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Le chômage, un fléau méconnu en Centrafrique

Par Jean Arthur Koyangbo, KTtd N°17 - 10/05/2012

Face cachée du travail, à qui le monde entier consacre la journée du 1er mai, il prive chaque jour un peu plus de Centrafricains de leur droit à l’emploi

 

La vie de chômeur n’est pas de tout repos, explique Jules Yangada, président des vacataires de l’Enseignement supérieur, père de famille: «Nous assurons nous-mêmes notre prise en charge. Certains, par les vacations, les contrats dans les domaines de compétence respectifs. Soit par nos femmes qui travaillent dans le public comme dans le privé. D’autres, sont malheureusement pris en charge par leurs parents». Au chômage depuis 10 ans, Euphrasie Isabelle Tingbo, technicienne d’agriculture en instance d’intégration dans la fonction publique, a perdu espoir:«Je faisais le commerce, mais maintenant, je suis à la maison».

 


© Jean Arthur Koyangbo
Les demandeurs d’emploi à l’ACFPE à Bangui
Réaction timide de l’Etat
En l’absence de moyens, l’Agence centrafricaine pour la formation professionnelle et l’emploi (ACFPE) peine à réunir des données actualisées sur les demandeurs d’emploi de l’ensemble du pays. Les derniers chiffres globaux proviennent du recensement général de la population et de l’habitat de 2003. Ils établissent la proportion de chômeurs dans le pays à 7,6% de la population active, avec un sommet à 23% pour la seule ville de Bangui. Face à l’ampleur du phénomène, Joseph Cléophas Azouroute, le président de l’association des chômeurs, qui revendique 5 000 adhérents, a tenté, 2 fois (2005 et 2011) de se présenter à l’élection présidentielle pour mettre le sujet au cœur des débats. Sans grand succès. Les recettes proposées par les pouvoirs publics se limitent à 3 programmes mis en œuvre par l’ACFPE. Selon son directeur des études, de la planification et de l’emploi, Charles Siangué, il s’agit de l’apprentissage des techniques de recherche d’emploi en faveur des jeunes inexpérimentés ou d’aide à l’emploi pour les non diplômés grâce aux Travaux à Haute intensité de main d’œuvre (THIMO) payés 1000 FCFA par jour, qui ont permis d’embaucher plus de 500 jeunes.

Il s’agit également de la promotion des activités génératrices de revenus pour l’insertion des jeunes dans le commerce et, enfin, de la signature de contrats d’insertion professionnelle avec des jeunes auprès de certaines entreprises de la place pour leur permettre d’acquérir de l’expérience. Au cours de leur apprentissage, l’ACFPE leur alloue des frais de stage qui s’élèvent à 40.000 FCFA. Sur 235 jeunes liés par ce contrat, 195 ont été recrutés par ces entreprises».

 


© radiondekeluka
Le 1er mai à Bangui
Du point de vue des syndicats, le chômage paraît être une préoccupation plutôt lointaine. Pour Pierre Lebrun Siovène, secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Centrafrique (USTC), [i «les différentes associations de chômeurs ne sont pas structurées et ne sont affilées à aucune centrale syndicale pour qu’ils parlent du syndicat des chômeurs français. Pourquoi pas en Centrafrique?» Etienne Songoli, de la Confédération syndicale des travailleurs chrétiens (CSTC) déclare pour sa part que le problème du chômage est universel et que «dans toutes les conférences ou rencontres syndicales, on ne parle jamais de cela .Il faut voir avec le patronat».

Ne pas rêver à la fonction publique
Les deux leaders syndicaux demandent au gouvernement d’emmener les jeunes à ne pas rêver seulement de la fonction publique. Pour eux, la solution résiderait dans la création de centres de formation dans divers secteurs afin d’encourager la création de petites et moyennes entreprises capables de réduire le chômage. Un problème à prendre à bras le corps par le gouvernement car le chômage est à la base des maux que connaît le pays. Braquage, vol, rébellion. Quelqu’un qui est occupé n’est pas enclin à de telles pratiques.
 
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