SOCIéTé  |    

Centrafrique: L’affaire Mararv pollue l’atmosphère

Par Fleury Koursany - 03/05/2012

Le suédois Erik Mararv, exploitant de la société Central African Widlife Adventures est en garde à vue à la Section de Recherches et d’Investigation (SRI) depuis un mois déjà

 

Il lui est reproché du moins «officieusement» à ce jour, d’avoir commandité le jeudi 22 mars 2012, le meurtre de 13 personnes sur le chantier de Ngou Nguinza dans la commune de Bakouma. A ses côtés dans les geôles de la SRI à Bangui, 10 autres ouvriers qui travaillaient au sein du site touristique dénommé CAWA.

Des faits
Nous sommes le jeudi 22 mars 2012. Selon de sources concordantes, treize (13) cadavres d’hommes tués à coup de machettes dans le périmètre du site CAWA ont été découverts par des ouvriers qui sillonnaient le chantier. Face à une telle découverte, ils ont automatiquement joint Erik Mararv qui a aussitôt saisi les gendarmes qui se trouvaient à Bakouma de venir faire le constat. Dès l’arrivée des gendarmes, ils ont été accompagnés sur le site par Monsieur Mararv et y ont passé une journée, le temps de faire les enquêtes. Toujours selon ces sources, les informations qui leur ont été rapportées, attestent que les personnes assassinées l’ont été par coup de bâtons et de machettes. Mais, quelques jours seulement après cette découverte macabre, des rumeurs folles accusent Monsieur Mararv, d’être le principal commanditaire du meurtre des 13 artisans. Un camion de la société CAWA sera incendié, les dépôts pillés suite à la colère d’une partie de la population de la localité.

 


© uk.africanadventure.dk
Est-il inculpé ou pas?
Transféré à la SRI à Bangui donc, c’est le statu quo d’autant plus que l’affaire Mararv ne connaît pas d’avancée. Selon une source proche de la SRI ayant requis l’anonymat, il n’y a pas encore d’accusation officielle qui soit portée à l’encontre de Monsieur Mararv mais, malgré les deux enquêtes qui ont été faites sur le dossier, on soutient que c’est ce monsieur qui les aurait commandité. Pour sa part, le père d’un des ouvriers arrêtés dans le cadre de cette affaire confie attendre beaucoup de la justice centrafricaine. i J’attends que la justice centrafricaine fasse son travail en toute indépendance afin que la vérité soit sue, a-t-il déclaré. Car dans cette affaire, selon certains témoignages recueillis, une première enquête et une contre-enquête ont été menées à ce jour par le gouvernement centrafricain sans que les résultats desdites enquêtes ne soient encore rendus publics.

Que dit la loi
L’article 40 du Code pénal centrafricain prévoit que dans les lieux où réside un Magistrat du ministère public, si par nécessité de l’enquête, l’officier de police judiciaire est amené à garder à vue une ou plusieurs personnes soupçonnées d’avoir participé à l’infraction, il ne pourra le faire que pendant 72 heures renouvelables une seule fois. A l’expiration de ce délai, la personne gardée à vue sera en tout état de cause présentée au Procureur de la République ou mise immédiatement en liberté. Toujours dans le même registre, le 1er alinéa de l’article 40 suscité précise que dans tous autres lieux où, en raison de l’éloignement ou des difficultés de communications, il n’est pas possible de conduire immédiatement le prévenu devant le Magistrat compétent, l’Officier de police judiciaire pourra décerner un ordre d’écrou dont la validité sera de 8 jours au maximum renouvelable une fois en cas d’impérieuses nécessités dont il devra être justifié; l’Officier de police judiciaire avisera dans les 48 heures le Magistrat qui pourra soit ordonner la mise en liberté immédiate ou le transfert au siège de sa juridiction, soit décerner un mandat de dépôt dans les conditions prévues par les articles 85 et 86, soit ouvrir une information. Et les articles 85 et 86 du nouveau code pénal centrafricain prévoient le décernement par le juge d’instruction soit d’un mandat de comparution, d’amener, de dépôt, d’arrêt ou de perquisition tout en précisant l’identité de l’inculpé, daté et signé par le Magistrat l’ayant décerné et cela, revêtu de son sceau. Transféré de Bakouma à Bangui et donc placé sous la vigilance du parquet de Bangui, qu’est-ce qui pourrait justifier le silence du Procureur de la République sur les 38 jours de garde à vue du moins officiellement de Monsieur Erik Mararv? Ce dernier est-il à ce jour placé sous mandat de comparution?

 

 
MOTS CLES :

0 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués