thé, des bananes, des cacahuètes et chacun trouve son goût. Je prends un verre de thé. Les causeries vont bon train. Après quarante minutes de pause, le chauffeur est prêt à reprendre le voyage. Prochaine destination Bouar, 453 Km de la capitale centrafricaine. Nous arrivons dans cette ville à 9H30. Ici le parcours est parsemé des déviations dus aux travaux de bitumage ; cependant, la route circule. En 2h30 minutes, après avoir parcouru 158 Km, en passant par Baboua nous arrivons à Beloko, l’avant dernier poste de contrôle, côté RCA. Nous nous arrêtons pour les formalités de sortie. Au poste de l’émigration, on nous exige 50 000 Fcfa, soit 1000 Fcfa par personne. Après de petites négociations, on débourse 20 000 Fcfa. Nous voilà à la frontière. Les travaux du bitumage battent le plein. Le sol trépide au passage des bulldozers. Les femmes vendent, les gens vont et viennent, les taxi-motos roulent à tombeau ouvert, les débits de boissons cadencent. Un monde en ébullition.

 


© mageyespace.blogspot.fr
Poste de contrôle sur le chemin
Au Cameroun
Arrivés à la frontière du Cameroun, nous nous arrêtons. Notre bus ne pouvant pas traverser, nous descendons. La caravane profite pour refaire ses forces. Entre temps, le chef de file, moi et les deux autres nous rendons au poste de police et l’émigration pour les formalités. Étant tous des étrangers, sauf un parmi nous, l’agent en place demande 2 000 Frs par personne (soit 100 000 Frs). Nous commençons les négociations. Refus catégorique. Puis, on fini par tomber d’accord sur un montant de 60 000 Fcfa. Nous sortons et entrons dans un autre bureau. Enfin, nous avons fini. Les pèlerins sont descendus du bus avec leurs bagages. Ils traversent la frontière à pieds pour embarquer dans un autre bus. Arrivés à 12H05, après moult négociations, nous quittons les frontières vers 17H45. A une dizaine de kilomètres, à un poste de contrôle de gendarmerie, on nous stoppe. Après avoir procédé au contrôle, l’agent confisque les documents (l’ordre de mission et la liste des passagers). Il intime l’ordre de retourner à Garoua-Boulaï voir le sous-préfet, avant de venir traverser. Il ne veut rien savoir. Nous passons 45 minutes à discuter, en vain. Après concertation, nous décidons de retourner à Garoua-Boulaï. Le chauffeur fait demi-tour, direction Garoua-Boulaï. A ce moment-là, l’agent nous interpelle et commence à négocier. Exacerbé par ces tracasseries, je quitte les lieux. Certainement que le chef de la délégation lui aurait dû glisser quelques billets de banque.

 


© mageyespace.blogspot.fr
Pause au bord de la route
Nous ne sommes pas au bout de notre peine, une dizaine de kilomètres parcourus, et hop un poste de contrôle. Nous nous arrêtons, contrôle de routine. Cette fois-ci, l’agent de contrôle, se souvenant de l’incident produit, il y a quelques semaines à la frontière de deux pays, où, les centrafricains auraient brûlé le drapeau camerounais, l’agent ne nous rate. Il nous sermonne et fait de remontrances pendant une dizaine de minutes. Puis revenant à lui, il nous souhaite un bon voyage en descendant du bus. Nous engageons pour Yaoundé via Bertoua. A chaque barrière ou poste (de police ou gendarmerie), le même cirque : des négociations et des glissements de billets de banque. Le manège dure jusqu’à Yaoundé. Nous entrons dans la capitale camerounaise le lundi à 4 heures du matin. La plupart des passagers sont endormis. Exténués, les voyageurs éveillés poussent un soupir de soulagement, oubliant que quelques jours après, le périple du retour commencera avec le même cortège de tracasseries.
 
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