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Centrafrique: Au-delà des festivités du 1er mai 2012

Par Fleury Koursany - 02/05/2012

La fête n’a pas été aussi belle comme l’aurait souhaité plus d’un travailleur centrafricain

 

Outre le traditionnel défilé sur l’Avenue des Martyrs en présence de tout le gotha intellectuel centrafricain et étranger, il y a des faits qui mériteraient d’être élucidés pour enfin percevoir le profond malaise qui habite le travailleur centrafricain pour ne pas dire le centrafricain tout court. Ils sont environ 25.000 travailleurs pour le secteur public, une infime partie de la population centrafricaine qui, nonobstant sa situation de précarité, arrive tout de même à prendre en charge, des «bouches» quand on prend en compte le concept de «famille africaine». Vu sous cet angle, le travailleur centrafricain n’est pas des plus nantis au regard de sa situation. Bloquée depuis des années, elle ne lui permet pas de vivre décemment comme devrait lui procurer le travail.

 


© radiondekeluka
Elles étaient néanmoins présents au défilé
Et donc le travail décent, celui qui ouvre la voie à l’épanouissement du travailleur n’existe en Centrafrique que pour une infime catégorie de personnes, celle qui appartiennent à cette génération «bien née» qui bénéficie bien entendu de la décence que procure le travail. Pas besoin de rappeler que depuis 1986 où, il a été décidé du blocage des effets financiers des avancements dans la Fonction publique, l’inflation galopante (elle, n’attend pas). Le fonctionnaire centrafricain, dont la situation financière ne s’est guère améliorée depuis le blocage des effets financiers des avancements, continue de tirer le diable par la queue. Ce 1er mai 2012, sur l’Avenue des Martyrs, les différents slogans brandis par les centrales syndicales centrafricaines témoignent de la précarité de la situation du travailleur centrafricain. I Tout change autour de moi mais mon salaire ne l’est pas], pouvait-on lire sur une des nombreuses banderoles brandies par les travailleurs. Une manière pour ceux-ci de rappeler au gouvernement centrafricain que la situation sociale délétère a atteint son paroxysme avec le cout de la vie qui suit la pente.

Impasse
L’augmentation des prix du carburant à la pompe a eu pour effet immédiat, une augmentation certaine des prix des produits de première nécessité sur le marché centrafricain. Nonobstant la décision du ministère en charge du Commerce et de l’Industrie de bloquer pour une durée de 6 mois le prix de certains produits dits de première nécessité, la situation reste intenable d’autant plus que l’arrêté ministériel y relatif peine à être appliqué. A cet effet, les Centrales syndicales qui avaient mis en demeure le gouvernement en ce qui concerne la reprise des discussions sur les 71 points de revendications inventoriées par le Cadre Permanent de Négociation et de Concertation, attendent de pied ferme que des propositions concrètes leur soient faites par le gouvernement. Mais ce dernier et comme à son habitude n’est guère pressé pour faire bouger les choses étant donné la sécheresse des caisses du Trésor public centrafricain. Dans cet élan, il est à craindre que la prolongation tacite par le gouvernement centrafricain de l’examen minutieux des 71 points de revendications répertoriées par le comité paritaire ne puisse d’ici peu plonger le pays dans une autre crise sociale aux conséquences incalculables pour la paix sociale en Centrafrique.

 

 
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